Le français à l’ère post­co­lo­nia­le

RENCONTRE Not­re re­tour sur les Jeux de la fran­co­pho­nie

Tageblatt (Luxembourg) - - Vorderseite - Jeff Schin­ker

Dans un pays à ten­si­ons in­ter­nes as­sez éle­vées, les Jeux de la fran­co­pho­nie à Abid­jan sont ar­ri­vés à ter­me sans ac­crocs ma­jeurs, le Lu­xem­bourg a dé­co­ché quat­re mé­dail­les pour un pal­marès as­sez sa­tis­faisant, une gran­de par­tie de la dé­lé­ga­ti­on grand-du­ca­le a été ma­la­de et le Wort ne trou­va ri­en de mieux à fai­re que de par­ler des pro­b­lè­mes in­tes­ti­n­aux des ath­lè­tes. Un bi­lan en huit points d’analyse.

L’une des pre­miè­res cho­ses à sau­ter aux yeux ou à l’esprit en Cô­te d’Ivoi­re, c’est la dé­cé­lé­ra­ti­on du temps, la re­la­ti­vité des in­di­ca­ti­ons hor­ai­res. Un ate­lier de rencontre d’écri­vains est cen­sé com­men­cer à 15.00 heu­res? Avec un peu de chan­ce, il dé­bu­te­ra à 16.00 heu­res.

Évi­dem­ment, l’Occi­dent ha­b­itué à vi­v­re en mé­ri­to­cra­tie se­ra frot­té à des si­tua­ti­ons où son hor­lo­ge d’em­ployé ha­b­itué à tra­vail­ler sous la pres­si­on d’un agen­da qui at­tend qu’il don­ne de son meil­leur dans un cré­neau fait de ren­dez-vous se­ra en op­po­si­ti­on avec la quiétu­de d’une cer­tai­ne dé­cé­lé­ra­ti­on tem­po­rel­le qui, au fi­nal, est fort agréa­ble, l’une des ex­pres­si­ons-clés qu’on nous lança à tout bout de champ étant un très im­pré­cis et va­gue „tout à l’heu­re“. Ce der­nier pou­vait ou bi­en dé­si­gner une tran­che hor­ai­re de trois mi­nu­tes (quand je pris le ba­teau pour me rend­re au pa­lais de la Cul­tu­re) ou cinq jours (quand j’es­sa­yai, dans la cham­bre que je par­ta­ge­ais avec Ser­ge Ecker, de nous or­ga­niser en­fin une cli­ma­ti­sa­ti­on qui fonc­tion­ne, et qu’on nous ré­pé­tait à plu­sieurs re­pri­ses que quel­qu’un al­lait bi­en­tôt ve­nir, un jeu­ne Af­ri­cain étant mê­me venu to­quer à la por­te à mi­nuit pour nous in­di­quer que, ça y était, cet­te fois-ci, quel­qu’un était vrai­ment sur le po­int de dé­bar­quer, tout par­al­lè­le avec „En at­ten­dant Go­dot“étant évi­dem­ment tout à fait for­tui­te).

Le flot­te­ment tem­po­rel, la dés­in­vol­tu­re, la dé­cé­lé­ra­ti­on nous rens­eig­nè­rent au fi­nal as­sez forte­ment sur la fa­çon dont nous Occi­den­taux, chi­ens pavlo­vi­ens con­di­ti­onnés par le néo­li­bé­ra­lis­me et la per­for­ma­ti­vité, cou­rons tou­jours après le temps, som­mes tou­jours en re­tard dès lors que nous nous fi­xons des re­pè­res, des ren­dez-vous, alors que là-bas, la no­ti­on mê­me de re­tard de­ve­n­ait in­o­pé­ra­toire et floue.

Quand, pour la fi­na­le de la lit­té­ra­tu­re, le ju­ry était prêt à dé­cer­ner les mé­dail­les aux trois ga­gnants (Raz­ak Re­né pour le Ni­ger, Ga­b­ri­el Ro­bich­aud pour le Ca­na­da et Mo­ha­med Mbou­gar Sarr pour le Sé­né­gal), il y eut un mo­ment d’at­ten­te un peu pé­ni­ble, pen­dant le­quel les or­ga­ni­sa­teurs du­rent s’ex­cu­ser en bre­douil­lant qu’il y avait un der­nier dé­tail à rég­ler.

