De 2019? Le Pe­tit Pou­cet qui cherche «À quoi vont abou­tir les son che­min pro­jets de Fla­vio Bec­ca?»

Se joue­ra peut-être, ce di­manche, dans une épreuve pré­si­de­ra à la course au titre, l'an­née pro­chaine. Ro­main Schu­ma­cher, le pré­sident du­de­lan­geois, com­mence à par­ler de mo­da­li­tés pra­tiques au désen­ga­ge­ment de Fla­vio Bec­ca du F91. Comme si c'était dé­sor­mai

Le Quotidien (Luxembourg) - - Football Sports - De notre jour­na­liste Ju­lien Ca­rette

Si j'ai bien com­pris, le cham­pion du Luxem­bourg com­men­ce­ra di­rec­te­ment en Eu­ro­pa League On a moyen de se sta­bi­li­ser. Après, c'est sûr qu'on n'au­ra plus les mêmes moyens Le Pe­tit Pou­cet de cette édi­tion de la Coupe es­pé­rait tom­ber sur un grand. À la place, il se frot­te­ra à la for­ma­tion de Pro­mo­tion d'hon­neur de Mer­tert/Was­ser­billig. Une belle pa­ren­thèse dans une sai­son bien com­pli­quée.

Le F91 a été sa­cré meilleure équipe de l'an­née, jeu­di soir, lors du ga­la de la presse spor­tive. Lo­gique?

Ro­main Schu­ma­cher : Je le vois comme ça : si nous ne sommes pas élus cette an­née, alors quand? Il est clair pour­tant, que la sé­lec­tion fo­ca­lise plus l'at­ten­tion pour dif­fé­rentes rai­sons, mais nous notre grande per­for­mance, c'est d'avoir bat­tu le Le­gia Var­so­vie et Cluj.

Élu donc. Avec le risque évident que ce soit, avec le re­trait an­non­cé de Fla­vio Bec­ca, dé­jà la der­nière fois.

C'est pu­re­ment hy­po­thé­tique pour le mo­ment. À quoi vont abou­tir les pro­jets de Fla­vio Bec­ca? On va se ren­con­trer pro­chai­ne­ment pour en dis­cu­ter. Parce que moi, il me faut un plan­ning vis-à-vis de mon club, afin de sa­voir com­ment l'on va avan­cer. Ça n'a pas ar­ran­gé les choses que ce­la fuse au­tant de toutes parts, après l'an­nonce du re­trait de notre mé­cène. Il faut re­trou­ver une ligne di­rec­trice.

D'au­tant que le week-end pas­sé, Fla­vio Bec­ca a sem­blé dire que son re­trait pour­rait sur­ve­nir avant même les deux ans an­non­cés?

Non. Non, pas vrai­ment. Entre nous, il n'a ja­mais été évo­qué autre chose que ces deux ans.

Et votre rôle à vous? Que va faire Ro­main Schu­ma­cher dans le fu­tur?

Ro­main Schu­ma­cher va bien­tôt avoir 60 ans et peu­têtre au­ra-t-il d'autres idées en tête que celles de ser­vir le foot­ball. Mais avant d'y pen­ser, il va s'oc­cu­per prio­ri­tai­re­ment de la mise en place cor­recte du F91 et il sui­vra avec beau­coup d'at­ten­tion les pro­jets que Fla­vio Bec­ca peut avoir dans le foot­ball. En même temps, on peut aus­si se po­ser la ques­tion : est-ce que ce qu'on vient de réa­li­ser n'est pas le sum­mum de ce qu'on peut at­teindre? Est-ce que, même en gar­dant la même ligne, on par­vien­dra à le re­faire? Ça y est, on a peut-être dé­jà tou­ché le pla­fond et il est peut-être temps de chan­ger de cap, de pen­ser à autre chose, d'au­tant que notre foot­ball est tout en­tier tour­né vers la réus­site de la sé­lec­tion na­tio­nale et que per­sonne n'aide les clubs à être plus per­for­mants. Pas très op­ti­miste comme vi­sion. Pas op­ti­miste, non, mais réa­liste. Quelle est alors votre ana­lyse "réa­liste" de la créa­tion de cette troi­sième Coupe d'Eu­rope? Un mou­roir pour les pe­tites na­tions ou une com­pé­ti­tion dans la­quelle les clubs luxem­bour­geois pour­raient ti­rer leur épingle du jeu?

Je pense que les ad­ver­saires que l'on se­rait sus­cep­tibles de ren­con­trer dans des phases de groupes se­raient d'une qua­li­té in­fé­rieure à celle du Le­gia ou de Cluj donc oui, ce sont des ad­ver­saires que l'on pour­rait battre. Mais bon, c'est aus­si, oui, une fa­çon de nous re­ti­rer des bottes des grands clubs. Paul Phi­lipp a dit quelque chose de très vrai : on écarte les pe­tites na­tions.

