JAD HABIB

La mu­sique qui sauve des vies

Special Madame Figaro - - Mag / Rencontre -

Fon­dée en 2005 par un groupe de mé­de­cins avec des ta­lents mu­si­caux, Heart­beat - La Chaîne de l’Es­poir oeuvre au Li­ban pour soi­gner des en­fants souf­frant de pa­tho­lo­gies car­diaques. L’ONG ac­com­plit sa mis­sion d’une ma­nière unique. Elle or­ga­nise des évé­ne­ments mu­si­caux de le­ver des fonds pour le trai­te­ment des en­fants at­teints de car­dio­pa­thies congé­ni­tales. Rencontre avec le Doc­teur Jad Habib, mé­de­cin, spé­cia­liste en Mé­de­cine de Fa­mille, Char­gé de cours à la Fa­cul­té de Mé­de­cine de l’USJ, pia­niste et ar­tiste vo­lon­taire pour Heart­beat –La Chaîne de L’Es­poir.

Quelle est la mis­sion de Heart­beat – La Chaîne de L’Es­poir?

Les ma­la­dies car­diaques sont par­mi les mal­for­ma­tions les plus fré­quentes à la nais­sance. Ils sur­viennent chez 1 nou­veau-né sur 100 et sont la pre­mière cause de dé­cès avant l’âge de 1 an. Si on les traite à temps, 95% des bé­bés sur­vivent et mènent une vie nor­male. Au Li­ban, 700 bé­bés naissent chaque an­née avec une ma­la­die car­diaque et risquent ne pas sur­vivre jus­qu’à leur pre­mier anniversaire. Mal­heu­reu­se­ment, à cause de fortes in­éga­li­tés so­ciales, tous les en­fants n’ont pas ac­cès aux mêmes normes de soins. Cer­tains en­fants dé­fa­vo­ri­sés dé­cèdent faute de fonds. Les tiers payants exigent une contri­bu­tion sub­stan­tielle de la part des fa­milles. Fon­dée en juillet 2005, Heart­beat est une as­so­cia­tion hu­ma­ni­taire li­ba­naise à but non lu­cra­tif dont la mis­sion est de trai­ter les en­fants nés avec une ma­la­die car­diaque. Par prin­cipe, un pro­blème fi­nan­cier ne de­vrait ja­mais em­pê­cher un en­fant souf­frant d’une ma­la­die car­diaque d’être trai­té cor­rec­te­ment. En d’autres termes, l’en­fant doit être ad­mis à l’hô­pi­tal et trai­té, sans se sou­cier d’au­cun pro­blème fi­nan­cier, quel qu’il soit.

• Heart­beat couvre tous les coûts de trai­te­ment à par­tir du mo­ment où l’en­fant est pris en charge. Ce­la in­clut le diag­nos­tic de l’état, le trai­te­ment et le sui­vi.

• Heart­beat col­la­bore avec des spé­cia­listes de l’hô­pi­tal Hô­tel-Dieu de France pour of­frir un de plus haut ni­veau d’ex­per­tise chi­rur­gi­cale et mé­di­cale.

Quels chiffres pou­vez-vous nous don­ner sur les ré­sul­tats ac­com­plis par Heart­beat – La Chaîne de L’Es­poir à ce jour ?

Le tra­vail de Heart­beat a com­men­cé en no­vembre 2005 en soi­gnant 3 en­fants. Grâce aux concerts mu­si­caux vi­sant à col­lec­ter des fonds et à la contri­bu­tion de gé­né­reux do­na­teurs, Heart­beat a de­puis trai­té plus de 2 800 en­fants nés et par­ti­cipe ac­tuel­le­ment au trai­te­ment de plus de 300 bé­bés chaque an­née. Tous genres de pro­cé­dures mé­di­cales sont ef­fec­tués, y com­pris la chi­rur­gie à coeur ou­vert pour les mal­for­ma­tions car­diaques simples et com­plexes, et le ca­thé­té­risme car­diaque. D’ex­cel­lents ré­sul­tats sont rap­por­tés an­née après an­née.

Qu’est-ce qui vous a pous­sé à vous y en­ga­ger ?

C’est en pre­mier lieu mon mé­tier de mé­de­cin, qui m’en­gage à tout faire pour per­mettre aux en­fants d’ac­cé­der aux meilleurs soins. Par ailleurs, l’ori­gi­na­li­té de Heart­beat vient du fait que l’idée ini­tiale de la créa­tion de l’as­so­cia­tion a été lan­cée par un groupe de mé­de­cins mu­si­ciens. Étant moi-même pia­niste, il était na­tu­rel que je re­joigne ce groupe pour mettre ma pas­sion au ser­vice des en­fants ma­lades. De là, la sin­gu­la­ri­té de Heart­beat ré­side dans le fait que ce sont des membres de l’as­so­cia­tion eux-mêmes qui sont sur scène.

