Med­ju­gorje

Beau­té et Spi­ri­tua­li­té

Prestige (Lebanon) - - Voyage -

A la fron­tière croate, au sud de la Bos­nie- Her­zé­go­vine, un pe­tit village nom­mé Med­ju­gorje est de­ve­nu un centre de tou­risme et de pè­le­ri­nage in­ter­na­tio­nal. De­puis le 24 juin 1981, date de l’ap­pa­ri­tion de la Vierge Ma­rie à six en­fants de la paroisse, 20 mil­lions de pè­le­rins se sont ren­dus dans cette lo­ca­li­té. La pros­pé­ri­té ap­por­tée par le tou­risme re­li­gieux a don­né nais­sance à une pa­no­plie d’hô­tels, d’échoppes et de res­tau­rants, tout au­tour du village. Au Li­ban, L’As­so­cia­tion des Amis de Ma­rie Reine de la Paix, fon­dée par Sa­naa Nas­sar et dont tous les res­pon­sables sont bé­né­voles, en col­la­bo­ra­tion avec Té­lé Lu­mière, or­ga­nisent de­puis plus de deux dé­cen­nies des pè­le­ri­nages à Med­ju­gorje, dont un au Nou­vel An, un autre à Pâques, puis entre dé­but mai et dé­but oc­tobre, un pè­le­ri­nage heb­do­ma­daire. Dans ce cadre Pres­tige a ac­com­pa­gné les pè­le­rins dans ce lieu qui mé­rite le dé­tour. Cli­chés des sites les plus sai­sis­sants.

Pe­tit village de­ve­nu grand

Au cours de l’His­toire, Med­ju­gorje a été mar­quée par une per­ma­nente mi­gra­tion de ses po­pu­la­tions. Avant la Pre­mière Guerre mon­diale, les ha­bi­tants par­taient à l’étran­ger à cause de la grande pau­vre­té. Entre les deux guerres, ils al­laient vers l’Amé­rique du Nord et du Sud, à cause de l’hé­gé­mo­nie serbe et des per­sé­cu­tions de la You­go­sla­vie. Après la Se­conde Guerre mon­diale, la dic­ta­ture com­mu­niste a pro­vo­qué une émi­gra­tion mas­sive. D’ori­gine slave, le nom de Med­ju­gorje si­gni­fie la ré­gion com­prise entre deux monts: Kri­ze­vac et Cr­ni­ca, ap­pe­lé éga­le­ment col­line de Pod­br­do. A 200m d’al­ti­tude, Med­ju­gorje est à quelques ki­lo­mètres de la mer Adria­tique. Ce pe­tit village n’avait ni eau cou­rante ni té­lé­phone. Au­jourd’hui, c’est une ville à part en­tière, sa po­pu­la­tion compte 5.000 ha­bi­tants, et sa capacité hô­te­lière s’élève à plus de 30.000 lits. L’af­flux de mil­lions de pè­le­rins a contri­bué à la pros­pé­ri­té tou­ris­tique de Med­ju­gorje.

His­toire des ap­pa­ri­tions de la Vierge aux en­fants

Le 24 juin 1981, vers 6 heures du soir, six en­fants: Ivan­ka Ivan­ko­vic, Mir­ja­na Dra­gi­ce­vic, Vi­cka Ivan­ko­vic, Ivan Dra­gi­ce­vic, Ivan Ivan­ko­vic et Mil­ka Pav­lo­vic voient sur la col­line de Cr­ni­ca, à quelques cen­taines de mètres de Pod­br­do, une jeune dame por­tant un en­fant, qui leur de­mande de s’ap­pro­cher d’elle. Eton­nés et apeu­rés, ils ne le firent pas. Le len­de­main, le 25 juin 1981, à la même heure, quatre d’entre eux, Ivan­ka Ivan­ko­vic, Mir­ja­na Dra­gi­ce­vic, Vi­cka Ivan­ko­vic et Ivan Dra­gi­ce­vic sont at­ti­rés par ce lieu où ils ont vu « notre Dame » , la Gos­pa ou la Dame en croate. Ils sont bien­tôt re­joints par Ma­ri­ja Pav­lo­vic et Ja­cov Co­lo. Ce jour- là, ils ont prié et dia­lo­gué avec la Vierge, rai­son pour la­quelle la fête des Ap­pa­ri­tions est cé­lé­brée le 25 juin. Le groupe des té­moins de Med­ju­gorje est for­mé.

L’église Saint- Jacques

La paroisse des Fran­cis­cains a été fon­dée en 1892, et pla­cée sous la pro­tec­tion de Saint Jacques, pa­tron des pè­le­rins. Après la Se­conde Guerre mon­diale, les ha­bi­tants construi­sirent l’église ac­tuelle de Saint- Jacques, aux deux clo­chers, ache­vée et consa­crée le 19 jan­vier 1969. A l’époque, elle sus­ci­ta l’éton­ne­ment à la fois de l’in­gé­nieur et des ha­bi­tants, au nombre de 500 à peine, qui la trou­vèrent im­mense pour eux. Tout le monde igno­rait en fait, son fu­tur des­tin de lieu de pè­le­ri­nage mon­dial, ac­cueillant plus de 2 mil­lions de vi­si­teurs par an. Ef­fec­ti­ve­ment, de­puis le 24 juin 1981, l’église pour­tant si grande, ne désem­plit plus. L’af­flux de pè­le­rins a sus­ci­té la construc­tion, en 1989, de l’au­tel ex­té­rieur, der­rière l’église. Il ac­cueille près de 5.000 per­sonnes as­sises lors des cé­lé­bra­tions ré­gu­lières, et par­fois plus de 100.000 jeunes lors du Fes­ti­val des Jeunes. Une sta­tue blanche de Ma­rie Reine de la Paix trône sur le par­vis de l’église Saint- Jacques. Ins­tal­lée en 1987, la sta­tue est en marbre et marque la pre­mière ap­pa­ri­tion de la Vierge. En cette fin de mois d’août, les rues de Med­ju­gorje grouillaient de tou­ristes ve­nus des quatre coins de la pla­nète. Des Li­ba­nais en pre­mier lieu, mais aus­si des Ita­liens, Es­pa­gnols, Ca­na­diens, Amé­ri­cains et même Ja­po­nais... L’église Saint- Jacques était à quelques mètres de notre hô­tel, et la marche à pied nous per­met­tait de tes­ter plus ou moins le res­pect des au­to­mo­bi­listes du code de leur route. A notre grand éton­ne­ment, les conduc­teurs ne re­cou­raient ni au klaxon, ni à la bous­cu­lade, ni même au gro­gne­ment, mais s’ar­rê­taient de plein gré, pour nous per­mettre de tra­ver­ser tran­quille­ment la chaus­sée. Der­rière l’église Saint-Jacques, se dresse le mo­nu­ment du Re­su­ci­to. A l’oc­ca­sion du Ju­bi­lé, en 2000, un concours a per­mis de choi­sir cette fa­meuse Croix du Ch­rist res­sus­ci­té. Une croix clouée au sol, sym­bole de la mort, et une sta­tue de Jé­sus Ch­rist, éri­gée tout haut, sym­bole de la Ré­sur­rec­tion, pour ex­pli­quer que la Ré­sur­rec­tion est plus grande que la mort. Des pa­roles du pro­phète Isaïe et du psaume 138 y sont gra­vées.

Le mo­nu­ment du Re­su­ci­to at­tire les pè­le­rins.

La sta­tue blanche de Ma­rie Reine de la Paix à l’en­trée de l’église Saint- Jacques.

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