Mi­nistre des Fi­nances, d’une cas­quette, l’autre…

La Nouvelle Tribune - - Finances -

Les fon­da­men­taux du Ma­roc, qu’ils concernent les fi­nan­ce­ments pu­blics et l’équi­libre bud­gé­taire de l’État, ce­lui de la ba­lance com­mer­ciale et celle des paie­ments, le com­por­te­ment de l’in­fla­tion et du chô­mage ou en­core la so­li­di­té du sys­tème ban­caire ont tou­jours fait l’ob­jet d’un sui­vi des ins­ti­tu­tions in­ter­na­tio­nales et tout par­ti­cu­liè­re­ment du FMI et de la Banque mon­diale.

Et pour cause ! L’éco­no­mie ma­ro­caine s’ouvre de plus en plus à l’in­ter­na­tio­nal et sa san­té est cau­tion de l’en­det­te­ment, pu­blic et pri­vé, au­près de bailleurs de fonds, en di­rect ou sur les mar­chés de ca­pi­taux mon­diaux.

L’in­ci­dence des fac­teurs exo­gènes

Mais aus­si, le Ma­roc doit don­ner des gages pour re­ce­voir les aides et autres fi­nan­ce­ment in­ter­na­tio­naux, eu­ro­péens, du Golfe ou autres, pour le fi­nan­ce­ment d’in­ves­tis­se­ments struc­tu­rants ! Ce­pen­dant, au­jourd’hui, ces fon­da­men­taux servent d’autres causes, de plus en plus na­tio­nales, à com­men­cer par la réus­site de la ré­forme de la flexi­bi­li­té du Di­rham, dont ils ont consti­tué, dans cette en­tre­prise me­née par Bank Al-Magh­rib les pré­re­quis, tra­dui­sant la san­té éco­no­mique du pays.

Par ailleurs, l’ou­ver­ture du Ma­roc l’ex­pose de plus en plus à des risques exo­gènes, et, concer­nant la san­té des éco­no­mies par­te­naires, on peut af­fir­mer que, pour re­prendre l’ex­pres­sion bien connue, «quand l’Eu­rope éter­nue, le Ma­roc s’en­rhume»! parce qu’il s’agit de notre prin­ci­pal client et four­nis­seur! Mais plus seule­ment, car au­jourd’hui, non seule­ment l’éco­no­mie eu­ro­péenne pèse sur la nôtre par l’ex­pres­sion de sa de­mande, ses in­ves­tis­se­ments chez nous, etc., mais le ni­veau de sa mon­naie in­flue sur la va­leur du di­rham de­ve­nu flexible et, par ri­co­chet, sur l’équi­libre de notre ba­lance des paie­ments.

Les mésa­ven­tures mo­né­taires de cet été ren­con­trées par plu­sieurs pays émer­gents sont à prendre en grande consi­dé­ra­tion.

La livre turque qui a per­du 25% de sa va­leur en quelques jours, la conta­gion qui a tou­ché les mon­naies de pays d’Amé­rique la­tine et d’Asie, voire même la Rus­sie, ne peuvent nous lais­ser in­dif­fé­rents même si la ré­forme de la co­ta­tion du di­rham est en­core ré­cente et bien maî­tri­sée par Bank Al-Magh­rib.

Tout ce­la pour dire que les fon­da­men­taux du pays, qui font l’ob­jet d’un ta­bleau de bord en tant qu’in­di­ca­teurs éco­no­miques et fi­nan­ciers, ne doivent être la seule ré­sul­tante de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique, mais des ob­jec­tifs à at­teindre par une Po­li­tique éco­no­mique dy­na­mique.

Le dé­fi­cit bud­gé­taire chro­nique du Tré­sor l’a été long­temps au ni­veau du dé­fi­cit pri­maire, le­quel res­sort de l’adé­qua­tion ou non entre les re­cettes et les dé­pendes or­di­naires.

Ce der­nier est de­ve­nu lé­gè­re­ment po­si­tif de­puis plu­sieurs mois.

Et donc les in­ves­tis­se­ments pu­blics de l’ordre de 40 mil­liards de di­rhams sont cou­verts qua­si en­tiè­re­ment par de l’en­det­te­ment pu­blic et créent un dé­fi­cit !

Une main seule ne sau­rait ap­plau­dir!

De ce fait, ces in­ves­tis­se­ments pu­blics ne peuvent, à eux seuls, as­su­rer la to­ta­li­té des be­soins né­ces­saires à la dy­na­mi­sa­tion de la croissance.

Aus­si, l’éco­no­mie ma­ro­caine est tri­po­laire. Elle repose sur l’agri­cul­ture, les sec­teurs hors agri­cul­ture, c’est-à-dire les in­dus­tries et des ser­vices, mais aus­si sur sa branche sou­ter­raine.

Or, la ri­chesse créée par celle-ci n’est pas in­cluse dans les agré­gats ma­croé­co­no­miques du Ma­roc.

Ce­ci pour dire que les fon­da­men­taux éco­no­miques sont la ré­sul­tante de l’éco­no­mie dans son en­semble.

Certes, on constate que les pro­jets me­nés di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment par l’État, qui pro­fitent d’un bu­si­ness plan et bé­né­fi­cient d’avances fis­caux pro­bants, donnent des ré­sul­tats comme TMSA à Tan­ger, qui est un exemple de par­te­na­riat pu­blic-pri­vé qu’on de­vrait re­pro­duire dans toutes les villes, ceux dans l’éner­gie propre ou en­core le Plan de Dé­ve­lop­pe­ment des pro­vinces du Sud …

Mais, l’éco­no­mie pri­vée « stric­to-sen­su » souffre et c’est là où le pays doit opé­rer un chan­ge­ment ra­di­cal en fa­veur des ac­teurs éco­no­miques pri­vés.

Avec le dé­part de M. Bous­said et l’ar­ri­vée de M. Ben­chaa­boun, la res­pon­sa­bi­li­té éco­no­mique du mi­nistre doit de­ve­nir sa pre­mière pré­oc­cu­pa­tion dans sa double cas­quette de mi­nistre de l’éco­no­mie et des fi­nances.

En ef­fet, les ef­forts d’in­ves­tis­se­ments de l’État doivent être ac­com­pa­gnés par ceux du pri­vé et pour ce faire, une po­li­tique éco­no­mique d’en­cou­ra-

Newspapers in French

Newspapers from Morocco

© PressReader. All rights reserved.