À tra­vers sen­tiers et mon­tagnes

Côte Nord - - MAURICE -

Au- de­là des plages im­ma­cu­lées et des la­gons tur­quoise, l’île Mau­rice est aus­si une terre de tou­risme in­té­rieur en­core mé­con­nue certes, mais qui com­mence à in­té­res­ser ceux qui re­cherchent les plai­sirs simples du contact avec la na­ture mais aus­si des sen­sa­tions fortes à tra­vers des es­ca­lades et le ca­nyo­ning no­tam­ment. C’est un loi­sir qui n’est pas très oné­reux, la plu­part des sites étant du do­maine pu­blic, tou­te­fois, pour ceux qui ne connaissent pas les lieux, il existe dé­sor­mais des pres­ta­taires qui offrent des ran­don­nées ac­com­pa­gnées et en toute sé­cu­ri­té. Nous avons fait le tour des prin­ci­paux sen­tiers et pistes.

de faire des ran­don­nées dans ces fo­rêts et de consta­ter le for­mi­dable tra­vail qui a été fait tout en pro­fi­tant de belles pro­me­nades sur des sen­tiers ba­li­sés. Pé­trin se si­tue après le ré­ser­voir de Mare aux Va­coas en ve­nant du centre de l’île et juste à la jonc­tion de la route me­nant vers Grand Bas­sin. Si la ré­gion de Pé­trin couvre une su­per­fi­cie de 11 hec­tares, elle fait par­tie d’un plus grand es­pace, ce­lui des Gorges de la Ri­vière Noire qui s’étend sur 180 hec­tares. La zone de Pé­trin com­prend Mare Longue, Mac­cha­bée, Les Mares et Plaine Cham­pagne. Si­tuée à une al­ti­tude entre 580 et 770 mètres au- des­sus du ni­veau de la mer, elle est par­ti­cu­liè­re­ment ar­ro­sée avec une plu­vio­mé­trie an­nuelle de 3 500 à 4 000 mm. Un centre d’ac­cueil pour les vi­si - teurs vous donne une in­di­ca­tion de la zone avec une carte dé­taillée des dif­fé­rents sen­tiers de ran­don­nées. À l’ex­té­rieur, un ar­bo­re­tum in­dique les dif­fé­rentes plan tes in­di­gènes qui font l’ob­jet du pro­jet de conser­va­tion. À l’in­té­rieur, une carte en trois di­men­sions vous per­met de mieux si­tuer l’en­droit et d’en avoir un aper­çu glo­bal. Des pan­neaux ex­pliquent le tra­vail de conser­va­tion du Na­tio­nal Parks and Conser­va­tion Ser­vice. Les Fo­rest Ran­gers sont aus­si dis­po­nibles pour ré­pondre à vos ques­tions et vous ai­der à mieux or­ga­ni­ser votre ran­don­née. À par­tir de Pé­trin, il existe quatre sen­tiers de ran­don­nées : ce­lui de Mac­cha­bée, la boucle de Mare Longue, le tra­cé du Pa­ra­keet et le sen­tier fo­res­tier de Mac­cha­bée. La boucle de Mare Longue est le par­cours le plus long to­ta­li­sant 12 km. Il part du centre des vi­si­teurs pour al­ler vers le ré­ser­voir de Mare Longue en pas­sant à tra­vers la fo­rêt en al­ti­tude de Mac­cha­bée et celle du pla­teau de Mare Longue. La marche, d’une du­rée d’en­vi­ron trois heures, est de dif­fi­cul­té très moyenne et convient aux ran­don­neurs peu ex­pé­ri­men­tés. Avec un peu de chance, vous pou­vez croi­ser la grosse ca­teau verte ( Echo Pa­ra­keet) ou le Pi­geon des Mares ( Pink Pi­geon), et plus cer­tai­ne­ment les bul­buls noirs. Ces pe­tits oi­seaux, et aus­si l’éche­nilleur mal­gache ( cu­ckoo shrike), vous ac­com­pa­gne­ront aus­si sur le sen­tier plus court de la fo­rêt de Mac­cha­bée ( 8 km) qui suit le sen­tier de Mac­cha­bée sur 3,3 ki­lo­mètres, avant de re­joindre la boucle de Mare Longue. Le sen­tier de Mac­cha­bée est long de 10 km mais beau coup plus dif­fi­cile. Il prend de Pé­trin pour des­cendre jus­qu’au centre des vi­si­teurs de Ri­vière Noire. Le tra­jet en vaut la peine avec des vues spec­ta­cu­laires dans les gorges et la pos­si­bi­li­té de voir les vols ma­jes­tueux des pailles- en- queue, la cré­ce­relle et d’autres oi­seaux tro­pi­caux. Le sen­tier de Co­lo­phane, si­tué à un ki­lo­mètre après la jonc­tion de Mac­cha­bée, vous donne la pos si - bi­li­té de des­cendre par un che­min moins abrupt dans les gorges. Comp­tez au moins quatre heures de marche. Autre sen­tier de dif­fi­cul­té com­pa­rable, le Pa­ra­keet Trail long de huit ki­lo­mètres, dé­marre 50 m après le

