- Roo­pa Ra­ma­saw­my, le sou­rire der­rière les draps propres

Côte Nord - - SOMMAIRE -

Le suc­cès de l’hô­tel­le­rie mau­ri­cienne re­pose sur les gens bien plus que les plages et les hô­tels comme en té­moignent les vi­si­teurs. Si l’on ren­contre beau­coup d’em­ployés du sec­teur qui sont en contact di­rect avec le client, tou­ro­pé­ra­teurs, chauf­feurs, ré­cep­tion­nistes, ser­veurs, entre autres, la grande ma­jo­ri­té est in­vi­sible. Et pour­tant, ils sont es­sen­tiels au bon dé­rou­le­ment de l'in­dus­trie. Roo­pa­mah Ra­ma­saw­my, Roo­pa pour les in­times, est de ceux- là. Buan­dière au LUX* Belle Mare, elle joue un rôle ca­pi­tal dans la pro­pre­té du linge dans les chambres, les res­tau­rants et les uni­formes du per­son­nel.

Roo­pa a tou­jours vou­lu tra­vailler dans l’hô­tel­le­rie. C’est la fer­me­ture des dif­fé­rentes usines de tex­tile où elle a tra­vaillé pen­dant une di­zaine d’an­nées qui va fi­na­le­ment la pous­ser à in­té­grer ce sec­teur il y a presque douze ans. Un chan­ge­ment pas tou­jours simple à gé­rer avec des heures de tra­vail par­fois longues, lui de­man­dant beau­coup de sa­cri­fices d'au­tant que l'un de ses en­fants est dé­fi­cient men­tal, qui exige beau­coup de temps et d’at­ten­tion. Si au­jourd’hui il a 15 ans et a trou­vé un pe­tit bou­lot dans une bou­tique de pro­duits de prière, jusque là Roo­pa de­vait em­bau­cher des per­sonnes pour s’oc­cu­per de lui en son ab­sence. Éle­vant seul cet en­fant et ses deux soeurs, dont l’une est ma­riée main­te­nant, Roo­pa garde quand même tou­jours le sou­rire. Ce qui fait d’elle une em­ployée très po­pu­laire qui a dé­jà été ré­com­pen­sée pour son ex­cel­lente per­for­mance par ses pairs. Elle connaît tout le monde à l’hô­tel. Et pour cause, c’est à elle que les em­ployés s’adressent quand ils viennent ré­cu­pé­rer leurs uni­formes. « C’est le mo­ment idéal pour par­ler et ta­qui­ner les ca­ma­rades » , avoue- t- elle. En dé­pit de longues jour­nées et du vo­lume consi­dé­rable de tâches à ef­fec­tuer, elle ne se dé­par­tit ja­mais de sa bonne hu­meur. Cette ha­bi­tante de Bonne Mère est de­bout à 04h30. Après ses prières du ma­tin, elle pré­pare le pe­tit- dé­jeu­ner, s’oc­cupe du re­pas­sage, pré­pare le né­ces­saire pour son fils, avant de quit­ter la mai­son à 06h30 pour ar­ri­ver à l’hô­tel quinze mi­nutes plus tard. Elle ren­tre­ra vers 16h45, si elle ne cu­mule pas le shift du soir. Roo­pa n’a pas de tâche fixe comme à l’usine et elle est sou­vent dé­lé­guée par son su­per­vi­seur, Fei­sal, à dif­fé­rents postes car elle com­prend tous les rouages de la buan­de­rie. Elle na­vigue sans cesse entre les tables de re­pas­sage où elle peut trai­ter jus­qu’à 300 pièces par jour, les lave- linge et la dis­tri­bu­tion. « Nous trai­tons deux types de linge, le pre­mier, ceux des clients, et en­suite ceux de l’hô­tel. Pour les clients, toutes les pièces sont la­vées et re­pas­sées ici, sauf celles qui de­mandent à être en­voyées au net­toyage à sec. Pour l’hô­tel, la ma­jo­ri­té du linge, draps et ser­viettes, est en­voyée à une so­cié­té de net­toyage pri­vée mais nous trai­tons par­fois des de­mandes ur­gentes. Ce sont sur­tout les ser­viettes à main, les ser­viettes pour vi­sage ( entre 800 et 1 000), les uni­formes des em­ployés ( en­vi­ron 450 par jour) qui sont la­vés ici. À sa­voir que les uni­formes de cui­sine sont la­vés sé­pa­ré­ment » , ex­plique Roo­pa. Et mal­gré le vo­lume de tra­vail et la di­ver­si­té, elle as­sure qu’il n’y a ja­mais de re­proche car le sys­tème est bien ro­dé comme du pa­pier à mu­sique. Ce qui contri­bue au bon­heur des em­ployés, des clients et de l’in­dus­trie hô­te­lière.

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