Bière lo­cale au res­to bien­tôt obli­ga­toire?

VAUD Deux élus sou­haitent don­ner un coup de pouce aux pe­tits bras­seurs face aux géants de l’in­dus­trie.

20 Minutes - Lausanne - - La Une - –YAN­NICK WE­BER

Dif­fi­cile pour les mi­cro­bras­se­ries de lut­ter contre les géants de la bière. Car nombre de bis­trots ou de fes­ti­vals sont pieds et poings liés avec des groupes in­dus­triels qui les contraigne­nt à ser­vir leur marque contre un sou­tien fi­nan­cier ou ma­té­riel. Pour im­po­ser la mousse lo­cale, deux élus so­cia­listes vau­dois de­mandent qu’au moins une bière pro­duite dans le can­ton soit pro­po­sée sur la carte des restos. Une obli­ga­tion qui existe dé­jà pour le vin.

Tous les bis­trots du can­ton sont obli­gés par la loi de pro­po­ser un vin vau­dois à la carte. «Pour­quoi ne fe­rait-on pas pa­reil pour la bière?» de­mandent les élus so­cia­listes Jes­si­ca Jac­coud et Sa­muel Ben­da­han, qui ont dé­po­sé cette se­maine des mo­tions au Grand Con­seil et au Con­seil na­tio­nal. Or beau­coup de bars, res­tau­rants et fes­ti­vals sont liés par des contrats d’ex­clu­si­vi­té avec des grands groupes. Ils s’en­gagent à ne vendre que leurs bières en échange d’une aide fi­nan­cière ou ma­té­rielle. «Carls­berg et Hei­ne­ken dé­tiennent à eux deux 70% du mar­ché suisse», note l’élue vau­doise. Elle de­mande que la loi force les éta­blis­se­ments à pro­po­ser au moins une bière ar­ti­sa­nale pro­duite dans le can­ton, seule fa­çon de dé­pas­ser ces contrats. «L’idée n’est pas d’en­trer en guerre contre les grands groupes, mais de lais­ser la pos­si­bi­li­té de pro­po­ser des bières vau­doises», ex­plique Jes­si­ca Jac­coud. Sa­muel Ben­da­han in­ter­vient, lui, à Berne sur un plan fis­cal (lire en­ca­drés).

Pour Ad­dic­tion Suisse, cette me­sure n’est pas la bien­ve­nue: «Il y a un risque avec cette pro­mo­tion car les pro­duits lo­caux sont très en vogue, note sa porte-pa­role, Mo­nique Port­nerHel­fer. Quant aux im­pôts, le prix in­fluence la consom­ma­tion et les taxes pour les bières sont dé­jà très basses. Il fau­drait plu­tôt les aug­men­ter.»

«Notre but n’est pas de pro­mou­voir l’al­cool, mais de lais­ser le choix à ceux qui ne l’ont pas de pro­po­ser ces pro­duits», conteste Jes­si­ca Jac­coud.

–ISTOCK

Le mar­ché est lar­ge­ment do­mi­né par quelques in­dus­tries.

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