Chasse sur l'A31 : 35 san­gliers tués

METZ L'A31 a été hier le ter­rain de chasse... des chas­seurs. Se­lon le pré­fet, cette bat­tue géante a été une réus­site.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Vorderseite - Phi­lippe Marque (Le Ré­pu­bli­cain lor­rain)

Le san­glier est de­ve­nu l'ani­mal à abattre en Lor­raine. Alors que Meurthe-etMo­selle et Meuse craignent qu'il ne pro­page la peste porcine, 35 sui­dés ont été tués, hier aux portes de Metz, pour des rai­sons de sé­cu­ri­té rou­tière.

Une au­to­route A31 fer­mée sur une ving­taine de ki­lo­mètres. Des coups de feu ti­rés en rase cam­pagne pen­dant près de trois heures. Et près de 200 por­teurs de gi­lets orange mo­bi­li­sés. Metz était en état de siège hier ma­tin. La faute aux mul­tiples hardes de san­gliers qui ont pris la fâ­cheuse ha­bi­tude de se ré­fu­gier aux portes de la ville. Elles ont trou­vé dans ce mi­lieu hu­mide com­po­sé d'an­ciennes gra­vières, où la chasse est in­ter­dite dans cette zone proche de l'au­to­route et com­pli­quée dans l'autre par­tie pé­ri­ru­baine, un ter­rain de jeu idéal. Il l'est beau­coup moins au dé­ve­lop­pe­ment des terres agri­coles, où les dé­gâts sont nom­breux. Et peut car­ré­ment s'avé­rer né­faste pour les au­to­mo­bi­listes dont le fac­teur risque de se voir dé­bou­ler une boule de poils sous la voi­ture ne cesse d'aug­men­ter.

C'est pour ces rai­sons que Di­dier Mar­tin, pré­fet de Mo­selle, a di­li­gen­té cette bat­tue concer­tée in­édite. Rien à voir donc avec la pro­pa­ga­tion en proche Bel­gique du vi­rus de la peste porcine afri­caine, aux portes de la Meuse. La preuve : les dé­pouilles mo­sel­lanes n'ont même pas fait l'ob­jet de pré­lè­ve­ments pour ana­lyses, le dé­par­te­ment ne se trou­vant pas en zone d'ob­ser­va­tion ren­for­cée.

En re­gar­dant hier mi­di le ta­bleau de chasse éta­lé sous ses yeux dans la zone in­dus­trielle de Hau­con­court, le pré­fet n'a pas re­gret­té sa dé­ci­sion. En près de trois heures de chasse, cette zone de 500 hec­tares a été dé­bar­ras­sée de 35 san­gliers et de 6 che­vreuils.

«Fer­mer l'A31 un di­manche ma­tin n'est pas une dé­ci­sion ano­dine. On l'a prise pour des rai­sons de sé­cu­ri­té rou­tière. L'en­jeu était im­por­tant et les ré­sul­tats sont là. L'opé­ra­tion a été me­née dans d'ex­cel­lentes condi­tions de sé­cu­ri­té. C'est une réus­site», es­time le pré­fet qui en a pro­fi­té pour re­mer­cier les chas­seurs, mo­bi­li­sés en masse.

Ils étaient 155, dont 45 tra­queurs ac­com­pa­gnés de 60 chiens. Douze équipes avaient été consti­tuées pour bien qua­driller le ter­rain se­lon la cé­lèbre stra­té­gie de la te­naille. «Ce ma­tin, pas d'états d'âme ni de ges­tion. On tire tous les san­gliers. C'est un de­voir de ré­gu­la­tion», leur avait rap­pe­lé au brie­fing d'avant bat­tue Gi­no Sol­le­van­ti, ad­ju­di­ca­taire de chasse à Ar­gan­cy et Woip­py, en leur dé­li­vrant les consignes. Comme celle de ne réa­li­ser que des tirs fi­chants, c'est-à-dire à une dis­tance de « 10à 15 mètres maxi­mum» et avec une trajectoire qui doit ar­ri­ver dans le sol.

Trois chiens bles­sés

Si au­cun pro­blème ma­jeur de cir­cu­la­tion n'a été si­gna­lé à la suite de la fer­me­ture de l'A31, l’in­ci­vi­li­té de plu­sieurs au­to­mo­bi­listes est à no­ter. Ils n'ont pas hé­si­té à en­le­ver le bar­rié­rage leur in­ter­di­sant d'em­prun­ter de pe­tites routes se­con­daires. Sans l'in­ter­ven­tion des forces de l'ordre, ils au­raient pu se re­trou­ver en plein ter­rain de chasse…

Seule ombre au ta­bleau : la bles­sure de trois chiens. Ces épa­gneuls bre­tons ap­par­te­nant au même tra­queur ont dé­bus­qué un san­glier dans l'en­ceinte de la sta­tion de pom­page de Woip­py. Pas­sés par un trou dans le grillage, ils ont en­suite fait les frais des charges ra­geuses du sui­dé. Ils ont été trans­por­tés d'ur­gence chez un vé­té­ri­naire.

Douze équipes de chas­seurs et tra­queurs ont été consti­tuées afin de qua­driller au mieux le ter­rain.

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