poste de po­lice de Plaine Cham­pagne en di­rec­tion de Cha­ma­rel. Il des­cend dans les gorges jus­qu’au centre des vi­si­teurs de Ri­vière Noire. Sur le par­cours, il n’est pas rare de voir la per­ruche mau­ri­cienne. Sur les dif­fé­rents sen­tiers vous al­lez pro­ba­ble­ment trou­ver les en­va­his­sants goya­viers de Chine et, avec un peu de chance, les fruits rouges et jaunes qui font d’ex­cel­lentes confi­tures. Avec un peu plus de chance, vous pour­rez aus­si cueillir des fraises des bois et ad­mi - rer la fleur de la Ré­pu­blique, le Tro­che­tia bou­to­nia­na ( Boucle d’oreille). Dans tous les cas, vous pas­se­rez un bon mo­ment dans la na­ture avec, par mo­ments, des plon gées dans une vi­sion pri­male de l’île. Bonne ran­don­née.

So­phie’s Walk : une pro­me­nade fraî­cheur

Si­tué à quelques ki­lo­mètres de Grand Bas­sin et de Plaine Cham­pagne, Plaine So­phie est un en­droit idéal pour une ran­don­née en toute tran­quilli­té offre tout ce­la. Ce lieu nous ra­mène à l’es­sen­tiel : la na­ture. S’éti­rant sur une sur­face fo­res­tière de 10 hec­tares, cet es­pace na­ture com­prend un ar­bo­re­tum, un mu­sée où sont pré­sen­tés des ou­tils uti­li­sés dans la fo­rêt au­tre­fois et une serre de fou­gères.

Pour pé­né­trer dans cette foi­son ver­doyante, il suf­fit d’en­fi­ler ses bas­kets, se re­cou­vrir de crème an­ti mous­tique et d’em­por­ter avec vous de quoi pi­que­ni­quer. L’en­droit est tel­le­ment om­bra­gé que la crème so­laire est su­per­flue. Dif­fé­rents par­cours sont pro­po­sés. Nous em­prun­te­rons ce­lui d’Ébène, long de 3 ki­lo­mètres. Le spec­tacle vé­gé­tal est im­pres­sion­nant et vous ouvre les yeux sur une des ri­chesses de l’île Mau­rice, sa flore. On cô­toie des fou­gères ar­bo­res­centes. En­dé­miques des Mas­ca­reignes, les fan­dias ( Cya­thea ex­cel­sa) étendent leurs branches four­nies pour nous ac­cueillir. Au­tour de nous se mêle une fa­ran­dole de tons vert et brun. Le sen­tier est bien dé­fi­ni. Ci et là, des kiosques in­vitent à une pe­tite pause ou à un pique- nique en pleine na - ture. Seul le chant des oi­seaux brise le si­lence. De temps à autre quelques singes, non ef­fa­rou­chés par notre pré­sence, sautent d’arbre en arbre. On dé­couvre un ruis­seau, puis un pe­tit pont qui nous mène sur les ber ges de l’autre cô­té de la Mare aux Va­coas. Le calme et la sé­ré­ni­té ap­portent du ca­chet à l’en­droit. La ba­lade ne s’ar­rête pas là car en face du par­king, de l’autre cô­té de la route se trouve des jar­dins et le bu - reau des gardes fo­res­tiers. Le jar­din des plantes en­dé - miques, qui se trouve non loin d’un ruis­seau, est un must. « Bois Chan­delle » , « Bois de Natte » , « Bois Co­lo phane » , des di­zaines de plantes vous y at­tendent.

