Gi­bran Kha­lil Gi­bran

La pein­ture et le sym­bo­lisme

Prestige (Lebanon) - - Reportage -

Ecri­vain, poète et peintre, Gi­bran Kha­lil Gi­bran a sur­tout été un grand amou­reux du pays du Cèdre. Alors qu’il a vé­cu à Bos­ton, New York et voya­gé en Eu­rope, il a clai­re­ment ex­pri­mé sa vo­lon­té d’être en­ter­ré dans son village na­tal Bé­char­ré, au couvent Mar Sar­kis. Le mo­nas­tère, acquis par sa soeur, est au­jourd’hui un mu­sée re­grou­pant ses pein­tures et ses ar­chives ain­si que sa tombe. Le vi­si­teur y ac­cède en des­cen­dant des marches taillées dans le roc.

En 1926, alors qu’il vi­vait en­core à New York, Gi­bran a ex­pri­mé sa vo­lon­té d’ache­ter le mo­nas­tère des pères car­mé­lites et l’er­mi­tage, pour faire de ce der­nier le lieu de sa tombe. Le 22 août 1931, la dé­pouille mor­telle de Gi­bran par­vient à Bé­char­ré. Sa soeur Ma­ria­na ra­chète le couvent et l’er­mi­tage où elle fait dé­po­ser le corps du grand dis­pa­ru, réa­li­sant ain­si le rêve de son frère. Le mu­sée Gi­bran Kha­lil Gi­bran est un lieu unique. 440 pein­tures et des­sins ori­gi­naux du peintre Gi­bran y sont ex­po­sés. Au VIIe siècle c’était l’er­mi­tage Mar Sar­kis de Bé­char­ré. Vers la fin du XVIIe siècle, l’er­mi­tage et le vieux bâtiment furent lé­gués par les no­tables de Bé­char­ré, à des moines car­mé­lites vi­vant dans la val­lée de Qa­di­sha ( val­lée sainte). La construc­tion du nou­veau couvent par les car­mé­lites s’achève en 1862. Le couvent Mar Sar­kis et l’er­mi­tage consti­tuent au­jourd’hui le mu­sée et la tombe de Gi­bran. C’est seule­ment en 1975 que le mo­nas­tère fut trans­for­mé en mu­sée où les chefs- d’oeuvre de Gi­bran furent ex­po­sés. Elar­gi par le Co­mi­té na­tio­nal de Gi­bran, des es­ca­liers ont per­mis de re­lier les étages. Vingt ans après, en 1995, le mu­sée fut mo­der­ni­sé et do­té d’un équi­pe­ment de pointe, pour rem­plir ses fonc­tions se­lon des cri­tères in­ter­na­tio­naux. Seize salles s’étalent sur trois étages où les ta­bleaux sont ex­po­sés d’une ma­nière chro­no­lo­gique, dans leur contexte his­to­rique et bio­gra­phique. On y re­trouve des oeuvres pic­tu­rales, du mo­bi­lier, des ma­nus­crits et la bi­blio­thèque pri­vée de Gi­bran. Es­sen­tiel­le­ment consti­tuée de ta­bleaux dé­pei­gnant la na­ture, les formes hu­maines dans leur nu­di­té, de por­traits aux contours bien tra­cés, l’oeuvre pic­tu­rale de Gi­bran dé­voile son ta­lent de peintre et sa quête de l’ab­so­lu. Il nous in­vite à trans­cen­der le ma­té­ria­lisme ram­pant, à nous pu­ri­fier as­pi­rant vers l’in­fi­ni. La pu­re­té de l’homme, son élé­va­tion de la na­ture pu­ri­fiée vers les sphères éthé­rées et la vi­sion de l’ab­so­lu, sont in­car­nées dans ces fi­gures flot­tant dans l’air, li­bé­rées des liens ma­té­riels.

La Mère uni­ver­selle en­lace deux es­prits trans­cen­dants. 1920, aquarelle.

La Na­ture Garde les Formes de ses En­fants, 1915, huile sur toile si­gnée K. Gi­bran.

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