« J’ai le sen­ti­ment du tra­vail bien fait »

An­to­nio Oer­rei­ra de Sou­sa w Ci­rec­teur Bé­né­ral du So­vi­tel Mau­ri­tius L’Dm­pe­rial Re­sort - Spa

Côte Nord - - HÔTELLERIE -

Il s’est vu re­mettre la Mé­daille du Tou­risme par l’Am­bas­sa­deur de France à Mau­rice. Cette ré­com­pense vient mettre en lu­mière la contri­bu­tion d’An­to­nio Fer­rei­ra de Sou­sa, di­rec­teur gé­né­ral du So­fi­tel Mau­ri­tius L’Im­pe­rial Re­sort & Spa, au dé­ve­lop­pe­ment du tou­risme mais éga­le­ment son rôle dans la pro­mo­tion du pa­tri­moine fran­çais. Nous l’avons ren­con­tré peu de temps après la re­mise de sa dé­co­ra­tion et il nous parle de cette ré­com­pense et des pro­jets à ve­nir pour l’éta­blis­se­ment hô­te­lier qu’il di­rige de­puis trois ans. L’am­bas­sa­deur de France à Mau­rice vous a re­mis la Mé­daille du Tou­risme. Com­ment avez- vous ac­cueilli cette ré­com­pense ? Comme une très bonne nou­velle et une belle sur­prise, ne sa­chant vrai­ment pas de quoi il s’agis­sait au dé­part. Je connais­sais la Lé­gion d’Hon­neur, l’Ordre du Mé­rite et je sa­vais que la Mé­daille du Tou­risme exis­tait sans pour au­tant trop sa­voir ce qu’elle re­pré­sen­tait et quels étaient les cri­tères pour ob­te­nir cette dé­co­ra­tion. C’est une dé­co­ra­tion of­fi­cielle de la Ré­pu­blique Fran­çaise et na­tu­rel­le­ment ce­la fait très plai­sir et j’en suis très fier ! J’ai re­çu cette dis­tinc­tion des mains du nou­vel Am­bas­sa­deur de France, M. Co­het, qui, à l’oc­ca­sion d’une belle cé­ré­mo­nie of­fi­cielle, m'a gra­ti­fié d’un très beau dis­cours en pré­sence de mon épouse et mes ju­meaux, de proches col­la­bo­ra­teurs et d’amis…. ce qui me fit réa­li­ser que ce­la fai­sait dé­jà 25 ans que je fai­sais ce mé­tier ! Quels sont se­lon vous ces cri­tères qui vous ont per­mis de re­ce­voir cette mé­daille et com­ment l’avez- vous ap­pris ? Comme vous le sa­vez, So­fi­tel est une marque fran­çaise qui a dans ses gènes et dans ses va­leurs la pro­mo­tion et le rayon­ne­ment du sa­voir­faire fran­çais qu’il soit ar­tis­tique, cu­li­naire ou lit­té­raire. En 2017, l’am­bas­sa­deur de France d’alors, M. Hu­ber­son, qui était éga­le­ment très at­ta­ché à ces va­leurs, n’hé­si­tait pas à par­ti­ci­per à la pro­mo­tion de la gas­tro­no­mie fran­çaise au tra­vers de nos So­fi­tel Wine Days, nos soi­rées gas­tro­no­miques et l’évé­ne­ment Goût de France. A l’oc­ca­sion de l’un de ces évè­ne­ments, M. l’Am­bas­sa­deur m’in­for­ma qu’il avait pro­po­sé ma can­di­da­ture à la mé­daille du Tou­risme au­près de l’ad­mi­nis­tra­tion fran­çaise. Que re­pré­sente cette mé­daille pour vous? C’est le sen­ti­ment du tra­vail bien fait. Ce­la fait 25 ans que je tra­vaille pour le groupe Ac­corHo­tels et 20 ans pour la marque So­fi­tel. En ex­pa­tria­tion, je suis aus­si en quelque sorte un am­bas­sa­deur et même si mes ori­gines sont por­tu­gaises, j’ai éga­le­ment été bai­gné dans la culture fran­çaise de­puis ma nais­sance. D’ins­tinct, j’es­saie d’ex­pri­mer cette iden­ti­té, de vé­hi­cu­ler notre sa­voir- faire tout en al­liant le meilleur de cette culture fran­çaise au meilleur de la culture lo­cale. C’est la re­con­nais­sance d’un pays et je me dis que je ne me suis pas trom­pé dans la con­cep­tion de mon rôle, tant comme hô­te­lier, qu’am­bas­sa­deur de la marque So­fi­tel et de la culture fran­çaise. Vous avez re­joint le So­fi­tel Mau­ri­tius L’Im­pe­rial Re­sort & Spa il y a trois ans. Quelle a été l’évo­lu­tion com­mer­ciale de cet hô­tel ces der­nières an­nées ? L’hô­tel a très bien évo­lué en fonc­tion des mar­chés que nous avons dé­ve­lop­pés. Certes, So­fi­tel est une marque fran­çaise et tout na­tu­rel­le­ment, notre clien­tèle hexa­go­nale y est très re­pré­sen­tée. Ce­pen­dant, grâce à une plus im­por­tante et plus di­ver­si­fiée des­serte aé­rienne ces der­nières an­nées, la des­ti­na­tion a na­tu­rel­le­ment at­ti­ré beau­coup plus de tou­ristes avec des mar­chés dif­fé­rents de ceux que nous re­ce­vions dans le pas­sé. Cer­tains mar­chés sont en évo­lu­tion quand d’autres de­viennent ma­tures. Je di­rai que notre ob­jec­tif était