Quel est le thème du concert* de cette an­née ?

Avec la convic­tion que «la mu­sique sauve des vies - mu­sic saves lives», Heart­beat or­ga­nise un concert an­nuel pour ai­der à le­ver la plu­part de son fi­nan­ce­ment né­ces­saire à son fonc­tion­ne­ment. Plus de 100 bé­né­voles, dont plu­sieurs mé­de­cins, passent des mois à pré­pa­rer un spec­tacle pro­fes­sion­nel des plus im­pres­sion­nants. Les concerts couvrent un thème dif­fé­rent chaque an­née. L’idée du concert de cette an­née ’A Heart­beat Sto­ry’ est ba­sée plu­tôt sur un ré­cit. Le gar­çon rencontre la fille L’his­toire d’amour com­mence Ils se ma­rient Elle est en­ceinte: c’est une fille! Mais le bé­bé a une ma­la­die car­diaque. Puis vient Heart­beat ... Une suc­ces­sion de scènes ra­con­te­ra l’his­toire de Heart­beat. À chaque étape, une cho­ré­gra­phie adap­tée et des chansons cor­res­pon­dront au scé­na­rio.

Com­ment se passe la sé­lec­tion des doc­teurs qui chantent lors du concert?

La sé­lec­tion de mé­de­cins ayant des ca­pa­ci­tés ar­tis­tiques et qui peuvent se pro­duire sur scène se fait très na­tu­rel­le­ment chaque an­née de bouche à oreille et suite à nos concerts an­nuels. Nous avons de nou­velles de­mandes chaque an­née. Je tiens à men­tion­ner qu’il n’y a pas que des mé­de­cins sur scène. Nous avons une mul­ti­tude de pro­fes­sions qui sont re­pré­sen­tées. Nous te­nons donc à avoir des per­sonnes qui ont une pro­fes­sion bien dé­fi­nie mais dont la mu­sique reste leur pas­sion. De là, tous les in­ter­ve­nants ont un ni­veau mu­si­cal très éle­vé.

Où trou­vez-vous le temps pour ré­pé­ter vos chansons ? Et com­ment se passent les ré­pé­ti­tions ?

Le fait que la mu­sique soit notre pas­sion, nous ac­cep­tons les contraintes du temps et des ré­pé­ti­tions, contraintes par­fois très im­por­tantes, mais cette pas­sion et ob­jec­tif lui-même de l’as­so­cia­tion dé­passent toute dif­fi­cul­té de temps. Les ré­pé­ti­tions sont pro­gram­mées deux fois par se­maine, et le der­nier mois le rythme s’ac­cé­lère.

Com­ment réus­sis­sez-vous à sur­mon­ter le trac avant le concert ?

Comme le disent tous les ar­tistes, le trac reste pré­sent avant le dé­but de toute re­pré­sen­ta­tion, mais il est peut être le mo­teur de bonnes per­for­mances ar­tis­tiques. Nous concer­nant et avec l’ex­pé­rience ac­quise sur scène au fils des an­nées, ce trac di­mi­nue très na­tu­rel­le­ment.

Com­ment peut-on ai­der Heart­beat-La Chaîne de L’Es­poir en tant que ci­toyens ?

D’abord, en as­sis­tant aux concerts de Heart­beat et autres ma­ni­fes­ta­tions ar­tis­tiques as­so­ciées. De plus, le par­tage du mes­sage de Heart­beat est es­sen­tiel pour nous, et le bé­né­vo­lat est autre élé­ment es­sen­tiel à l’as­so­cia­tion. En­fin, les per­sonnes dé­si­rant ai­der l’as­so­cia­tion peuvent en­trer di­rec­te­ment en contact avec Heart­beat à tra­vers ses ré­seaux so­ciaux : www.fa­ce­book.com/Heart­beatLB www.ins­ta­gram.com/Heart­beatLB

A quand un al­bum « Best of » de vos concerts ?

Concer­nant un al­bum « best of », des mon­tages pro­fes­sion­nels des re­pré­sen­ta­tions pas­sées au fil des an­nées sont ré­gu­liè­re­ment ef­fec­tués. Le pro­jet lui-même est ac­tuel­le­ment dans les dis­cus­sions et la vi­sion stra­té­gique de l’as­so­cia­tion.

* Le dî­ner de ga­la au­ra lieu le ven­dre­di 13 avril et les concerts au­ront lieu le sa­me­di 14 avril à 20h30 et le di­manche 15 avril à 17h30 au Sea­side Are­na, Bey­routh New Wa­ter­front (an­cien BIEL).

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