Que d'émo­tions pour Lis Rot­tler-Fautsch!

COUPE DU MONDE À LA HA­VANE Après avoir cru pas­ser à la trappe en poules, la Luxem­bour­geoise a brillé.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Escrime Sports - De notre jour­na­liste Romain Haas

La dé­prime car elle croit être sor­tie des poules, le sou­la­ge­ment en ap­pre­nant qu'elle passe, la sa­tis­fac­tion de rem­por­ter un match en mort su­bite et la pe­tite dé­cep­tion de ne pas avoir été à son top face à la n° 1 mon­diale : Lis Rot­tler-Fautsch est pas­sée par toutes les émo­tions, à Cu­ba, où elle s'est clas­sée 64e.

Les an­nées se suivent et peuvent se res­sem­bler. L'an pas­sé, pour sa pre­mière sor­tie in­ter­na­tio­nale d'en­ver­gure de l'an­née, Lis Rot­tlerFautsch avait quit­té La Ha­vane avec une éli­mi­na­tion dès les poules. Un vé­ri­table trau­ma­tisme pour l'épéiste grand-du­cale, qui es­pé­rait bien se rat­tra­per à l'oc­ca­sion de l'édi­tion 2019 de ce très grand ren­dez-vous in­ter­na­tio­nal. Mal­heu­reu­se­ment pour elle, on ne peut pas dire que les choses se soient bien pas­sées dans l'exer­cice tou­jours très par­ti­cu­lier de poules : «J'avais une poule très dure. On était seule­ment à six et je n'ai eu qu'une seule vic­toire face à Lin (Hong Kong). Les autres matches, je les avais per­dus de peu. J'étais dé­pri­mée et convain­cue d'avoir en­core été mise de­hors», ex­plique la Luxem­bour­geoise.

Mais alors qu'elle était en train de ru­mi­ner tout en rem­bal­lant ses af­faires, une de ses co­pines est ve­nue lui an­non­cer la bonne nou­velle : «Elle est ve­nue de dire que j'étais de­dans, en tant que toute der­nière qua­li­fiée.»

Au­tant dire que la spor­tive d'élite de l'ar­mée luxem­bour­geoise re­ve­nait de loin. De très loin, même. Du coup, elle va tout lâ­cher pour ten­ter d'ob­te­nir ce qu'elle était ve­nue cher­cher à Cu­ba : une place dans le ta­bleau de 64.

Pour son pre­mier match à éli­mi­na­tion di­recte, elle se re­trouve face à l'Al­le­mande Alexan­der Eh­ler, qui lui avait in­fli­gé un vi­lain 5-1 en poules : «Ce n'était pas une bonne nou­velle pour moi. Je sa­vais qu'elle n'était pas du tout adap­tée à mon style d'es­crime. Mais j'ai beau­coup par­lé avec "Jo­gi" (NDLR : Hans Jür­gen Hauch, son en­traî­neur de Hei­den­heim). On a ana­ly­sé le match de poules, il m'a ex­pli­qué les fautes com­mises et com­ment je de­vais m'y prendre.»

Des conseils qui portent vi­si­ble­ment puisque Lis Rot­tler-Fautsch va prendre sa re­vanche, avec un suc­cès en mort su­bite (12-11) : «Je ne gagne ja­mais en mort su­bite! C'est un fee­ling ex­tra­or­di­naire. En plus, je ne l'avais ja­mais bat­tue. Et là, j'ai été dis­ci­pli­née, j'ai sui­vi les consignes et ça s'est très bien pas­sé!», exulte-t-elle.

Dès lors, la porte du ta­bleau de 64 n'était plus bar­rée que par la jeune Ita­lienne Beatrice Ca­gnin : «Elle est en­core ju­niors et avait réa­li­sé une belle poule, mais je sa­vais que c'était un match pour moi. Après un pre­mier tiers équi­li­bré, "Jo­gi" m'a re­don­né des conseils. Je les ai sui­vis et j'ai fa­ci­le­ment ga­gné 158. Elle était obli­gée de m'at­ta­quer et j'ai réus­si à gé­rer sans trop de pro­blèmes.»

Mau­vais dé­part fa­tal face à Na­var­ria

Avec ce suc­cès, l'épéiste grand­du­cale avait d'ores et dé­jà ac­com­pli sa mis­sion : elle fi­gu­rait dans le ta- bleau de 64. Mais, évi­dem­ment, elle était consciente que la suite se­rait très com­pli­quée : «En tant que der­nière qua­li­fiée, je sa­vais que j'al­lais hé­ri­ter de la n° 1 ou n° 2 mon­diale.» Et c'est fi­na­le­ment la meilleure épéiste du monde, l'Ita­lienne Ma­ra Na­var­ria, qui al­lait se re­trou­ver sur son che­min : «J'avais dé­jà ti­ré une fois contre elle aux cham­pion­nats d'Eu­rope à Tbi­lis­si et je l'avais bat­tue 15-14. Je sa­vais que c'était fai­sable mais que ce se­rait dur. Et mal­heu­reu­se­ment, j'ai une nou­velle fois mal dé­mar­ré en pre­nant 0-4 en moins d'une mi­nute. Par la suite, je suis re­ve­nue à deux touches. J'ai bien ré­agi, mais c'était trop tard. Mes ac­tions étaient belles mais face à la n° 1 mon­diale, on ne peut pas se per­mettre un aus­si mau­vais dé­part. Je m'in­cline 11-15 et je prends la 64e place.»

L'an­née 2019 dé­marre en tout cas beau­coup mieux que 2018. De quoi lui don­ner de la confiance alors que se pro­file dé­jà le pro­chain ren­dez­vous, dans deux se­maines, à Do­ha : «Sur 15 touches, je tire bien. Main­te­nant, je dois ab­so­lu­ment pro­gres­ser et faire plus d'ef­forts en poules si­non je vais avoir des pro­blèmes au Qa­tar.»

Lis Rot­tler-Fautsch (à d.) n'a été stop­pée que par l'Ita­lienne Ma­ra Na­var­ria, n° 1 mon­diale.

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