Chan­ge­ment au me­nu

En tant que grande fi­gure de l'hô­tel­le­rie et du tou­risme, Alexis Heck a don­né son nom au ly­cée hô­te­lier de Die­kirch.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Vorderseite -

Il n'y cou­pe­ra pas, le ly­cée tech­nique hô­te­lier Alexis-Heck de Die­kirch va chan­ger de nom pour de­ve­nir l'École d'hô­tel­le­rie et de tou­risme du Luxem­bourg. Il s'agit d'un des chan­ge­ments in­ter­ve­nant dans le cadre de la nou­velle stra­té­gie de l'éta­blis­se­ment qui vise l'ex­cel­lence. Ce re­po­si­tion­ne­ment a été éla­bo­ré en concer­ta­tion avec le mi­nis­tère de l'Édu­ca­tion na­tio­nale, les res­pon­sables du sec­teur de l'Ho­re­ca et la Chambre de com­merce. Il consiste en une mo­der­ni­sa­tion dans le but de col­ler à l'évo­lu­tion d'un sec­teur de plus en plus com­pé­ti­tif.

Non, Alexis Heck n'était ni le fon­da­teur de l'école hô­te­lière de Die­kirch ni son pre­mier di­rec­teur. Si le nom de ce na­tif de Die­kirch ne se­ra plus em­ployé à l'ave­nir pour dé­si­gner l'éta­blis­se­ment sco­laire, puis­qu'il va être re­bap­ti­sé, il ne mé­rite ce­pen­dant pas de se perdre dans les méandres de la Sûre, eu égard à ce que ce per­son­nage a fait pour sa ville et les dé­buts du tou­risme luxem­bour­geois.

Né en 1830 et mort en 1908 à Die­kirch, Alexis Heck a pla­cé sa ville et le Luxem­bourg sur la carte des lieux de vil­lé­gia­ture à la mode au XIXe siècle. En 1855, il re­prend l'au­berge pa­ter­nelle, l'hô­tel des Ar­dennes, et la trans­forme en hô­tel de luxe de 180 chambres chauf­fées en y in­cor­po­rant, entre autres, le pre­mier es­pace dé­tente avec un spa, une zone de pêche de 60 ki­lo­mètres de long, une chasse gar­dée et un parc au­to­mo­bile pour sa riche clien­tèle.

Très im­pli­qué dans l'or­ga­ni­sa­tion de son hô­tel et ne man­quant pas d'ima­gi­na­tion, il or­ga­nise pour ses clients étran­gers de nom­breuses ex­cur­sions à la dé­cou­verte des plus beaux pay­sages et châ­teaux luxem­bour­geois.

Alexis Heck a éga­le­ment très bien com­pris les avan­tages de la pu­bli­ci­té. On re­trou­vait à l'époque des af­fiches pour son hô­tel au port d'An­vers et à la gare de Cha­ring Cross à Londres sur les­quelles il van­tait l'ex­cellent rap­port qua­li­té-prix de son éta­blis­se­ment. En 1890, il fait même pu­blier un pe­tit guide du Luxem­bourg en an­glais puis en fran­çais à l'usage de sa clien­tèle. En­fin, il a don­né son nom à un cock­tail com­po­sé de co­gnac, de Grand Mar­nier, de ver­mouth et de Père Blanc.

Pion­niers de père en fils

Fé­lix, le fils d'Alexis, fait preuve du même sens de l'en­tre­pre­neu­riat que son père. En juillet 1894, il inau­gure le Vé­lo­drome de la Sûre, mais il pé­ri­cli­te­ra. Une quin­zaine d'an­nées plus tard, il se lan­ce­ra dans la pro­duc­tion au­to­mo­bile à Bruxelles. Jus­qu'à la Pre­mière Guerre mon­diale, il construi­ra des voi­tures de tou­risme à quatre cy­lindres de la marque FIF avec les­quelles il cour­ra de nom­breux ral­lyes et Grands Prix au­to­mo­biles.

Le ly­cée of­fri­ra de nou­velles for­ma­tions dès la ren­trée 2018/2019.

Le nom du ly­cée a chan­gé, mais ce­lui d'Alexis Heck y res­te­ra lié, puisque le res­tau­rant d'ap­pli­ca­tion le por­te­ra.

Newspapers in French

Newspapers from Luxembourg

© PressReader. All rights reserved.