Quand Airbnb s'avère utile

De­puis cinq ans, Mar­tin et Éric ac­cueillent des tou­ristes, des sta­giaires ou en­core des fu­turs ré­si­dents.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Dossier Airbnb -

Les ap­pli­ca­tions dites de «par­tage» comme Airbnb peuvent, lors­qu'elles ne sont pas dé­tour­nées dans l'unique but de faire de l'ar­gent, per­mettre de com­bler une mai­son de­ve­nue trop grande au fil des an­nées et dé­bou­cher sur de belles ex­pé­riences.

C'est d'ailleurs le cas de Mar­tin et Éric, tra­vaillant dans le mar­ke­ting et «hôtes» luxem­bour­geois de­puis main­te­nant cinq ans. Hé­ber­geant ré­gu­liè­re­ment des «in­vi­tés», pour re­prendre le vo­ca­bu­laire de la pla­te­forme amé­ri­caine, ils sont même de­ve­nus, au fil des an­nées, bien plus que de simples «hôtes». «Nous avons com­men­cé en no­vembre 2013. Dans notre mai­son, les en­fants sont de­ve­nus grands, li­bé­rant de la place. Sur leur conseil, et comme nous ai­mons avoir du monde à la mai­son, nous avons mis une chambre sur Airbnb, juste pour es­sayer. Trois jours plus tard, nous avions notre pre­mier vi­si­teur», ex­plique Mar­tin. «C'était d'ailleurs un Amé­ri­cain vi­vant à Pa­ris et qui était in­ter­prète en lan­gage de signes. Il ve­nait au Luxem­bourg dans le cadre d'une ses­sion à la Cour de jus­tice eu­ro­péenne, qui avait in­vi­té une école belge où un élève avait be­soin de ses ser­vices», se rap­pelle même Éric.

Mar­tin en­chaîne : «Puis nous avons eu un couple d'Ita­liens ve­nant de Rome. Lui avait trou­vé un tra­vail ici. Le temps de dé­go­ter un lo­ge­ment, ils ont pris un Airbnb. C'est d'ailleurs sou­vent ce type de pro­fil que l'on croise. Des gens qui ar­rivent au Luxem­bourg après avoir trou­vé un bou­lot, ou en­core des sta­giaires qui font un stage d'un mois ou six mois. Ils com­mencent par un Airbnb pen­dant une se­maine ou deux, le temps de trou­ver de quoi se lo­ger par la suite.»

Puis il y a éga­le­ment les tou­ristes qui ap­pré­cient l'am­biance con­vi­viale et presque fa­mi­liale du lieu. «Ce sont tou­jours des gens in­té­res­sants, rien que dis­cu­ter et par­ta­ger avec eux est en­ri­chis­sant», se­lon Éric.

Au­jourd'hui, dans leur grande mai­son si­tuée dans la ca­pi­tale, Mar­tin et Éric ont quatre chambres à dis­po­si­tion. «La mai­son est vrai­ment faite pour ac­cueillir des in­vi­tés sans pour au­tant être à l'étroit», sou­ligne Éric. «On ne se marche pas des­sus. Pour­tant, on se croise dans la cui­sine et par­fois, quand on fait le re­pas, il ar­rive qu'une ou deux per­sonnes se ra­joutent. C'est as­sez convi­vial», ex­plique Mar­tin.

Outre l'as­pect hé­ber­ge­ment, Mar­tin et Éric sont bien plus que de simple «hôtes», tant ils n'hé­sitent pas à don­ner des conseils, aus­si bien sur le pays et le contexte luxem­bour­geois aux nou­veaux ar­ri­vants que sur les dif­fé­rents res­tau­rants et les lieux à voir pour les tou­ristes. «On a une uti­li­té pour le pays quand on aide les gens face à la dif­fi­cul­té de trou­ver un lo­ge­ment par la suite ou même en ac­cueillant des jeunes sta­giaires de 25 ans qui ne connaissent ab­so­lu­ment pas le pays», es­time Éric.

Même chose pour les tou­ristes, qui de­mandent sou­vent com­ment se rendre en ville à pied. «Là aus­si, on aime bien leur ex­pli­quer qu'en pre­nant ce che­min ils peuvent ar­ri­ver en ville par l'as­cen­seur du Pfaf­fen­thal et sa vue tou­jours im­pres­sion­nante. On ex­plique un peu les choses à voir, comme les ca­se­mates, le pont sus­pen­du en des­sous du pont Adolphe...», dé­ve­loppe Éric. « Il y a peu en­core, un couple de Néer­lan­dais vou­lait al­ler en ville et, comme nous al­lions au mar­ché de Luxem­bourg, on a fait le che­min en­semble, tout en par­lant des dif­fé­rentes choses in­té­res­santes à voir sur le che­min», ajoute Mar­tin.

Les deux hôtes, qui dé­clarent les re­ve­nus gé­né­rés via l'ap­pli­ca­tion, ne com­prennent pas les ré­ti­cences de l'Ho­res­ca en­vers Airbnb. «Les hô­tels sont sou­vent pleins et hors de prix. En plus, on connaît le pays et l'on n'hé­site pas à re­com­man­der les bons res­tau­rants, donc on leur fait de la bonne pu­bli­ci­té, fi­na­le­ment. Puis on dé­clare et on paye des im­pôts sur ces re­ve­nus, donc nous sommes en toute lé­ga­li­té», af­firme Éric.

Par contre, les deux hommes ont le même avis en­vers les per­sonnes qui uti­lisent la pla­te­forme dans l'unique but de faire de l'ar­gent. «Nous ne sommes pas dans ce cas. On trouve d'ailleurs que ce n'est pas très bien, car ce­la ne fe­ra que faire aug­men­ter les loyers, alors que l'on a be­soin de lo­ge­ments pour ré­pondre à la de­mande énorme des gens qui veulent ha­bi­ter au Luxem­bourg. Ar­ri­ver à des dé­rives, comme à Bruxelles ou à Pa­ris, ce n'est pas bien. Mais je pense que les po­li­tiques sont conscients de l'uti­li­té d'Airbnb et aus­si de la fa­çon dont c'est dé­tour­né pour faire du pro­fit», conclut Mar­tin.

Tou­jours des gens in­té­res­sants On n'hé­site pas à re­com­man­der les bons res­tau­rants

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