Ce par­cours est ac­ces­sible aux pe­tits comme aux grands. Le centre des vi­si­teurs mé­rite aus­si le dé­tour. On y dé­couvre la ri­chesse de la flore mau­ri­cienne et on ap­prend un peu plus sur la fa­meuse fleur na­tio­nale, la Boucle d’Oreille ( Tro­che­tia Bou­to­nia­na).

Mon­vert Na­ture Walk : ren­contre avec une flore ex­cep­tion­nelle

Si­tué à Fo­rest Side, Mon­vert Na­ture Walk est un coin na­ture qui peut se vi­si­ter sans guide. Si le par­cours n’est pas un des plus beaux, il reste tou­te­fois riche en dé­cou­vertes à tra­vers une flore comp­tant de nom­breuses es­pèces en­dé­miques de l’île Mau­rice. Le site se trouve à la sor­tie de Cu­re­pipe, plus pré­ci­sé­ment à 16e mille, Fo­rest Side. Pla­cé sous l’égide du Mi­nis­tère de l’Agro- in­dus­trie et de la Sé­cu­ri­té ali­men­taire, Mon­vert est non seule­ment un par­cours de ran­don­née, mais aus­si un lieu de conser­va­tion de plantes en­dé­miques rares. Le site est consti­tué de deux par­ties : un Vi­si­tors Cen­ter, à vi­sée pé­da­go­gique, et un es­pace en pleine fo­rêt dé­dié à la ran­don­née. Le Vi­si­tors Centre est une mine d’in­for­ma­tions sur la flore et la faune ex­cep­tion­nelles de l’île. On y dé­couvre des plantes en­dé­miques, in­di­gènes mais aus­si des es­pèces en dan­ger et des plantes mé­di­ci­nales. Le pro­jet du Mon­vert Na­ture Walk a été lan­cé en 2001, et le site a ou­vert en 2006. Une ex­po­si­tion pho­tos ex­plique l’im­por­tance de la fo­rêt et de sa conser­va­tion ain­si que le tra­vail qui a été ef­fec­tué pour éra­di­quer les es­pèces in­va­sives. Un ar­bo­re­tum en­toure ce pe­tit mu­sée d’ex­po­si­tion. Plus de 150 plantes en­dé­miques et in­di­gènes y ont trou­vé une place et par­mi, le bois de pin­tade, le bois de pomme, le Dom­beya, entre autres. Ce jar­din, dans le­quel on pour­rait pas­ser des heures à dé­cou­vrir les dif­fé­rentes plantes dont les plantes mé­di­ci­nales et leurs ver­tus, abrite aus­si des es­pèces hau­te­ment me­na­cées d’ex­tinc­tion, à l’ins­tar du Pal­miste boucle ou de l’Elaeo­car­pus bo­je­ri. Le cir­cuit de ran­don­née com­mence un ki­lo­mètre plus loin. On peut s’y rendre en voi­ture ; at­ten­tion quand même aux nids- de- poule. La fo­rêt s’étend sur plus de 70 hec­tares. Si vous ne vou­lez pas vous perdre, nous vous conseillons de prendre le plan au Vi­si­tors Centre. Deux sen­tiers s’offrent à vous : Par­cours Bois de Natte ( 2,8 km), Par­cours Bois d’Ébène ( 2,5 km). Le parc est amé­na­gé avec quelques aires de re­pos ou de pi­que­nique. Vous trou­ve­rez éga­le­ment une plate- forme éle­vée qui vous per­met­tra de contem­pler la vue. Ce qu’on re­tient de cette ba­lade c’est la ren­contre des es­pèces en­dé­miques dans leur mi­lieu na­tu­rel. Pen­sez à prendre an­ti mous­tiques, crème so­laire – car il y a très peu de place pour s’abri­ter du so­leil, et de l’eau.

