Une es­ca­pade au fil des sen­teurs et des sa­veurs

Côte Nord - - SOMMAIRE -

L’île de la Réu­nion est une des des­ti­na­tions par ex­cel­lence pour éveiller les sens, vivre des ex­pé­riences au­then­tiques qui sont le re­flet de l’art de vivre lo­cal. Ins­pi­rante, char­meuse, en­voû­tante, cette île se dé­voile par une mul­ti­tude de fa­cettes. Nous vous convions à une es­ca­pade tour­née vers les sen­teurs et les sa­veurs pour une im­mer­sion dans des lieux char­gés d’his­toire où vous fe­rez la ren­contre d’ha­bi­tants, conteurs du pa­tri­moine réu­nion­nais. Au me­nu : canne à sucre, co­co, va­nille, ca­fé, fruits péi, thé blanc et sur­tout un ate­lier de cui­sine.

Que

vous vi­si­tiez La Réu­nion pour la pre­mière fois ou que vous soyez un fi­dèle de la des­ti­na­tion, il est dif­fi­cile de ré­sis­ter au charme de cette île et de son riche pa­tri­moine agri­cole que l’on dé­couvre à tra­vers des sen­tiers qui mènent chez une po­pu­la­tion dé­si­reuse de le sau­ve­gar­der et de le par­ta­ger. Tout au long de cette es­ca­pade on se rend vite à l’évi­dence que chaque ré­gion a sa spé­cia­li­té. Saint- Phi­lippe est sur­tout connue pour la va­nille, Saint- Jo­seph pour le cur­cu­ma et les hauts de l'ouest pour le par­fum des gé­ra­niums, et vous croi­se­rez à coup sûr des pro­duc­teurs en al­lant vers le Mai­do. Pour se mettre dans le bain, on ne pour­rait pas mieux vous pro­po­ser que le mar­ché fo­rain de Saint- Paul. C’est l’antre des épices et des fruits lo­caux. Vous y trou­ve­rez éga­le­ment des pro­duc­teurs de va­nille, d’huiles es­sen­tielles péi. C’est d’ailleurs ce mar­ché qui a sus­ci­té en nous l’en­vie de vivre cette île à tra­vers ses sen­teurs et ses sa­veurs. Nous vous conseillons éga­le­ment le mar­ché de Saint- Pierre qui se tient tous les sa­me­dis. Sa­viez- vous qu’il a été élu le troi­sième plus beau mar­ché de France ? Ce mar­ché est notre coup de coeur, nous avons été char­mé par l’at­mo­sphère qui y règne.

La fa­meuse va­nille bleue…

La Réu­nion est em­blé­ma­tique pour sa va­nille, or­chi­dée qui fut im­por­tée dans l’île au tout dé­but du XIXe siècle. Pour la pe­tite his­toire, c’est un jeune es­clave réu­nion­nais, Ed­mond Al­bius, pas­sion­né de bo­ta­nique, qui eut l’idée de réunir les or­ganes mâle et fe­melle de la plante pour ré­soudre l’énigme de sa fé­con­da­tion ar­ti­fi­cielle. Pour tout sa­voir sur l'en­semble du pro­ces­sus de plan­ta­tion, trans­for­ma­tion, condi­tion­ne­ment de la va­nille tra­di­tion­nelle, notre choix s’est por­té sur L’Es­cale Bleue qui se trouve au Trem­blet, dans la com­mune de Saint- Phi­lippe. Les rai­sons : c’est le pre­mier ate­lier de trans­for­ma­tion de va­nille de cette com­mune et c’est éga­le­ment l’un des plus an­ciens pré­pa­ra­teurs de va­nille de l’île. La vi­site pro­met d’être en­ri­chis­sante et char­gée de sen­teurs su­crées. L’Es­cale Bleue dé­tient le la­bel d’État « En­tre­prise du pa­tri­moine vert. » Ce qui dé­marque cette vi­site des autres, c’est sans nul doute la dé­cou­verte de la va­nille bleue, une va­nille ré­vo­lu­tion­naire, dé­ve­lop­pée et bre­ve­tée par Es­cale Bleue, avec la spé­ci­fi­ci­té de pou­voir se man­ger en­tiè­re­ment. Les maîtres des lieux, Ai­mé et Ni­cole Leich­nig vous li­vre­ront les se­crets de cette va­nille d’ex­cep­tion, qui se dé­marque par sa fi­nesse et sa dou­ceur. Cette pro­duc­tion est culti­vée lo­ca­le­ment en sous- bois, en mi­lieu to­ta­le­ment na­tu­rel. Ce n’est qu’après neuf mois mi­ni­mum qu’elle se­ra ré­col­tée afin de lais­ser les gousses ar­ri­ver à pleine ma­tu­ri­té, pour un po­ten­tiel d’arôme op­ti­mal. Vient en­suite un af­fi­nage long et mi­nu­tieux, qui du­re­ra en­vi­ron deux ans. En tout, plus de 1 500 heures de tra­vail se­ront né­ces­saires à la réa­li­sa­tion d’un ki­lo de va­nille bleue, soit un tra­vail trois fois plus long et in­tense que pour une va­nille clas­sique. Grâce à cette vi­site gui­dée, vous re­par­ti­rez avec tous les conseils né­ces­saires pour dis­tin­guer les bonnes va­nilles.

