L’île aux sen­sa­tions fortes

Côte Nord - - REUNION -

La Réu­nion est une île où l’on ne s’en­nuie ja­mais. Les na­rines en­va­hies par dif­fé­rentes sen­teurs et les pa­pilles se re­met­tant d’une in­fu­sion de sa­veurs, nous pour­sui­vons notre sé­jour réu­nion­nais par une bouf­fée d’air frais ac­com­pa­gnée d’émo­tions pures et in­tenses que nous pro­curent des ac­ti­vi­tés sur­pre­nantes et dy­na­miques.

Si comme nous, vous ima­gi­nez que le voyage c’est sor­tir des sen­tiers bat­tus pour vivre un vé­ri­table sen­ti­ment de li­ber­té et de dé­pas­se­ment de soi, nous vous in­vi­tons à suivre nos pas pour dé­cou­vrir des pay­sages d’ex­cep­tion en s’es­sayant à des ac­ti­vi­tés en pleine na­ture. Étant sur une île, il nous était in­ima­gi­nable de pour­suivre notre sé­jour dans l’île In­tense sans s’ar­rê­ter un mo­ment pour contem­pler le beau la­gon qui l’en­toure. Nous avons fait confiance à La­gon Réu­nion pour une ini­tia­tion au kayak trans­pa­rent. Ce qui nous per­met à tra­vers cette ac­ti­vi­té lu­dique de dé­cou­vrir une bio­di­ver­si­té pré­ser­vée. C’est à Trou d’Eau dans l’ouest de l’île, une côte bor­dée de ré­cifs co­ral­liens, que nous nous lais­sons ten­ter par cette ac­ti­vi­té peu or­di­naire. Une fois in­for­més des pré­cau­tions à prendre pour ne pas en­dom­ma­ger les co­raux et de la ré­gle­men­ta­tion pour pré­ser­ver l’en­vi­ron­ne­ment ma­rin, la dé­cou­verte d’un aqua­rium na­tu­rel com­mence. Ac­com­pa­gnés d’un guide, nous pro­fi­tons de la vie du la­gon à me­sure que la faune et la flore ma­rine dé­filent sous nos yeux. Le kayak trans­pa­rent offre une pers­pec­tive dif­fé­rente des pro­me­nades en em­bar­ca­tion conven­tion­nelle. Le guide, for­mé par la Ré­serve

Na­tu­relle Ma­rine de La Réu­nion, n’est pas à court d’in­for­ma­tions. Cette ba­lade au rythme du la­gon se pour­suit sur la plage par un cock­tail pour ad­mi­rer un ma­gni­fique cou­cher du so­leil. Res­tons dans l’uni­vers ma­rin. Mais cette fois nous vous em­me­nons un peu plus loin du ri­vage pour dé­cou­vrir les cé­ta­cés. De nom­breux pres­ta­taires pro­posent ces sor­ties, libre à vous de faire votre choix. Port d’em­bar­que­ment : Saint- Gilles. Un mo­ni­teur de plon­gée ex­pé­ri­men­té nous ac­com­pa­gne­ra. Pas­sion­né par ces mam­mi­fères ma­rins, il était im­pos­sible de lais­ser pas­ser une oc­ca­sion de les voir dans leur ha­bi­tat na­tu­rel. Cap vers le large. L’ob­jec­tif : ren­con­trer un banc de dau­phins. L’at­tente n’est pas longue. Com­bi­nai­son de plon­gée, palmes, masque, tu­ba : nous sommes pa­rés. La ma­gie est ins­tan­ta­née. La nage avec les dau­phins se fait dans le plus grand res­pect de la charte d’ap­proche. Chaque se­conde pas­sée dans l’eau est une pure mer­veille qu’on goûte sans mo­dé­ra­tion. Nos at­tentes as­sou­vies, c’est l’heure de ren­trer. Pour ceux vou­lant plus de sen­sa­tions, nous vous conseillons de pla­ni­fier votre voyage pen­dant l’hi­ver aus­tral pour pou­voir ad­mi­rer le ma­gni­fique bal­let des ba­leines et se lais­ser ber­cer par son chant. L’eau étant un élé­ment qui nous plaît et dans le­quel nous nous sen­tons à l’aise, nous avons dé­ci­dé de consa­crer deux jour­nées en­tières à une es­ca­pade dans l’est de l’île.

