Les ma­gni­fiques tré­sors de la Grande Ile

Côte Nord - - MADAGASCAR -

Lors­qu’on vi­site un pays aus­si grand que Ma­da­gas­car, on rê­ve­rait d’y pas­ser des mois en­tiers pour pou­voir tout connaître de sa culture, sa gas­tro­no­mie, ses nom­breuses ri­chesses, sa po­pu­la­tion, son pa­tri­moine, mais aus­si pour ra­me­ner des sou­ve­nirs im­pé­ris­sables dans nos ba­gages. La Grande Ile re­groupe ses plus beaux tré­sors sous l’om­brelle des tra­di­tions et des cultures à tra­vers des lieux sa­crés, l’art, des aires na­tu­relles pro­té­gées qui abritent une faune et une flore en­dé­miques. Pour­quoi ne pas pri­vi­lé­gier la vi­site de quelques tré­sors clas­sés au Pa­tri­moine Mon­dial de l’UNES­CO ? Ma­da­gas­car en compte plu­sieurs. Par­mi fi­gurent l’art du bois Za­fi­ma­ni­ry, la col­line royale d’Am­bo­hi­man­ga et le Parc na­tio­nal de Za­ha­me­na.

L’art du bois Za­fi­ma­ni­ry

Les Za­fi­ma­ni­ry sont un peuple qui per­pé­tue un hé­ri­tage ex­cep­tion­nel ins­crit en 2008 au Pa­tri­moine Mon­dial Im­ma­té­riel de l’UNES­CO ! Cette peu­plade iso­lée conserve un cer­tain mys­tère. En al­lant à leur ren­contre vous vous of­frez un vé­ri­table voyage ini­tia­tique en des contrées où croyances et lé­gendes se trans­mettent de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion. L’art Za­fi­ma­ni­ry est le der­nier dé­po­si­taire du tra­vail du bois à Ma­da­gas­car. Pour dé­cou­vrir cette belle ri­chesse de la Grande Ile et s’im­mer­ger dans cette ré­gion pré­ser­vée et au­then­tique, il existe des treks de deux jours à une se­maine qui vous per­met­tront de faire une im­mer­sion com­plète au coeur de cette po­pu­la­tion et vous se­rez lo­gé dans de belles de­meures tra­di­tion­nelles sculp­tées. Où les ren­con­trer ? Les Za­fi­ma­ni­ry ha­bitent une ré­gion mon­ta­gneuse au Sud- Est d’Am­bo­si­tra. Ils se sont éta­blis dans cette ré­gion boi­sée et re­cu­lée

pour échap­per à la dé­fo­res­ta­tion que connais­sait le pays au dix- hui­tième siècle. Ils ont su dé­ve­lop­per au tra­vers des siècles un art ar­chi­tec­tu­ral ex­cep­tion­nel. En vi­si­tant leur vil­lage vous tom­be­rez sous le charme de ces portes et fe­nêtres qui sont tra­vaillées dans le bois et sculp­tées en forme de fi­gures géo­mé­triques re­pré­sen­tant l’uni­vers Za­fi­ma­ni­ry. Vous re­mar­que­rez que toutes les mai­sons sont construites sans clous ni char­nières et sont en­tiè­re­ment dé­mon­tables. Un gé­nie qui n’est pas sans rap­pe­ler ce­lui que l’on re­trouve dans le Sud- Est asia­tique éga­le­ment, et qui pour­rait avoir été ame­né par les pre­miers im­mi­grants de l’île, quelque 2 000 ans avant J. C. De tailles re­la­ti­ve­ment im­por­tantes, elles sont dé­co­rées de gra­vures géo­mé­triques ap­pe­lées « so­ki­tra » . Ce peuple uti­lise vingt es­pèces d’arbres en­dé­miques dif­fé­rentes et cha­cune est adap­tée à un type de construc­tion ou à une fonc­tion dé­co­ra­tive spé­ci­fique. Les mo­tifs géo­mé­triques qui em­bel­lissent vo­lets et fe­nêtres des mai­sons de bois sont des ré­mi­nis­cences de signes ma­giques des­ti­nés à pro­té­ger la com­mu­nau­té, et à té­moi­gner de ses liens avec son en­vi­ron­ne­ment. Pra­ti­que­ment toutes les sur­faces en bois sont ri­che­ment tra­vaillées. Les Za­fi­ma­ni­ry uti­lisent vingt es­pèces d’arbres en­dé­miques, adap­tées cha­cune à un type de construc­tion ou à une fonc­tion dé­co­ra­tive spé­ci­fique. Si le nombre de mo­tifs est li­mi­té, la créa­ti­vi­té des ar­ti­sans est telle qu’il n’existe pas deux ob­jets iden­tiques. Si vous cher­chez un sou­ve­nir de Ma­da­gas­car, op­tez pour une sta­tuette ou un ob­jet dé­co­ra­tif fa­bri­qué par les Za­fi­ma­ni­ry.

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