Ce dé­tail à rég­ler, je l’app­ren­d­rais bi­en plus tard, était dû au fait que les trois po­teaux sur les­quels on al­lait his­ser les dra­peaux na­tionaux des mé­dail­lés, étai­ent trop grands pour tenir de­bout dans l’au­di­to­ri­um de la Bi­b­lio­thèque na­tio­na­le où eut lieu la cé­ré­mo­nie.

Il fal­lait donc les scier, ces po­teaux, ce qui cau­sa un re­tard d’une ving­tai­ne de mi­nu­tes (ils sci­ent vi­te, quand mê­me, si j’avais dû m’y prend­re, moi, on en se­rait en­co­re à at­tendre la re­mi­se des mé­dail­les).

Bel­le mé­ta­pho­re, me su­is-je dit, cet­te an­ec­do­te, pour ex­pri­mer l’in­com­pa­ti­bi­lité ent­re l’as­pect com­pé­ti­tif des di­sci­pli­nes spor­ti­ves et la créa­ti­on ar­tis­tique.

Car il est évi­dem­ment pro­b­lé­ma­tique de cou­ron­ner des ar­tis­tes et leurs créa­ti­ons par des mé­dail­les. Là où, en sport, les cho­ses se chif­frent de fa­çon pré­cise, en art, un tel pro­cédé est à la fois ar­ti­fi­ciel et so­u­mis au goût per­son­nel des mem­bres du ju­ry.

Cer­tes, il y a des critè­res pour ju­ger de la qua­lité d’une oeu­vre, mais au con­trai­re d’une cri­tique jour­na­lis­tique, où l’au­teur s’en­ga­ge à ne re­pré­sen­ter que son avis per­son­nel (quit­te à ce que cet­te éva­lua­ti­on soit éla­bo­rée par re­cours à des stan­dards et des at­ten­tes es­thé­ti­ques ob­jec­tives), et d’un prix lit­tér­ai­re, où l’on cou­ron­ne une oeu­vre sans en éli­mi­ner d’au­tres, les mé­dail­les et leur esprit com­pé­ti­tif sont une ab­er­ra­ti­on, ce que chaque par­ti­ci­pant tout com­me les mem­bres du ju­ry n’ont eu de ces­se de sou­li­gner.

Alors, plu­tôt que de con­ti­nu­er à dis­tri­buer des mé­dail­les, il se­rait peut-êt­re pré­fé­ra­ble de re­cour­ir à des men­ti­ons, gen­re, tex­te le plus au­da­cieux, tex­te à la meil­leu­re maî­tri­se sty­lis­tique et j’en pas­se.

On a pu li­re, en cours de la se­mai­ne der­niè­re, dans le Wort, que la dé­lé­ga­ti­on lu­xem­bour­geoi­se souf­frait de cram­pes sto­ma­ca­les et de trou­bles in­tes­ti­n­aux.

Il est vrai qu’une sor­te d’épi­dé­mie, là-bas, nous mit qua­si­ment tous, à tour de rô­le ou con­join­te­ment, à bas. Mais plu­tôt que de ver­ser dans un tel jour­na­lis­me de mer­de (ex­cu­sez le jeu de mots), je préfè­re dire qu’on a pu ob­ser­ver, dans la dés­in­vol­tu­re et la dés­in­hi­bi­ti­on qui suc­cè­de à une tel­le gé­né­ra­li­sa­ti­on des trou­bles in­tes­ti­n­aux, une sor­te de fré­né­sie ver­ba­le ra­belai­si­en­ne. Car Ra­belais, on s’en rap­pel­le, pre­n­ait un énor­me plai­sir à fai­re par­ler ses Pan­ta­gru­el et Gar­gan­tua d’en­g­lou­tis­se­ment de mets, mais aus­si des con­séquen­ces post­pran­dia­les bio­lo­gi­ques de ces fes­tins. Com­me quoi, la souf­fran­ce com­mu­ne crée des li­ens.

