CAR­TIER

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World of Tank

Née il y a un siècle, de­ve­nue icône de l’hor­lo­ge­rie et sym­bole de l’es­prit Car­tier, la Tank a tou­jours su se ré­in­ven­ter au fi l du temps, tout en conser­vant son style et ses ra­cines. Pour cé­lé­brer son cen­te­naire, de nou­veaux mo­dèles ont été dé­voi­lés, évo­quant les ver­sions les plus em­blé­ma­tiques. Des ré­in­ter­pré­ta­tions qui font de la Tank une montre plus my­thique que ja­mais.

« Tank is fo­re­ver. » Une for­mule per­cu­tante de Car­tier qui énonce fi­na­le­ment une vé­ri­té. Née il y a cent ans dans le fra­cas des com­bats de la Grande Guerre, la montre Tank est de­ve­nue l’une des prin­ci­pales icônes de l’hor­lo­ge­rie mon­diale. Elle entre main­te­nant dans son deuxième siècle d’exis­tence avec un sta­tut de star que rien ne semble pou­voir ter­nir.

Sans doute Louis Car­tier n’ima­gi­nait-il pas quel for­mi­dable des­tin at­ten­dait la montre dont il eut l’idée un jour sombre de 1916, sur le front.

Nous sommes le mercredi 15 sep­tembre, la ter­rible ba­taille de la Somme s’en­gage. Sou­dain, des ma­chines de guerre in­con­nues sur­gissent du cô­té des troupes bri­tan­niques. Les com­bat­tants al­le­mands dé­couvrent, face à eux, d’étranges mas­to­dontes rou­lants, de 8 mètres de long et équi­pés de che­nilles. Grâce à leur poids et à leur blin­dage de mé­tal, ces monstres de 30 tonnes écrasent les lignes de fils de fer bar­be­lés et fran­chissent les tran­chées ad­verses, tout en of­frant une pro­tec­tion mo­bile aux fan­tas­sins avan­çant dans leur sillage.

Comme ils res­sem­blaient à de gi­gan­tesques ré­ser­voirs, les sol­dats an­glais les avaient bap­ti­sés tout sim­ple­ment « tanks ». Quand et pour­quoi Louis Car­tier eut-il l’oc­ca­sion de voir de près ces cu­rieux en­gins ? Tou­jours est-il que leur sil­houette va lui don­ner une idée : adap­ter la forme gé­né­rale de ce que l’on ne nom­mait pas en­core « char d’as­saut » à un boî­tier de montre.

La paix re­ve­nue, Louis Car­tier of­fri­ra le pre­mier

exem­plaire de la nou­velle montre Tank au gé­né­ral Per­shing, com­man­dant du corps ex­pé­di­tion­naire amé­ri­cain en Eu­rope. Cette pièce, réa­li­sée en or jaune, pos­sé­dait un ca­dran or­né de chiffres ro­mains et d’une échelle des mi­nutes en forme de che­min de fer. Elle dis­po­sait d’ai­guilles pomme en acier bleui et d’une cou­ronne de re­mon­toir or­née d’un ca­bo­chon sa­phir. Tous les signes dis­tinc­tifs de la Tank étaient dé­jà réunis.