« C’est une dé­co­ra­tion of­fi­cielle de la Ré­pu­blique Fran­çaise... j’en suis très fier ! J’ai re­çu cette dis­tinc­tion des mains du nou­vel Am­bas­sa­deur de France, M. Co­het, en pré­sence de mon épouse et mes ju­meaux, de proches col­la­bo­ra­teurs et d’amis… »

de voir plus loin que la clien­tèle fran­çaise et eu­ro­péenne tout en nous ap­puyant sur des nou­velles dy­na­miques de dis­tri­bu­tion mais en res­tant as­so­ciés et fi­dèles à nos par­te­naires opé­ra­teurs et his­to­riques. Qu’en est- il du mé­tier d’hô­te­lier. Quels sont les dé­fis aux­quels vous faites face ? L’évo­lu­tion dans notre mé­tier est de de­voir an­ti­ci­per au mieux les be­soins de notre clien­tèle et ce­la, en in­té­grant leurs dif­fé­rentes cul­tures mais aus­si leurs com­por­te­ments so­ciaux et gé­né­ra­tion­nels. Qua­li­ta­ti­ve­ment, les clients sont aus­si beau­coup mieux in­for­més de nos per­for­mances mais éga­le­ment de nos axes d’amé­lio­ra­tions au tra­vers des ré­seaux so­ciaux. De son cô­té, l’hô­te­lier dis­pose d’ou­tils lui per­met­tant de mieux connaitre les be­soins et ha­bi­tudes des clients afin de pou­voir dé­li­vrer un ser­vice plus per­son­na­li­sé et moins gé­né­ra­liste. Au­jourd’hui, les hô­te­liers se doivent le plus pos­sible de prendre en consi­dé­ra­tion les be­soins spé­ci­fiques de leurs clients. Par ailleurs, je trouve que la des­ti­na­tion mau­ri­cienne a pris un ex­cellent tour­nant en com­mu­ni­quant da­van­tage sur sa culture qu’au- de­là du cli­ché « une île avec ses la­gons » . La com­mu­ni­ca­tion sur les parcs na­tu­rels, les vil­lages avec des ex­pé­riences avec les ha­bi­tants, le pa­tri­moine his­to­rique, la di­ver­si­té cultu­relle et com­mu­nau­taire. Bref, tous ces atouts que je viens d’énu­mé­rer des­sinent ce pay­sage qui est « l’art de vivre mau­ri­cien » . Le mar­ché ac­tuel tend beau­coup à cette quête des tou­ristes à vivre des ex­pé­riences ex­tras- hô­te­lières et ce mo­dèle « du bien vivre en­semble à Mau­rice » est un bel exemple pour sou­la­ger ne se­rait- ce que quelques jours, une clien­tèle ve­nant de des­ti­na­tions au cli­mat an­xio­gène. Un hô­tel res­te­ra tou­jours un hô­tel et une chambre vue mer res­te­ra tou­jours une chambre vue mer : ce qui marque, c’est l’ex­pé­rience vé­cue… et en termes d’ex­pé­riences à vivre, Mau­rice est une bé­né­dic­tion. Un autre dé­fi pour les hô­te­liers est la ca­pa­ci­té à fi­dé­li­ser et dé­ve­lop­per ses col­la­bo­ra­teurs. Ce mé­tier qui est exi­geant, ne brille plus avec la même