Nous avons tel­le­ment en­ten­du par­ler du ca­nyon du Trou Blanc dans le cirque de Sa­la­zie, qu’il fal­lait à tout prix es­sayer ce par­cours aqua­tique et lu­dique. Adré­na­line et sen­sa­tions fortes sont as­su­rées avec En­ver­gure Réu­nion qui compte une équipe de pro­fes­sion­nels confir­més. Deux choses pri­mor­diales avant de se lan­cer : il faut sa­voir na­ger et sur­tout ne pas être su­jet aux ver­tiges. À notre dis­po­si­tion: com­bi­nai­son néo­prène de 5 mm d’épais­seur, pour amor­tir les chocs et nous gar­der au chaud, le bau­drier pour les des­centes en rap­pel, le gros bi­don étanche pour trans­por­ter notre casse- croûte. Il faut 45 mi­nutes de marche pour at­teindre le point de dé­part. Ce ca­nyon est connu pour ses to­bog­gans et il est idéal pour s’ini­tier à la des­cente en rap­pel. La des­cente du ca­nyon de Trou Blanc est un en­chaî­ne­ment de marche, de glis­sades, de nage et de sauts de plu­sieurs mètres dans des bas­sins d’eau lim­pide. Cette sor­tie per­met de dé­cou­vrir l’his­toire géo­lo­gique de La Réu­nion, de se re­trou­ver nez à nez avec des dé­cors gran­dioses, de tra­ver­ser des tun­nels hauts de plu­sieurs mètres et sur­tout de se dé­cou­vrir une âme aven­tu­rière. Vous se­rez de re­tour après sept heures vé­cues à fond. Le deuxième must de cette belle ré­gion de l’île, qui bé­né­fi­cie de la gé­né­ro­si­té des pré­ci­pi­ta­tions pour ali­men­ter les ri­vières, est de faire du raf­ting dans la ri­vière des Mar­souins. Une fois la com­bi­nai­son, le gi­let et le casque vê­tus, nous sui­vons le guide d’Oa­sis Eaux Vives pour une sor­tie qui pro­met, après celle de la veille, des fris­sons et sur­tout du plai­sir à re­pous­ser ses li­mites. Le pay­sage est ma­jes­tueux. Nous pre­nons place dans une em­bar­ca­tion gon­flable. Au­cune crainte à avoir, elle offre une bonne sta­bi­li­té en ri­vière. C’est par­ti ! Les pre­mières sen­sa­tions fortes sont im­mé­diates. Il nous faut pa­gayer sans s’ar­rê­ter et sur­tout contrô­ler notre tra­jec­toire au mi­lieu des ro­chers. Les des­centes s’en­chaînent, mais nous nous ac­cro­chons. Cette ex­pé­rience est à vivre ab­so­lu­ment. D’abord, la sé­cu­ri­té est om­ni­pré­sente, puis elle per­met de ren­for­cer la co­hé­sion de groupe. Libre à vous de choi­sir entre le par­cours clas­sique d’une du­rée d’une heure et de­mie ou ce­lui de deux heures pour plus d’aven­tures. En sillon­nant la côte ouest, plus par­ti­cu­liè­re­ment St Leu, il est im­pos­sible de ne pas suivre du re­gard ces nom­breux pa­ra­pen­tistes qui s’adonnent à cette sor­tie si ad­dic­tive. Là en­core, le choix est vaste pour les pres­ta­taires. Nous pou­vons vous conseiller Ad­dict Pa­ra­pente, Pa­ra­pente Na­ture, Bour­bon Pa­ra­pente Con­cept, Pa­ra­pente Réu­nion ou en­core Pa­ra­pente dé Z’iles. On vous pro­met qu’après avoir osé la pre­mière fois, vous n’au­rez qu’une en­vie : en­chaî­ner les sor­ties. Nous al­lons prendre de la hau­teur, sous la voile d’un pa­ra­pente, pour un bap­tême qui se­ra mé­mo­rable. Nous avons eu un aper­çu de l’île de la Réu­nion en sur­vo­lant l’île avant notre at­ter­ris­sage à Ro­land Gar­ros, nous l’avons aus­si vue du ciel à bord d’un hé­li­co­ptère, mais nous étions loin d’ima­gi­ner qu’en pa­ra­pente la vi­sion se­rait si dif­fé­rente. C’est dans les hau­teurs de St Leu, à 800 mètres d’al­ti­tude que s’écrit un des plus beaux cha­pitres de nos va­cances. Après un brie­fing le Go est don­né. La vue pa­no­ra­mique sur l’océan est somp­tueuse. Le bleu est tout sim­ple­ment im­mense. Si nous avons souvent été en­voû­tés par l’im­mense pan vert de l’île, nous sommes bluf­fés de­vant cette autre beau­té qui se dé­cline de­vant nos yeux. Ras­su­ré d’être so­li - de ment ar­ri­mé au mo­ni­teur, on sent la voile du pa­ra­pente prendre le vent. C’est in­croyable de pou­voir res­sen­tir au­tant d’émo­tion sur une pe­tite île. Le sur­vol des champs de canne à sucre est ma­gique. On ap­pré­cie le calme mais sur - tout la vue ma­jes­tueuse avant d’at­ter­rir sur la plage. Si cette aven­ture vous a plu, sa­chez que vous avez aus­si la pos si­bi­li­té de faire le saut en pa­ra­chute bi­place d’un hé­li - co­ptère. Cette pres­ta­tion est pro­po­sée par Fly974 Tan­dem.