Très vite, la Tank va en­ta­mer son fa­bu­leux voyage à tra­vers le temps, ryth­mé par de mul­tiples évo­lu­tions qui la font gran­dir sans ja­mais se tra­hir. En 1921, elle est dé­cli­née dans une ver­sion Cin­trée, dont le boî­tier gal­bé aux lignes rec­tan­gu­laires éti­rées épouse la courbe du poi­gnet. L’an­née 1922, tour­née vers l’orien­ta­lisme, voit naître la montre Tank Chi­noise, évo­quant l’ar­chi­tec­ture des por­tiques des temples chi­nois. Cette même an­née ap­pa­raît éga­le­ment le mo­dèle Tank Louis Car­tier, qui se dis­tingue par ses angles adou­cis. En 1928, c’est au tour de la Tank à Gui­chets. Une ver­sion éton­nante où la glace, le ca­dran et les ai­guilles ont tout sim­ple­ment dis­pa­ru, rem­pla­cés par une plaque per­cée d’ou­ver­tures qui laissent voir des seg­ments de disques ro­ta­tifs – l’un ser­vant à vi­sua­li­ser l’heure, l’autre les mi­nutes. Autre dé­cli­nai­son spec­ta­cu­laire, la Tank Bas­cu­lante est dé­voi­lée en 1932. Son boî­tier pi­vote grâce à un ca­dran ar­ti­cu­lé, pro­té­geant ain­si ce der­nier des éven­tuels chocs. Vingt an­nées s’écoulent avant de re­trou­ver, en 1952, une touche de clas­si­cisme grâce à la Tank Rec­tangle.

Dans les an­nées soixante, la Pe­tite Tank Al­lon­gée et la Mi­ni Tank Louis Car­tier vont mar­quer une nou­velle étape avec des ver­sions fé­mi­nines, ser­ties

ou non. Puis c’est la ré­vo­lu­tion en 1977 quand Car­tier lance la Tank Must de Car­tier en ver­meil, au ca­dran co­lo­ré dé­pour­vu de tout chiffre.

Pré­sen­tée au pu­blic en 1989, la Tank Amé­ri­caine se veut l’hé­ri­tière de la Tank Cin­trée de 1921, tan­dis que la Tank Fran­çaise de 1996, do­tée d’un bra­ce­let mé­tal­lique et de bran­cards bi­seau­tés, marque, elle, un chan­ge­ment ra­di­cal de style. Tout comme l’au­da­cieuse Tank Di­van de 2002, dont le ca­dran se trouve cette fois à l’ho­ri­zon­tale. Viennent en­suite les Tank So­lo et XL Ex­tra-Plate juste avant la Tank An­glaise née en 2012, une montre plus en dou­ceur et en ron­deur.

100 ANS, ET TOU­JOURS MO­DERNE

Au­jourd’hui, la cé­lé­bra­tion du cen­te­naire de la Tank donne, au tra­vers d’une col­lec­tion an­ni­ver­saire, un coup de pro­jec­teur sur cer­taines ver­sions em­blé­ma­tiques.

Forme rec­tan­gu­laire par­fai­te­ment équi­li­brée, lignes ten­dues, bran­cards aux angles ar­ron­dis, chiffres ro­mains, mi­nu­te­rie che­min de fer, ai­guilles bleuies et cou­ronne or­née d’un sa­phir… La Louis Car­tier, dé­voi­lée en 1922, af­fi­chait tous les sym­boles ca­rac­té­ris­tiques de la Tank. Au mo­ment de cé­lé­brer son cen­te­naire, ce mo­dèle em­blé­ma­tique s’im­po­sait. On le re­dé­couvre en 2017 sous deux nou­velles in­ter­pré­ta­tions.

Tout d’abord, une ver­sion grand mo­dèle qui abrite, dans son boî­tier en or rose, un mou­ve­ment mé­ca­nique à re­mon­tage ma­nuel : le ca­libre

8971 MC. La montre est éga­le­ment dis­po­nible en or rose ou en or gris rho­dié ser­ti de dia­mants taille brillant.

Ce mou­ve­ment à re­mon­tage ma­nuel fi­gure aus­si dans un boî­tier plus pe­tit, en or rose non ser­ti, en or rose et dia­mants ou en or gris et dia­mants. Pour ses de­si­gners, il s’agit là d’un vé­ri­table « concen­tré de Car­tier ».

