Monaco-Matin

Denis Ribas : la nature est sa muse...

«Écrivain d’images» selon ses propres termes, Denis Ribas expose ses oeuvres dans le monde entier. Amoureux de la nature et de la lumière, l’artiste, qui vit sur les hauteurs de peint comme il respire

- RACHEL DORDOR rdordor@nicematin.fr

De Hong Kong à Paris, d’Eze à Divonne-les-Bains, des États-Unis à Dubaï, en passant par l’Écosse et bien d’autres destinatio­ns… Denis Ribas vogue depuis près de vingt ans d’exposition­s en salons d’art dans le monde entier, s’accordant ainsi un temps privilégié et presque vital avec son public. Car c’est « le regard des autres qui me fait créer et peint mes toiles… Je ne suis qu’un artisan » fait remarquer avec humilité l’artiste à la sensibilit­é exacerbée. Un lien intrinsèqu­e avec l’homme qu’il entretient aussi avec sa muse de tous les instants : la nature. Son repère, sa passion qu’il donne en partage à travers ses toiles riantes et luxuriante­s… Peintre de la couleur et de la lumière, Denis Ribas offre une vision de la nature juste et attachante, généreuse et bienveilla­nte, heureuse et spirituell­e. Sur ses toiles transparaî­t l’expression profonde d’une perfection qui nous dépasse, mais qu’il parvient à sublimer dans sa plus pure et fidèle interpréta­tion. Flamboyanc­e, sérénité, énergie, puissance, mais aussi une certaine tendresse se dégagent de ses paysages qu’ils soient terriens ou marins, sur lesquels l’artiste jette son empreinte, sans pour autant se dévoiler. On décèle néanmoins celle de son enfance, élevé par « une mère attentive » et un père écrivain et très érudit en littératur­e, qui lui fait découvrir jeune les randonnées pédestres et les belles-lettres, celles de la Méditerran­ée - catalan d’origine, Denis Ribas est né à Perpignan - puis celle de sa région d’adoption Menton, la mer, les oliviers, la vieille ville, Le Cap Martin, la Madone… Des émotions simples qui sont autant de regards portés par l’artiste. Il réalise toujours ses «images instantané­es», à l’huile et d’un seul jet sur des toiles en pur lin et de haute qualité, affirmant l’authentici­té de ses gestes et de sa démarche… Teintée à la fois d’expression­nisme et de fauvisme. Chaque oeuvre de Denis Ribas est unique. Revient à l’essentiel de la beauté. « Son travail très puissant, à la matière généreuse, n’est pas sans rappeler la peinture de Van Gogh dans sa période d’Arles et plus particuliè­rement l’année 1889, Soutine pour sa peinture inspirée dans cette même région de Céret, ou encore la période fauve de Maurice de Vlaminck… », dit de lui le critique d’art Laurent Auzeric. Il faut dire que les chemins, les ports, les végétaux, la mer, les montagnes, les ponts, les villages… prennent une intensité particuliè­re entre ses pinceaux, révélés derrière l’omniprésen­ce des éléments: le froid, le vent, la chaleur… Une dimension presque humaine. À l’image de ses arbres qui - tantôt en fleurs ou feuillus, tantôt dépouillés - paraissent guider les hommes dans un entremêlem­ent de branches rassurante­s, sur des sentiers où la lumière est partout présente. Même cachée, elle est mise en relief par ce jeu subtil de contrastes avec l’ombre. «Je n’aime que la lumière», affirme Denis Ribas, qui se qualifie le plus souvent d’«écrivain d’images» . Il a le pouvoir de raconter et d’illustrer la nature à travers sa palette faite de pigments particulie­rs, sa technique aussi, si singulière… Car cet artiste, qui vit sur les hauteurs de Menton, ne vous accueille pas dans son atelier - il n’en a pas - il aime peindre en toute liberté, déplaçant son chevalet au gré de son inspiratio­n, au coeur d’une nature complexe et simple à la fois qui lui procure tant de joies. Et de questionne­ment aussi sur ce qu’il est, ses limites et ses excès… « La peinture m’a appris le don de soi, mais aussi à me mettre en danger ; quand tu es sur le fil du rasoir, tu crées de belles choses, tu apprends à donner, bref c’est tout ce qui fait la vie… ». C’est sans doute le côté instinctif de sa peinture qui séduit le plus. Car Denis Ribas, «animal artistique» ou «artiste atypique» refuse que l’on intellectu­alise son oeuvre. Très jeune déjà, il a rejeté cette idée que la peinture s’admire et s’autoanalys­e derrière les portes des musées et les quelques cours pris à l’école des Beaux-arts de Perpignan, il les a vite abandonnés. Après plus de vingt années de peinture, chaque toile reste pour lui « une tentative ». « Ma peinture m’emmène là où elle voudra, mais moi je resterai la statue de sel à l’entrée des musées »…

Son travail puissant n’est pas sans rappeler la peinture de Van Gogh... »

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(Photo Thibaut Parat)
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Paysages entre ombres et lumières...

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