Mon app vue par les autres

L'évé­ne­ment «Test my App» per­met à de jeunes chefs d'en­tre­prise de faire tes­ter leur pro­duit à des uti­li­sa­teurs et de re­cueillir leurs im­pres­sions.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Économie - De notre jour­na­liste Aude Fo­res­tier

Le con­cept a été ima­gi­né et mis en mu­sique par Phi­lip Gro­ther, le directeur gé­né­ral de l'en­tre­prise Step­pingS­tone. Le Quo­ti­dien a assisté, lun­di soir, au test de la jeune ap­pli­ca­tion de par­tage de voi­ture dé­mo­né­ti­sé CarV­room, pas en­core mise sur le mar­ché. Re­por­tage.

Lun­di, 19 h 45, à la Mai­son Bree­de­wee. Au sous-sol de ce bu­si­ness club ins­tal­lé rue Large à Luxem­bourg, 25 per­sonnes de tous ho­ri­zons, as­sis sur une chaise ou sur un ca­na­pé, ont les yeux ri­vés sur l'écran de leur or­di­na­teur. Mais que fon­tils? Ils par­ti­cipent à l'évé­ne­ment «Test my App», or­ga­ni­sé par Phi­lip Gro­ther, le directeur gé­né­ral de l'en­tre­prise Step­ping-Stone. Le but? Tes­ter un site ou une ap­pli­ca­tion et don­ner son avis des­sus.

La «ve­dette» du jour, c'est CarV­room. Il s'agit d'une pla­te­forme d'échange de voi­ture entre par­ti­cu­liers dé­mo­né­ti­sé. «On peut em­prun­ter le vé­hi­cule d'un membre de la com­mu­nau­té gra­tui­te­ment. La seule chose payante, c'est la po­lice d'as­su­rance» qui couvre l'em­prun­teur et le vé­hi­cule du prê­teur, ré­sume Mar­co Mi­gna­ni, le co­fon­da­teur de l'en­tre­prise. Fon­dée mi-dé­cembre 2017, l'en­tre­prise qui dé­ve­loppe cette ap­pli­ca­tion a créé une mon­naie d'uti­li­sa­tion : les «Vroom points». «Cette mon­naie per­met de don­ner une va­leur à chaque vé­hi­cule», af­firme-t-il. Par exemple, une Au­di A1 peut va­loir une cin­quan­taine de points «jour d'uti­li­sa­tion». En réa­li­té, un al­go­rithme cal- cule la va­leur du vé­hi­cule en fonc­tion de dif­fé­rents cri­tères (marque, mo­dèle, ki­lo­mé­trage et op­tions dis­po­nibles).

Une mine d'in­for­ma­tions utiles

Ces ren­sei­gne­ments sont com­mu­ni­qués à la pla­te­forme le jour de son ins­crip­tion. On y entre aus­si ses don­nées per­son­nelles. «On met à dis­po­si­tion le vé­hi­cule en fonc­tion de ses dis­po­ni­bi­li­tés et d'un ca­len- drier», sou­tient Mar­co Mi­gna­ni. Bien en­ten­du, des points de bien­ve­nue sont of­ferts à tout nou­veau membre, his­toire de tes­ter tout de suite le ser­vice. CarV­room a été créé comme «un ré­seau so­cial». Et ce sont les membres qui le fe­ront «fonc­tion­ner et croître».

Les tes­teurs du jour s'af­fairent sur la ma­quette de la pla­te­forme. «Ils testent le de­si­gn, l'ex­pé­rience uti­li­sa­teur et les fonc­tion­na­li­tés de la ver­sion» qui se­ra pro­po­sée au grand public au mois de sep­tembre au Luxem­bourg et en France, le mar­ché vi­sé par l'en­tre­prise. Ma­rie-Re­bec­ca, 30 ans, la gé­rante d'une agence mar­ke­ting au Luxem­bourg, fait par­tie de ce pa­nel de tes­teurs. Se­lon elle, «avoir le re­tour de l'uti­li­sa­teur est pri­mor­dial». Elle re­garde les dif­fé­rents me­nus du site et voit «com­ment ça fonc­tionne». À sa­voir, com­ment louer une voi­ture et com­ment prê­ter la sienne. Elle trouve le prin­cipe de CarV­room «in­té­res­sant».

Eme­line, 27 ans, chef de pro­jet web, note ses ob­ser­va­tions sur le bloc-note de son or­di­na­teur. C'est «la pas­sion du di­gi­tal» qui l'a pous­sée à par­ti­ci­per à ce test. «Je trouve ça top dans un évé­ne­ment comme ce­lui-là de don­ner son avis en tant que per­sonne ex­té­rieure au pro­jet. C'est une phase es­sen­tielle dans la créa­tion d'un site», dit la jeune femme. «En tant que tes­teur, on voit des points que les créa­teurs ne voient pas», ajoute-t-elle. Une chose est cer­taine, grâce à ce test, les fon­da­teurs de CarV­room au­ront «une mine d'in­for­ma­tions énorme» dont ils pour­ront se ser­vir pour amé­lio­rer leur pro­duit.

Philippe, 50 ans, lui-même chef d'une jeune en­tre­prise en France sou­tient qu'il est in­té­res­sant de voir «des per­sonnes qui sont confron­tées au même pro­blème ».« Quand on est dans le dé­ve­lop­pe­ment d'une ap­pli­ca­tion, on est à 80 % dans le tech­nique.» Le tes­ting per­met d'«at­ti­rer l'oeil» sur des as­pects du pro­duit qui ont été moins mis en va­leur.

Comme tous les autres par­ti­ci­pants, Philippe a ré­pon­du à un ques­tion­naire. Ce­lui-ci a été éla­bo­ré en amont par les en­tre­pre­neurs et Phi­lip Gro­ther, le père du pro­jet «Test my App». D'après ce der­nier, les en­tre­pre­neurs ont be­soin de se sen­tir ac­com­pa­gnés. C'est pour ce­la qu'il or­ga­nise plu­sieurs ren­dez-vous avec eux pour bien préparer ce jour par­ti­cu­lier. «Ce que je veux, c'est ap­por­ter de la va­leur aux en­tre­pre­neurs et leur évi­ter de faire des er­reurs», sou­tient Phi­lip Gro­ther. Se­lon lui, CarV­room re­fe­ra un autre test en sep­tembre avant le lan­ce­ment en dé­cembre. Pour voir si tout roule pour cette jeune pla­te­forme pleine d'ave­nir.

Mar­co Mi­gna­ni (au c.) est le co­fon­da­teur de l'en­tre­prise CarV­room, dont l'ap­pli­ca­tion porte le même nom.

Il ré­gnait une at­mo­sphère stu­dieuse lun­di soir lors du test.

Newspapers in French

Newspapers from Luxembourg

© PressReader. All rights reserved.