in­ten­si­té du pas­sé pour les gé­né­ra­tions ac­tuelles. De plus, les croi­sié­ristes et les des­ti­na­tions du golfe qui viennent re­cru­ter à tour de bras, ne fa­ci­litent pas la fi­dé­li­sa­tion de nos ta­lents. Nous nous de­vons de leur as­su­rer des plans de car­rières conformes à leurs sou­haits et leurs am­bi­tions, mais aus­si, être hon­nêtes sur leur ca­pa­ci­té à per­for­mer et par consé­quent, avoir les col­la­bo­ra­teurs à des po­si­tions cor­res­pon­dantes à leurs as­pi­ra­tions et leur po­ten­tiel. La for­ma­tion est l’un des axes es­sen­tiels au dé­ve­lop­pe­ment des jeunes gé­né­ra­tions et l’as­so­cia­tion étroite entre le sec­teur pri­vé et le sec­teur pu­blic se doit d’être de tout pre­mier ordre pour que ce tra­vail com­mun puisse créer les ma­na­gers mau­ri­ciens de de­main et pé­ren­ni­ser la qua­li­té de l’ac­cueil et du ser­vice qui fait la ré­pu­ta­tion hô­te­lière des mau­ri­ciens. Quels sont les pro­jets à ve­nir pour l’hô­tel ? Il y a presque 30 ans, grâce à la vo­lon­té et la vi­sion de nos pro­prié­taires tai­wa­nais, Mes­sieurs LIN et LIAO, le So­fi­tel L’Im­pé­rial fut inau­gu­ré et de­puis ce jour, les re­la­tions entre les pro­prié­taires et la marque So­fi­tel ont tou­jours été liées à l’île Mau­rice. La vo­lon­té com­mune de nos pro­prié­taires à conti­nuer leur in­ves­tis­se­ment, va nous per­mettre d’avan­cer avec des ré­no­va­tions en 2020 tout en pré­ser­vant l’ADN de cet hô­tel em­blé­ma­tique du pay­sage mau­ri­cien. Nous ne tou­che­rons ni à l’ar­chi­tec­ture ni aux es­paces pay­sa­gers qui sont ma­gni­fiques. Au- de­là de notre culture du ser­vice pour nos clients, nous avons la chance de pou­voir leur ap­por­ter des ex­pé­riences dif­fé­rentes grâce à nos jar­dins : d’un jar­din tropical et ses co­co­tiers en bord de plage, nos clients se pro­mènent au tra­vers d’un jar­din ja­po­nais qui pro­longe notre ma­gni­fique Spa et d’un jar­din chi­nois, à l’abri d’un Bao­bab cen­te­naire ma­jes­tueux et même d’un jar­din fran­çais ! Par contre, les chambres se­ront re­mises au goût du jour et nous crée­rons éga­le­ment une autre pis­cine à dé­bor­de­ment, quand bien même notre pis­cine prin­ci­pale fut pen­dant très long­temps la plus grande pis­cine de l’île Mau­rice. La confi­gu­ra­tion de notre hô­tel nous per­met­tra éga­le­ment de dé­ve­lop­per un es­pace qui se­ra plus orien­té sur les couples en ro­mance tout en res­pec­tant les be­soins de notre clien­tèle fa­mille.

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