Bras d’Eau : quand l’his­toire ren­contre la science

Le lit­to­ral mau­ri­cien offre aus­si des lieux de pro­me­nades à tra­vers les bois. C’est no­tam­ment le cas à Bras d’Eau dans le nord- est de l’île. Le parc na­tio­nal de Bras d’Eau, le der­nier car­ré de fo­rêt cô­tière sèche de Mau­rice, offre l’avan­tage de ter­mi­ner la ran­don­née au bord de la mer. S’éten­dant sur une su­per­fi­cie de 497,2 hec­tares de fo­rêt, le parc na­tio­nal de Bras d’Eau com­prend la fo­rêt de Bras d’Eau qui fait 406,19 hec­tares et une par­tie des pas géo­mé­triques de Poste La­fayette ( 91,01 hec­tares). Pour y ar­ri­ver, il vous suf­fit de tra­ver­ser le vil­lage de Ri­vière du Rem­part, puis de Roches Noires, pour vous re­trou­ver au beau mi­lieu d’une fo­rêt source de fraî­cheur. Le point de dé­part se trouve à proxi­mi­té du centre de vi­si­teurs, à Bras d’Eau. Le dé­par­te­ment des Bois et Fo­rêts du mi­nis­tère de l’Agro- in­dus­trie y a amé­na­gé une aire de sta­tion­ne­ment et des kiosques pour les pique- ni­queurs. Dès votre sor­tie de voi­ture, vous vous re­trou­vez nez à nez avec les ruines d’une an­cienne usine su­crière qui a fer­mé ses portes en 1867. Le bâ­ti­ment of­fi­ciel abrite une salle qui ra­conte l’his­toire du lieu à tra­vers quelques pho­tos de la faune et flore du parc na­tio­nal et aus­si celles des ves­tiges, té­moins du pas­sé, et d’autres in­for­ma­tions utiles pour une ran­don­née. Ain­si, l’on ap­prend que cette par­tie des terres du lit­to­ral Est ap­par­te­nait au Dr Clé­ment Ul­coq. Le gou­ver­ne­ment co­lo­nial a ra­che­té l’in­té­gra­li­té de la ré­gion de Bras d’Eau en 1901. C’est alors que la fo­rêt in­di­gène d’ori­gine fut rem­pla­cée par des es­pèces exo­tiques telles que l’eu­ca­lyp­tus et l’aca­cia. Ce n’est que quelques an­nées plus tard qu’un im­mense ver­ger, com­po­sé de mil­liers de man­guiers et de lit­chis, fut plan­té. De l’autre cô­té de la route, là où com­mence le sen­tier de ran­don­née, se trouve un puits en pierre de taille de l’époque fran­çaise de 50 pieds de pro­fon­deur. On peut y pé­né­trer et jouir d’une pers­pec­tive in­so­lite. La ran­don­née de Bras d’Eau est ac­ces­sible aux pe­tits comme aux grands, et fait trois ki­lo­mètres à l’al­ler. Au re­tour vous avez le choix entre em­prun­ter le même

sen­tier qu’à l’al­ler ou prendre un pe­tit sen­tier me­nant à la plage de Poste La­fayette. Si vous êtes chan­ceux vous pour­rez être ac­cueilli par le doux chant des co­qs des bois, oi­seaux en­dé­miques de Mau­rice et de La Réu­nion, et par le spec­tacle in­so­lite de chauves- sou­ris sus­pen­dues aux arbres. Vous pour­rez aus­si croi­ser des ten­recs et des man­goustes ain­si que des poules d’eau vi­vant dans les zones hu­mides. Bras d’Eau c’est aus­si l’ha­bi­tat pri­vi­lé­gié du tchi­trec des Mas­ca­reignes, un oi­seau en­dé­mique. Cette es­pèce est me­na­cée en rai­son de la dé­fo­res­ta­tion. La fo­rêt de Bras d’Eau compte aus­si des plantes en­dé­miques et in­di­gènes dont deux es­pèces de bois d’ébène ( NdlR : le Dios­py­ros me­la­ni­da et le Dios­py­ros

egret­ta­rum) et le té­co­ma. Se­lon le dé­par­te­ment des Bois et Fo­rêts, vous pou­vez aus­si y trou­ver l’Or­nel­lia Aphrodite, une or­chi­dée rare de Mau­rice. À un mo­ment, le sen­tier ren­contre une cave na­tu­relle qui an­nonce la proxi­mi­té de la Mare Ma­ho­ga­ny. Un lieu de re­pos ! La pro­fon­deur de l’étang est d’en­vi­ron 30 pieds. Une deuxième mare vous at­tend un peu plus loin, la Mare aux Che­vrettes. En­suite, les ruines d’un an­cien four à chaux. Tou­te­fois la mare Sar­celle, un lac d’un peu plus de quatre hec­tares, n’est pas vi­sible car elle se trouve en de­hors des sen­tiers de ran­don­née. Mare Sar­celles est une zone hu­mide qui abrite des oi­seaux mi­gra­teurs. De nom­breux pro­jets at­tendent ce parc, no­tam­ment la mise en avant de la ri­chesse his­to­rique des ruines du site. À no­ter que le site abrite éga­le­ment le Mau­ri­tius Ra­dio Te­les­cope ( MRT), un centre as­tro­no­mique mis en place en 1992 et gé­ré par l'uni­ver­si­té de Mau­rice.