Dieu est om­ni­pré­sent en Cô­te d’Ivoi­re – que ce soit sur les om­ni­prés­ents ta­xis (cou­leur oran­ge, com­me pour ren­forcer l’om­ni­pré­sence de l’en­tre­pri­se françai­se épony­me), per­son­na­li­sés par des slo­gans com­me „Dieu est fort“et ain­si de sui­te, ou dans les con­ver­sa­ti­ons avec la po­pu­la­ti­on in­di­gè­ne, qui fi­nit chaque rencontre sur un „Que Dieu te bé­nis­se“qui

La dé­cé­lé­ra­ti­on tem­po­rel­le à Abid­jan con­tras­te avec la fa­çon dont nous Occi­den­taux, chi­ens pavlo­vi­ens du néo­li­bé­ra­lis­me, cou­rons tou­jours après le temps

met l’Occi­den­tal athée qu’on est mal à l’ai­se – je me sur­prends, à chaque fois, par mur­mu­rer, en gui­se de ré­pon­se, quel­que cho­se com­me „Bon cou­ra­ge“ou „Ex­cel­len­te jour­née“tout en me di­sant qu’ils doiv­ent nous trou­ver un peu bi­zar­res.

Au vu de la con­du­i­te qua­si­ment sui­ci­dai­re – lors d’un tra­jet en bus avec l’au­teu­re bel­ge Jus­ti­ne La­lot où not­re chauf­feur de bus, es­cor­té par un po­li­cier sur mo­to­cy­clette, se liv­ra à des acro­ba­ties di­g­nes d’une cour­se-pour­sui­te de film d’ac­tion avec sla­loms, frei­na­ges brus­ques et pas­sa­ge sur la vo­ie op­po­sée – je pen­se qu’il faut vrai­ment avoir la foi.

Par ail­leurs: oui, nous fû­mes non seu­le­ment com­me en­fer­més dans un ghet­to dans le vil­la­ge ex­pres­sé­ment con­struit pour les Jeux de la fran­co­pho­nie, mais nous eû­mes aus­si droit à des es­cor­tes po­li­ciè­res, un peu com­me ces per­son­nes de très hau­te im­port­an­ce, ce qui me mit mal à l’ai­se.

L’en­cadre­ment du mi­nis­tè­re de la Cul­tu­re pen­dant les Jeux de la fran­co­pho­nie fut, pour le dire gen­ti­ment, d’une in­vi­si­bi­lité tout à fait char­man­te (puis­que ce­la nous lais­sa, quand nous n’éti­ons pas ma­la­des, plein de li­ber­tés).

Après not­re ar­ri­vée jeu­di soir, où nous fû­mes brie­fés sur les mil­le et un dan­gers que nous al­li­ons ren­con­trer pen­dant not­re séjour si nous ne nous en te­ni­ons pas ex­ac­te­ment aux con­signes de sé­cu­rité, nous re­vî­mes l’em­ployé du mi­nis­tè­re de la Cul­tu­re, un bon­hom­me par ail­leurs tout à fait sym­pa­thi­que, le vend­re­di ma­tin, où il nous ré­pé­ta qu’il ne fal­lait ja­mais se rend­re nul­le part sans ac­com­pa­gne­ment, sui­te à quoi on ne le re­vit plus guè­re, char­gé qu’il fut en­sui­te d’as­sis­ter à des con­fé­ren­ces mi­nis­té­ri­el­les. Qu­es­ti­on qui se po­se: pour­quoi en­voy­er quel­qu’un pour en­cad­rer une dé­lé­ga­ti­on si cet­te per­son­ne est dé­bor­dée par d’au­tres ac­tivités par­al­lè­les? Com­ment le mi­nis­tè­re pour­rait-il un jour se dé­par­tir de son image d’une ban­de de fonc­tion­nai­res gras­se­ment payés s’il la cul­ti­ve par lui-mê­me?

Lors des lec­tu­res pu­bli­ques, l’on put no­ter à plu­sieurs re­pri­ses, et notam­ment lors des pri­ses de pa­ro­les des mem­bres du ju­ry, un éton­ne­ment face à cer­ta­ins tex­tes d’Occi­den­taux qui „osè­rent“, pour ain­si dire, pro­b­lé­ma­ti­ser des ques­ti­ons po­li­ti­ques du Moy­en-Ori­ent et évo­quer par ex­emp­le avec em­pa­thie le sort de ré­fu­giés.