Si vous re­pre­nez l’avion sans avoir vi­si­té un des plus beaux tun­nels de lave de La Réu­nion, dé­cou­vert il y a quelques an­nées seule­ment, vous au­rez man­qué une fa­cette im­por­tante de l’île. Ce ma­gni­fique tun­nel pri­vé, qui se trouve au Tam­pon, offre des sculp­tures de lave uniques et im­pres­sion­nantes da­tant de plus de 22 000 ans et par­fai­te­ment conser­vées. Ce tun­nel est clas­sé par­mi les trois plus beaux tun­nels de La Réu­nion et peut être vi­si­té avec Ko­ka­pat Ran­do. Équi­pés d’un casque, d’une lampe fron­tale et de gants, nous dé­cou­vrons une al­ter­nance de roches bleu­tées, orange ou rouges, lors­qu’elles sont riches en fer, et de sur­faces grises paille­tées. Le Tun­nel bleu se dé­marque de la plu­part des autres par ses cen­taines de sta­lac­tites de lave fi­gée. Seuls quelques pas­sages né­ces­sitent de pro­gres­ser à quatre pattes. C’est une vi­site lu­dique re­com­man­dée à tous les ama­teurs de géo­lo­gie et de vol­ca­nisme, et aux aven­tu­riers. Après ces quelques jours qui ont tour­né à cent à l’heure, il nous fal­lait clore ce beau voyage par une sor­tie dé­pay­sante, avec une bonne dose de sé­ré­ni­té. Nous avons donc choi­si de la vivre avec Shai Ena, à Saint- Gilles- les- Bains pour ap­pré­cier un cou­cher de so­leil et nous lais­ser émer­veiller par la beau­té de la na­ture. C’est à dos de che­val que nous irons l’ad­mi­rer. La monte amé­ri­caine ex­pli­quée, di­rec­tion le coeur de la sa­vane de Cap La Hous­saye où nous at­tendent des sites uniques et mé­con­nus. Les che­vaux sont des Quar­ter Horses et des Ap­pa­lou­sas, connus pour être do­ciles et at­ta­chants. Le dé­pay­se­ment est to­tal, loin de tout ce que nous avons connu jus­qu’alors à La Réu­nion. On se croi­rait au Far- west. Tout en ap­pré­ciant cette ba­lade, et alors que le so­leil se pré­pare à plon­ger une nou­velle fois dans l’océan, nous nous lais­sons en­va­hir d’un sen­ti­ment que ce voyage nous a per­mis de nous en­ri­chir da­van­tage.

Newspapers in French

Newspapers from Mauritius

© PressReader. All rights reserved.