… et la Bour­bon

C’est in­con­tes­ta­ble­ment la reine des sa­veurs. Im­pos­sible de vi­si­ter l’île sans s’at­tar­der dans une plan­ta­tion de va­nille Bour­bon. Le choix se porte sur La Plan­ta­tion Va­nilla Bour­bon, lo­vée à Sain­teRose, à 300 mètres d’al­ti­tude. C’est là que pousse cette va­nille très ap­pré­ciée des grands chefs de la gas­tro­no­mie. L’ex­ploi­ta­tion s’étale sur cinq hec­tares et se trouve en pleine fo­rêt, sur une an­cienne cou­lée de lave da­tant de 1708 et est en­tou­rée de nom­breuses es­pèces en­dé­miques. Ma­ryse et Vincent vous in­vitent, le temps d’une vi­site de deux heures, à la dé­cou­verte des se­crets de la culture de la va­nille Bour­bon. Vous sau­rez tout de la plan­ta­tion, de la liane à la trans­for­ma­tion de la gousse de va­nille, et des prin­ci­pales cultures des va­nilliers. La vi­site se pour­suit dans la fo­rêt pri­maire. On y re­trouve des es­pèces en­dé­miques, in­di­gènes et exo­tiques. La plan­ta­tion Va­nilla- Bour­bon compte plus de 9 000 pieds de va­nille, un champ de pa­payers, une pal­me­raie et un ver­ger créole. Une fois la vi­site ter­mi­née, quelques gousses de va­nille dans la va­lise, vous n’au­rez qu’une en­vie, c’est de concoc­ter un bon ca­nard à la va­nille, ou tout sim­ple­ment un cur­ry de pou­let à la va­nille avant de ter­mi­ner par un gâ­teau- pa­tate à la va­nille…

Le roi des ca­fés

Votre me­nu se­rait in­com­plet s'il ne se ter­mi­nait pas par un bon ca­fé péi. At­ten­tion pas n’im­porte le­quel, un ca­fé Bour­bon poin­tu ! Cette es­ca­pade « ca­féi­née » ne pou­vait mieux tom­ber. Nous sommes tou­jours dans le Sud Sau­vage, à Grand Coude où La Mai­son du Lau­ri­na, pro­duc­teur et trans­for­ma­teur du Ca­fé Lau­ri­na Bour­bon Poin­tu, nous ouvre ses portes. Jacques et Ma­rie- Claude vous donnent ren­dez- vous pour une vi­site très en­ri­chis­sante. Elle com­mence à la pé­pi­nière pour se ter­mi­ner de­vant le pro­duit fi­ni, une tasse de ca­fé Bour­bon poin­tu. C’est à pied que nous nous di­ri­geons vers les plan­ta­tions de ca­féiers qui se dressent de­vant nous à en­vi­ron 4 000 pieds de hau­teur sur une su­per­fi­cie de 15 000 m2. Les sens sont en éveil. Tout le pro­ces­sus est abor­dé ; de la pé­pi­nière en pas­sant par la pro­duc­tion de plants, la plan­ta­tion des pieds, la flo­rai­son, puis la ré­colte des ce­rises. Pour la suite, un pe­tit tour à l’usine s’im­pose. La par­tie char­nue du fruit est en­le­vée, on passe en­suite à la trans­for­ma­tion, le dé­cor­ti­cage, le tri, la tor­ré­fac­tion et le condi­tion­ne­ment pour la vente. Pour la suite, un pe­tit tour au mu­sée s'im­pose, là où l’his­toire du ca­fé est dé­voi­lée à tra­vers des scripts, de vieilles ma­chines, et de vieux us­ten­siles

pour le ca­fé. Ma­rie- Claude et Jacques se fe­ront un plai­sir de vous pré­sen­ter les pro­duits qu’ils fa­briquent : bien évi­dem­ment le ca­fé Bour­bon poin­tu, la ge­lée de ca­fé Bour­bon, des li­queurs, de la crème de ca­fé, des sa­blés. Im­pos­sible d’y ré­sis­ter !

Un sa­vou­reux thé réu­nion­nais

Si on vous di­sait que La Réu­nion abrite l’unique plan­ta­tion de thé blanc en France, vous se­riez cer­tai­ne­ment sur­pris ! Elle se trouve dans les hauts de l’île, dans un vil­lage qui bé­né­fi­cie d’un mi­cro­cli­mat adé­quat pour la plan­ta­tion de thé, et qui offre un des plus beaux pay­sages de l’île. Nous sommes à Grand Coude où, il y a une dou­zaine d’an­nées, Joh­ny et Em­ma­nuelle ont dé­ci­dé de re­le­ver un pa­ri fou, ce­lui de créer le La­by­rinthe en Champ Thé. D’ailleurs, leurs champs de thé sont is­sus des plan­ta­tions des an­nées 1950 dont la culture avait ces­sé en 1972, pé­riode pen­dant la­quelle le thé de la Réu­nion fut connu comme l'un des trois meilleurs au monde. C'est en 2005 que le couple re­lance l'his­toire de cette pro­duc­tion. Plan­ta­tion, ré­colte, trans­for­ma­tion, dé­gus­ta­tion, vous dé­cou­vri­rez le thé dans tout son en­semble. Ils cueillent et trans­forment les feuilles ré­col­tées en thé blanc et thé vert, na­ture ou par­fu­mé. Le guide vous ac­com­pagne sur le cir­cuit à la dé­cou­verte du breu­vage em­blé­ma - tique, de son his­toire à La Réu­nion, de la fa­bri­ca­tion, à la dé­cou­verte du gé­ra­nium et de son alam­bic ; puis, vi­site à tra­vers la fo­rêt de théiers et dé­gus­ta­tion des pro­duits de la ferme dont le thé blanc. Le thé blanc de Grand Coude se goûte na­ture ou aro­ma­ti­sé à la can­nelle, à la ci­tron­nelle et même au gé­ra­nium Ro­sat. À consom­mer sans mo­dé­ra­tion !

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