Je trou­vai ce­la ré­vol­tant pour trois rai­sons pré­ci­ses: d’un, par­ce que l’image en fi­li­gra­ne d’un Occi­dent in­dif­fé­rent qui fut bros­sé de la sor­te ne col­le au­cu­n­e­ment à une réa­lité où bon nom­bre de per­son­nes en­ga­gées tra­vail­lent à un ac­cueil et une in­té­gra­ti­on sans heurts de ces mê­mes ré­fu­giés, de deux par­ce qu’il me sem­blait que la lit­té­ra­tu­re per­met­tait, pré­cisé­ment, d’ima­gi­ner du vé­cu plu­tôt que de le re­la­ter, d’en par­ler com­me d’une ex­pé­ri­ence pos­si­ble en se met­tant em­pa­thi­que­ment dans la peau d’un ou d’une aut­re, de trois par­ce qu’à par­tir de tels com­men­taires res­sur­gis­sent des sé­gré­ga­ti­ons na­tio­na­lis­tes là où la fran­co­pho­nie en tant que tel­le se dev­rait de les dé­pas­ser, de tels réfle­xes na­tio­na­lis­tes.

Rai­son pour laquel­le je pro­po­se, à l’ave­nir, pour les ar­tis­tes, que le ju­ry ne soit plus en pos­ses­si­on d’in­di­ca­ti­ons re­la­ti­ves à l’ap­par­ten­an­ce na­tio­na­le du créa­teur – car dès que l’on est en con­nais­sance de cau­se, l’on ne peut s’em­pêcher que de tels cli­chés na­tio­na­lis­tes – le pa­ra­dis fis­cal pour le Lu­xem­bourg et la Suis­se, l’image du co­lo­ni­sa­teur pour la Bel­gi­que et la Fran­ce – sur­gis­sent.

La cho­se la plus res­ple­ndis­san­te de ces Jeux de la fran­co­pho­nie, ce fut, et ce­la au­ra peut-êt­re l’air d’un cli­ché, l’éch­an­ge cul­tu­rel avec les au­tres ar­tis­tes.

On peut en app­rend­re beau­coup sur l’uti­li­sa­ti­on de la lan­gue françai­se dans d’au­tres con­trées, sur l’ac­cent qué­bé­cois, sur les us et cou­tumes et les con­di­ti­ons de vie dans le Ni­ger en se do­cu­men­tant et en faisant de la re­cher­che, mais ri­en ne vaut le té­moi­gna­ge di­rect, glis­sé dans une con­ver­sa­ti­on et un dia­lo­gue bi­en huilés, par un au­teur qui sait évo­quer et dé­cri­re des cho­ses. C’est ain­si que Ga­b­ri­el Mar­coux-Cha­bot, qui se fit l’in­ven­teur d’une sor­te de nov­lan­gue ca­na­di­en­ne dans son ré­cit d’an­ti­ci­pa­ti­on, me ra­con­ta la com­ple­xité de la si­tua­ti­on po­li­tique ca­na­di­en­ne pour ex­pli­quer la pré­sence de trois dé­lé­ga­ti­ons ca­na­di­en­nes dif­fé­ren­tes (le Ca­na­da et le Qué­bec, s’en­t­end, mais éga­le­ment le Nou­veau Brunswick).

Plus tard, alors que nous ren­tri­ons par ba­teau de l’en­re­gis­tre­ment de l’émis­si­on „La dan­se des mots“sur RFI ani­mée par le fort ai­ma­ble Yvan Amar, ce fu­rent Raz­ak Re­né du Ni­ger et Mi­reil­le As­si­ba Gan­de­ba­gni du Bé­nin qui m‘évo­què­rent leurs pays na­tals, Raz­ak me dé­cri­vant la chal­eur de four­nai­se du Ni­ger, le la­beur im­pres­si­onnant de ses com­pa­trio­tes sous un soleil im­pi­toya­ble, son tra­vail d’au­to­ma­ti­ci­en, (qui con­sis­te à con­strui­re des au­to­ma­tes qui se char­gent de tâches qui in­com­be­rai­ent nor­ma­le­ment aux hom­mes), le man­que d’al­pha­bé­ti­sa­ti­on de son pays.

