Un dé­te­nu a frap­pé bru­ta­le­ment une gar­dienne à Bo­chuz

L’agente de dé­ten­tion a re­çu un coup au vi­sage. Elle a briè­ve­ment per­du connais­sance

24 Heures - - La Une - Phi­lippe Mas­po­li

L’agente a briè­ve­ment per­du connais­sance après avoir re­çu un coup au vi­sage de la part d’un homme dé­te­nu au sein de l’uni­té psy­chia­trique.

Dans le contexte ten­du de la pri­son, les sur­veillants s’ex­posent à des actes de vio­lence. Ils sont for­més pour désa­mor­cer les me­naces de confron­ta­tion phy­sique. Par­fois, ce­la ne suf­fit pas. Une agente de dé­ten­tion du pé­ni­ten­cier de Bo­chuz, à Orbe, en a fait la dure ex­pé­rience mer­cre­di 26 sep­tembre vers 9 h du ma­tin. Elle a re­çu un coup bru­tal au vi­sage: «Elle a été agres­sée par une per­sonne dé­te­nue au sein de l’uni­té psy­chia­trique de l’éta­blis­se­ment», confirme Marc Ber­to­laz­zi, porte-pa­role du Ser­vice pé­ni­ten­tiaire (SPEN).

L’agente a été frap­pée avec suf­fi­sam­ment de vio­lence pour qu’elle perde connais­sance un bref ins­tant. Elle n’a tou­te­fois pas été hos­pi­ta­li­sée. Un contrôle mé­di­cal a suf­fi pour s’as­su­rer de l’ab­sence de lé­sions graves. Se­lon nos in­for­ma­tions, la sur­veillante se­rait tou­jours en ar­rêt ma­la­die en rai­son du trau­ma­tisme su­bi. «Comme tout col­la­bo­ra­teur du ser­vice confron­té à un évé­ne­ment ex­tra­or­di­naire dans le cadre de sa pro­fes­sion, elle a bé­né­fi­cié d’une prise en charge psy­cho­lo­gique spé­cia­li­sée et adap­tée», pré­cise Marc Ber­to­laz­zi.

L’agente de dé­ten­tion, qui a dé­po­sé une plainte pé­nale, a aus­si re­çu un ap­pui ju­ri­dique. En plus d’une peine pro­non­cée par la jus­tice, le dé­te­nu risque une sanc­tion dis­ci­pli­naire. Le pé­ni­ten­cier a ou­vert une pro­cé­dure dans ce sens. «Le Ser­vice pé­ni­ten­tiaire tient à rap­pe­ler qu’il condamne sans com­pro­mis tout acte de vio­lence en­vers le per­son­nel pé­ni­ten­tiaire», sou­ligne Marc Ber­to­laz­zi.

L’au­teur de l’agres­sion est in­car­cé­ré de­puis août 2016 et est ar­ri­vé à Orbe en oc­tobre de la même an­née. En juillet 2017, la jus­tice l’a dé­cla­ré pé­na­le­ment ir­res­pon­sable de ses actes, une contrainte sexuelle sur une pros­ti­tuée dans un contexte pa­tho­lo­gique. Une me­sure thé­ra­peu­tique ins­ti­tu­tion­nelle lui a été im­po­sée. L’homme fait par­tie des plus de cent per­sonnes pla­cées sous me­sure et sui­vies par le Ser­vice de mé­de­cine et de psy­chia­trie pé­ni­ten­tiaire (SMPP) di­ri­gé par le Pr Bru­no Gra­vier: «Sa place se trouve cer­tai­ne­ment ailleurs que dans une pri­son vu les graves troubles psy­chiques dont il souffre et vu son ir­res­pon­sa­bi­li­té pé­nale», dé­clare le psy­chiatre. Le dé­te­nu a agi en rai­son d’une frus­tra­tion: il n’avait pas re­çu sa «can­tine», une pe­tite com­mande qui per­met d’amé­lio­rer l’or­di­naire car­cé­ral.

Le SMPP dis­pose de 8 places à Bo­chuz, 13 places à Lo­nay et 19 places à Cu­ra­bi­lis (GE). Un nombre in­suf­fi­sant alors qu’il doit s’oc­cu­per non seule­ment des per­sonnes pla­cées sous me­sure ins­ti­tu­tion­nelle mais aus­si des dé­te­nus qui souffrent de troubles men­taux, pro­vi­soires ou du­rables.

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