Le Morne : une es­ca­lade émo­tion­nelle

De dif­fi­cul­té moyenne, l’es­ca­lade du Morne est in­té­res­sante à plus d’un titre. Clas­sée au Pa­tri­moine mon­dial de l’hu­ma­ni­té de­puis 2008, la mon­tagne du Morne a une forte charge émo­tion­nelle car elle était le re­fuge des esclaves qui avaient fui leurs condi­tions atroces dans les plan­ta­tions. Une im­po­sante croix est éri­gée en sou­ve­nir des esclaves qui y ont per­du la vie. Du haut du Morne, on a ac­cès à un point de vue pa­no­ra­mique unique sur les côtes sud et ouest de l’île. Le site est dé­sor­mais ac­ces­sible au pu­blic, mais il est re­com­man­dé de se faire ac­com­pa­gner par des guides pro­fes­sion­nels car la der­nière par­tie est as­sez ar­due et une corde de rap­pel né­ces­saire. L’as­cen­sion com­mence par une longue marche sur une pente as­sez raide à par­tir du cô­té ouest. Un échauf­fe­ment qui de­mande dé­jà un ef­fort à la pompe car­diaque. Pre­mier ar­rêt à 150 m au- des­sus du ni­veau de la mer. Le temps de re­prendre son souffle et d’ad­mi­rer la pé­nin­sule du Morne, l’on re­prend le sen­tier qui com­mence à contour­ner la mon­tagne. Les fi­laos cèdent la place à des ar­bustes en­dé­miques comme le bois de Rei­nette mais aus­si à des baies roses qui donnent une sen­teur poi­vrée au sen­tier. Nous sommes par­tis de­puis main­te­nant 45 mi­nutes et on ar­rive presque à mi- hau­teur. La côte sud de l’île sur­git brus­que­ment avec en pre­mier plan, l’îlot Four­neau qui se dé­tache du lit­to­ral. L’on aper­çoit une culture de man­grove de­vant ser­vir à re­peu­pler le la­gon de la ré­gion. Après une nou­velle halte, on at­taque la par­tie la plus es­car­pée de l’as­cen­sion. Il faut par­fois s’ai­der de ses mains pour s’agrip­per à la roche ou aux branches. Heu­reu­se­ment, les par­ties les plus dures sont pour­vues de cordes qui ré­duisent les risques de perte d’équi­libre et de chute. Une at­ten­tion plus sou­te­nue et un ef­fort ar­du sont re­quis mais tout au bout, la ré­com­pense de l’ef­fort en vaut la peine. Une vue ma­gni­fique à la fois des lit­to­raux ouest et sud et sur la mon­tagne de Cha­ma­rel qui s’étend jus­qu’au pla­teau cen­tral. Quelques pi­geons et des pailles- en- queue viennent ajou­ter une note oni­rique au pay­sage. Sur l’aire de re­pos, l’on re­marque éga­le­ment quelques ar­bustes en fleurs. Il s’agit du tro­che­tia bou­to­nia­na, aus­si ap­pe­lé boucle d’oreille, em­blème flo­ral de la Ré­pu­blique de­puis 1992 et ar­buste en­dé­mique que l’on trouve sur­tout sur les pentes du Morne. Nous sommes à quelque 500 mètres du ni­veau de la mer. Il reste un der­nier pan de mon­tagne que nous n’es­ca­la­de­rons pas en rai­son d’une ver­ti­ca­li­té cer­taine et qui de­man­de­rait des équi­pe­ments et des condi­tions phy­siques aguer­ries. Nous re­pre­nons donc la route in­verse en mul­ti­pliant cette fois les pré­cau­tions, n’hé­si­tant pas à des­cendre en po­si­tion as­sise et en crabe. Mais après la par­tie es­car­pée, nous re­nouons avec une marche plai­sante jus­qu’au point de dé­part.

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