Monaco-Matin

Nord : une septuagéna­ire tuée, son mari hospitalis­é

Le Conseil d’État a désavoué hier la mairie de la commune iséroise, qui avait autorisé cette tenue de baignade très couvrante portée par certaines musulmanes.

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Dans son ordonnance rendue hier, le Conseil d’État, plus haute juridictio­n administra­tive du pays, a confirmé la décision rendue en mai par le tribunal administra­tif de Grenoble, estimant que « contrairem­ent à l’objectif affiché par la ville, l’adaptation du règlement intérieur de ses piscines ne visait qu’à autoriser le port du burkini afin de satisfaire une revendicat­ion de nature religieuse ». Cette « dérogation très ciblée » aux règles habituelle­s de port de tenues de bain près du corps édictées « pour des motifs d’hygiène et de sécurité » est, selon le juge, « de nature à affecter le bon fonctionne­ment du service public » et contraire à « l’égalité de traitement des usagers ».

Gérald Darmanin salue « une victoire pour toute la République »

Le nouveau règlement municipal, explique le Conseil d’État, porte donc « atteinte au principe de neutralité des services publics » .Leconseil municipal de Grenoble avait adopté mi-mai à une courte majorité cette dispositio­n critiquée qui autorisait le burkini (sans le nommer).

L’autorisati­on du burkini dans les piscines municipale­s de la ville de Grenoble a fait long feu.

Le ministère de l’Intérieur, via la préfecture de l’Isère, avait aussitôt déposé un « déféré laïcité », une procédure issue de la loi contre le « séparatism­e » qui permet aux préfets de saisir le juge administra­tif d’un acte d’une collectivi­té locale jugé contraire aux principes de laïcité. Après la décision du Conseil d’État, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a salué une « victoire pour la loi séparatism­e, pour la laïcité, et au-delà, pour toute la République ». Il s’est également réjoui que la juridictio­n ait « sanctionné le communauta­risme » du maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle. La municipali­té, elle, a affirmé « prendre acte de cette décision, tout en regrettant que le Conseil d’État lui prête des intentions qu’elle n’a pas ».

Le burkini avait déjà fait l’objet d’une polémique nationale à l’été 2016, quand une trentaine de villes en avaient interdit le port sur leurs plages. Avant que le Conseil d’État n’annule leurs décisions, jugées démesurées. « Le Conseil d’État ne remet nullement en cause l’interdicti­on d’interdire le port du burkini dans l’espace public qu’il avait posé en 2016 », a estimé l’avocat de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) Patrice Spinosi, qui avait plaidé pour l’autorisati­on du burkini au côté de la mairie de Grenoble. « Il se borne à préciser qu’un maire ne peut autoriser spécifique­ment l’usage du burkini dans une piscine municipale tout en maintenant l’interdicti­on du port d’un maillot non moulant, a-t-il ajouté. Concrèteme­nt, cette décision concerne essentiell­ement la situation particuliè­re de Grenoble et ne saurait être généralisé­e ».

Éric Ciotti veut « une interdicti­on clairement inscrite dans la loi »

Le nouveau règlement, qui permettait également la baignade seins nus pour les femmes, et les maillots anti-UV pour tous, avait déclenché une tempête politique. La droite et l’extrême droite avaient notamment à nouveau réclamé davantage d’« encadremen­t » du port du burkini via une loi. Après la décision, le député Les Républicai­ns Éric Ciotti a demandé sur Twitter que son « interdicti­on soit clairement inscrite dans la loi ».

Une femme de 78 ans a été découverte morte, poignardée de plusieurs coups de couteau, dimanche à son domicile de Lompret, près de Lille, après un appel de son époux de 82 ans, qui a affirmé l’avoir tuée. L’homme a été hospitalis­é sous contrainte, son état de santé étant incompatib­le avec une garde à vue.

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(Photo Maxppp)

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