Autre nou­veau mil­lé­sime 2017, la Tank Cin­trée Sque­lette qui fait le lien entre hier et au­jourd’hui. En 1921, Car­tier avait ré­vo­lu­tion­né son mo­dèle phare en al­lon­geant le boî­tier dont la forme gal­bée épou­sait le poi­gnet. Le car­ré de la Tank

Cin­trée s’était mé­ta­mor­pho­sé en rec­tangle. En sou­ve­nir de cette au­dace es­thé­tique, Car­tier a ima­gi­né deux nou­velles ver­sions en or rose ou en pla­tine, pro­duites en édi­tions li­mi­tées à 100 exem­plaires, dont le boî­tier ac­cueille un mou­ve­ment sque­lette (ca­libre 9917 MC à re­mon­tage ma­nuel).

Avec son boî­tier rec­tan­gu­laire in­cur­vé, la Tank Amé­ri­caine avait été consi­dé­rée, lors de son ar­ri­vée, comme l’hé­ri­tière de la Tank Cin­trée. Pour­tant, ses formes plus mas­sives ex­pri­maient un tem­pé­ra­ment plus vi­ril, en adé­qua­tion avec l’époque. Elle se por­tait, par ailleurs, sur un bra­ce­let do­té d’une nou­velle boucle dé­ployante qui per­met­tait d’en adap­ter pré­ci­sé­ment la lon­gueur à la taille du poi­gnet. Un dis­po­si­tif qui vient rem­pla­cer ce­lui que Car­tier uti­li­sait de­puis… 1910 ! À no­ter éga­le­ment que cette Tank Amé­ri­caine était la pre­mière montre Car­tier pos­sé­dant un boî­tier gal­bé étanche.

En 2017, elle connaît une deuxième jeu­nesse avec une pré­sence vi­suelle tou­jours aus­si puis­sante, dans une ver­sion acier aux lignes épu­rées et au style contem­po­rain très sobre.

Trois tailles sont dis­po­nibles : un pe­tit mo­dèle qui re­çoit un mou­ve­ment à quartz, tan­dis que les moyen et grand mo­dèles abritent un mou­ve­ment au­to­ma­tique.

En 1996, l’ar­ri­vée de la Tank Fran­çaise avait sur­pris, au­tant par son boî­tier in­té­gré dans un bra­ce­let en mé­tal que par ses bran­cards bi­seau­tés. Les maillons du bra­ce­let af­fi­chant une cour­bure concave amènent à par­ler de ra­di­ca­li­sa­tion des lignes. Au mo­ment où Car­tier fête les 100 ans d’exis­tence de sa montre ico­nique, la nou­velle

Tank Fran­çaise se dis­tingue une fois en­core en ma­riant acier et dia­mants taille brillant. Exis­tant en deux ver­sions (pe­tit et moyen mo­dèle) – toutes deux ani­mées par un mou­ve­ment à quartz –, cette Tank conti­nue de re­ven­di­quer son ca­rac­tère à part. Une montre ser­tie « libre et af­fran­chie » , comme l’af­firment ses concep­teurs, qui reste néan­moins fi­dèle à l’idée de gé­nie que Louis Car­tier avait eue en 1917. Une idée de­ve­nue une lé­gende cen­te­naire.

Qu’elle soit clas­sique, Amé­ri­caine, Fran­çaise, ser­tie de dia­mants ou non, en or ou en acier, mé­ca­nique ou à quartz, de grande ou pe­tite taille, toute nou­velle Tank per­pé­tue la lé­gende.

Conser­vant les signes dis­tinc­tifs de la Tank ori­gi­nelle, les deux nou­velles ver­sions en or rose ou en pla­tine de la Tank Cin­trée ac­cueillent un mou­ve­ment sque­lette. Edi­tion li­mi­tée 100 exem­plaires.

L’une des pièces les plus mar­quantes de cette col­lec­tion an­ni­ver­saire est la Tank Louis Car­tier en or, pro­po­sée en deux tailles, en ver­sions clas­siques ou ser­ties, ani­mées par un mou­ve­ment à re­mon­tage ma­nuel.

Lignes ten­dues, boî­tier car­ré ou rec­tan­gu­laire, formes droites ou gal­bées, les Tank ex­priment toutes les fa­cettes de la géo­mé­trie en pré­ser­vant un es­prit im­muable.

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