Mais... vous en sa­vez plus sur le mode opé­ra­toire re­te­nu par l'UEFA? Elle n'a pas com­mu­ni­qué sur le su­jet? Pas à notre connais­sance non. Si j'ai bien com­pris, le cham­pion du Luxem­bourg com­men­ce­ra di­rec­te­ment en Eu­ro­pa League.

Plus en Ligue des cham­pions?

Pour en être cer­tain, il faut at­tendre la pré­sen­ta­tion du pro­jet fi­nal. Mais au-de­là de ces ques­tions, il faut se rendre compte qu'on est en train de créer une offre bien trop im­por­tante en foot­ball et que ce­la va me­ner à un cer­tain dés­in­té­rêt des spec­ta­teurs. Avec le temps, ça n'in­té­res­se­ra plus per­sonne.

Re­ve­nons au F91, com­men­cez-vous à être in­quiet au su­jet de l'ave­nir du club?

Comme je vous l'ai dit, le co­mi­té at­tend une ligne claire. C'est pour ce­la que je dois me rap­pro­cher de notre mé­cène.

Tout le monde se de­mande si vous res­te­rez pré­sident du F91.

Je suis pré­sident du F91 et je peux vous as­su­rer que ce­la ne chan­ge­ra pas dans les dix mi­nutes qui viennent.

Bon alors dites-nous : com­ment faire pour gar­der le F91 en haut de l'af­fiche, si c'est pos­sible?

Le tra­vail ne va pas être moins in­tense qu'il ne l'est ac­tuel­le­ment. Il fau­dra sû­re­ment chan­ger de cap, peut-être s'ou­vrir à un spon­so­ring plus large et ne sur­tout pas mettre la tête dans le sable. Je suis sûr que la qua­trième ville du pays a un po­ten­tiel d'at­trac­ti­vi­té. Oui, on se­ra plus en re­trait qu'on ne l'était en 1998, à l'ar­ri­vée de Fla­vio Bec­ca, mais on a moyen de se sta­bi­li­ser. Après, c'est sûr qu'on n'au­ra plus les mêmes moyens.

Vous nous aviez dit que joueurs et staff n'y pen­saient pas du tout avant le match à Mi­lan. Et main­te­nant que c'est pas­sé?

Ils sont as­sez in­tel­li­gents et op­por­tu­nistes pour se dire qu'ils sont libres d'al­ler jouer ailleurs. Le RFCU, la Jeu­nesse, le Fo­la...

C'est dans ce contexte qu'ar­rive ce match de Coupe. Tom Sch­nell a dit, le week-end pas­sé, que le fa­vo­ri, c'était le Fo­la.

Et il ne l'a pas dit pour la ga­le­rie. Le Fo­la, c'est l'équipe du mo­ment. Elle est très en forme et la qua­li­té n'est pas moindre que chez nous. Oui, ils sont lé­gè­re­ment fa­vo­ris. Tout se­ra af­faire de la forme du jour. J'es­père que nos joueurs au­ront pu se res­sour­cer cette se­maine parce qu'ils ont fait un cham­pion­nat com­plet en une de­mi-sai­son.

Vous les sen­tez vous aus­si au bout du rou­leau?

Je me po­sais la ques­tion, ce ma­tin, de sa­voir qu'estce qui était le plus avé­ré chez eux? La fa­tigue phy­sique ou la fa­tigue men­tale? Phy­si­que­ment... ils s'en­traînent tou­jours bien, ils sont sé­rieux. Je pense que c'est plus men­tal qu'autre chose parce qu'on voit la dé­con­cen­tra­tion même sur cer­tains matches de DN sur les­quels on se met un peu la pres­sion tout seuls.

Ce match de Coupe doit-il ser­vir à mar­quer son ter­ri­toire?

Ab­so­lu­ment! C'est un mo­ment mo­ra­le­ment très im­por­tant. Il faut se po­si­tion­ner au ni­veau luxem­bour­geois. Pour le mo­ment, notre pre­mière par­tie de sai­son est en de­mi-teinte, avec des ex­pli­ca­tions qui ne sont pas des ex­cuses. En plus, le Fo­la a un coach très ma­lin. Ce­la va être notre plus grand match de l'an­née.

Il l'est for­cé­ment plus que ce­lui contre le Be­tis pour bou­cler l'an­née 2018, jeu­di pro­chain?