Au cours de l’or­ga­ni­sa­ti­on en soi im­pecca­ble (mê­me si, je l’ai évo­qué, tout ce­la fut un gi­gan­tes­que „Work in Pro­gress“, au po­int qu’un bon­hom­me joyeux sur­git la veil­le de la cé­ré­mo­nie de clô­tu­re pour nous in­for­mer qu’il al­lait nous in­stal­ler du Wi­fi gra­tos, qu’on at­ten­dait de­pu­is des lustres), on sen­tait, en­tou­rés qu’on était de mi­li­ce, de po­li­ciers, de vi­gi­les, de CRS ivoiri­ens (tout est cal­qué sur le mo­dè­le français), une vo­lon­té de bi­en fai­re et de se mon­trer (plus qu’) ac­cu­eil­lants, un ef­fort qui fut cou­ron­né de suc­cès.

Alors, si le le peup­le ivoiri­en a cer­tes éprou­vé une gran­de fier­té d’avoir réus­si le pa­ri d’une édi­ti­on des Jeux de la fran­co­pho­nie bi­en mieux or­ga­ni­sés que leur ho­mo­lo­gue niçois d’il y a quat­re ans (où, se­lon les di­res de chaque té­moin ren­con­tré, l’or­ga­ni­sa­ti­on fut ca­ta­stro­phi­que) et si le gou­ver­ne­ment a bé­né­fi­cié d’un sou­ti­en fi­nan­cier de 11,5 mil­li­ons d’eu­ros de la part du CIJF, qui éma­ne de l’OIF(1), il faut pour­tant se de­man­der s’il est bon qu’un pays où règ­ne la pau­vre­té di­la­pi­de des som­mes im­port­an­tes pour l’or­ga­ni­sa­ti­on de tels jeux, dont il est peu cer­tain que le ren­de­ment ou le rayon­ne­ment spor­tif et cul­tu­rel qui s’en­suiv­ra soit à la hau­t­eur des som­mes dé­pen­sées, d’au­tant plus que, se­lon Le

Po­int, „le gou­ver­ne­ment n’a pas so­u­haité dé­voi­ler le coût des tra­vaux d’in­fra­struc­tu­res, à sa char­ge“.

Ce­lui qui était sur place, a cer­tai­ne­ment pu ob­ser­ver que ces nou­vel­les in­fra­struc­tu­res – le vil­la­ge, la ré­no­va­ti­on du pa­lais des Sports – ont dû coû­ter les yeux de la tête.

La cé­ré­mo­nie d’ou­ver­tu­re, avec ses feux d’ar­ti­fices pom­peux, était pro­gram­ma­tique d’un tel cli­va­ge ent­re dé­pen­ses ou­tran­ciè­res pour se­mer – vé­ri­ta­ble­ment – de la poud­re aux yeux et les réa­lités so­cia­les ob­serva­bles par­tout ail­leurs dans Abid­jan.

Il faut se de­man­der s’il est bon qu’un pays où règ­ne la pau­vre­té di­la­pi­de des som­mes im­port­an­tes pour l’or­ga­ni­sa­ti­on de tels jeux

(1) On sait l’amour des français pour les acro­ny­mes, on sait aus­si le plai­sir qu’on peut prend­re à cher­cher ce que de tels acro­ny­mes cachent. On vous fa­ci­li­te la tâche: CIJF, c’est pour Co­mité in­ter­na­tio­nal des Jeux de la fran­co­pho­nie, OIF, c’est pour Or­ga­ni­sa­ti­on in­ter­na­tio­na­le de la fran­co­pho­nie. De ri­en.

Di­man­che der­nier eut lieu la cé­ré­mo­nie de clô­tu­re de la hui­tiè­me édi­ti­on des Jeux de la fran­co­pho­nie. La dé­lé­ga­ti­on lu­xem­bour­geoi­se y rem­por­ta quat­re mé­dail­les. Not­re re­tour sur les évé­ne­ments et les éch­an­ges qui y eu­rent lieu.

La mé­dail­le de bron­ze en sculp­tu­re est dé­cer­née à Ser­ge Ecker et son oeu­vre „Gril­le d’Ivoi­re“

Newspapers in German

Newspapers from Luxembourg

© PressReader. All rights reserved.