Ah mais il ne faut pas du tout pen­ser au Be­tis. Le Fo­la, c'est LA prio­ri­té ab­so­lue. Bien sûr, on n'ira pas sur le ter­rain pour se faire cor­ri­ger jeu­di et hor­mis notre pre­mière mi-temps en Grèce contre l'Olym­pia­kos, on a plu­tôt li­mi­té la casse. Ce ni­veau n'est pas le nôtre de toute fa­çon. On est ar­ri­vés à un ni­veau au­quel il faut s'ac­cro­cher pour ne pas se faire cor­ri­ger.

La ques­tion est très naïve mais vu que l'ar­gent va peut-être com­men­cer à man­quer sous peu au F91, prendre au moins 150 000 eu­ros de primes en ac­cro­chant le Be­tis, ce ne se­rait in­in­té­res­sant non?

(Il rit) Oui, la ques­tion est naïve.

Alors une der­nière pour la route : où en sont les re­la­tions entre le Fo­la et le F91? Tou­jours aus­si ten­dues?

Elles ne sont pas ten­dues. Oui, il y a cette fa­meuse af­faire avec le Pro­grès et le Fo­la (NDLR : qui cri­tiquent les mé­thodes de trans­ferts et de prêts du F91) mais c'est entre les mé­cènes. Elles ne concernent pas les clubs à pro­pre­ment par­ler.

Re­cueilli par J. M. l'heure où on aborde ce week-end les 8e de fi­nale de la Coupe de Luxem­bourg, on constate qu'il ne reste en lice qu'une for­ma­tion de D1 : le Spor­ting Ber­trange. Un Pe­tit Pou­cet qui l'est éga­le­ment dans son propre cham­pion­nat puis­qu'il squatte ac­tuel­le­ment l'avant-der­nière place de la D1 sé­rie 2 avec 9 pe­tites uni­tés au comp­teur (en 13 matches de cham­pion­nat).

Et pour cause, les Ber­tran­geois viennent d'ali­gner la ba­ga­telle de cinq dé­faites de rang. Cinq dé­faites pour les cinq matches qui nous sé­parent du tour pré­cé­dent dans cette Coupe. Et la vic­toire 3-2 de Ber­trange face à Hob­scheid, autre for­ma­tion de D1 (sé­rie 1 cette fois).

«Évi­ter de prendre le bouillon»

«S'il y a un lien de cause à ef­fet entre notre qua­li­fi­ca­tion et les re­vers qui ont sui­vi? C'est vrai qu'on avait très bien joué en Coupe, avant de pas­ser un peu à cô­té dans la ren­contre qui a sui­vi. Mais je ne sais pas si on peut al­ler jusque-là...», glis­sait cette se­maine Pas­cal Fab­bri. Ce der­nier, 49 ans, a of­fi­cié comme en­traî­neur pen­dant sept ans chez les Ber­tran­geois, avant de lais­ser cet été les rênes de l'équipe à son ex-ad­joint Sou­fyane Ouak­di, pour don­ner un coup de main au ni­veau du co­mi­té et oc­cu­per le poste de di­rec­teur spor­tif.

«La rai­son prin­ci­pale de ces dé­faites est plu­tôt à cher­cher, à mon sens, dans les mul­tiples ab­sences qu'on a connues. Sur­tout sur le plan of­fen­sif. On a dû faire sans quatre ti­tu­laires. D'ailleurs, on a du mal à trou­ver le che­min des fi­lets. Sur­tout qu'on a man­qué aus­si de réus­site...» Au fi­nal, le seul qui est tou­jours au poste, c'est le hé­ros du match face à Hob­scheid, Lan­dry Man­de­fu (32 ans, vu à Vir­ton, Re­mich/Bous, Stein­fort...), bu­teur et double pas­seur.

For­cé­ment, les condi­tions ne sont donc pas idéales au mo­ment de re­ce­voir les pen­sion­naires de PH de Mer­tert/Was­ser­billig ce di­manche. «On a lo­gi­que­ment été un peu dé­çus au mo­ment de voir le ti­rage au sort. On au­rait rê­vé de Du­de­lange, du Fo­la ou d'un Pro­grès qui m'au­rait fait très plai­sir sur un plan per­son­nel, puisque j'y ai joué jus­qu'en équipe pre­mière. Ce se­ra donc Mer­tert pour un match qui se­ra une vraie bouf­fée d'oxy­gène pour nous. Si on peut les bous­cu­ler, on ne se gê­ne­ra pas pour le faire. Mais on va sur­tout évi­ter de prendre le bouillon.»

His­toire de re­le­ver un peu la tête avant la trêve. Et de re­com­men­cer du bon pied à la re­prise, afin de re­trou­ver le che­min de la vic­toire et de sau­ver sa peau en D1 sur la deuxième moi­tié de sai­son.

Les Ber­tran­geois squattent l'avant-der­nière place en D1 sé­rie 2.

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