À Vevey, la Mu­ni doit don­ner son sac en vrac

24 Heures - - Opinions - Claude An­ser­moz Ré­dac­teur en chef

Il y a deux jours à cette même place, Sté­pha­nie Ar­boit de­man­dait à toute la classe po­li­tique ve­vey­sanne de se cal­mer pour ne pas ris­quer une mise sous tu­telle par l’État. La pug­na­ci­té de notre consoeur a per­mis de sou­le­ver bien des lièvres dans ce dos­sier. Dans ces co­lonnes, elle en ap­pe­lait au bon sens. Vu de Lau­sanne, vu de Ge­nève, vu de Berne et de Zu­rich, on ima­gine pour­tant mal com­ment l’Exé­cu­tif pour­rait se pas­ser d’un choc dé­mo­cra­tique. À moins que la ville d’images – c’est son slo­gan – tire une quel­conque glo­riole à être la ri­sée de

«Au pays des mes­sa­gers boi­teux, on va bien­tôt par­ler de ve­vey­san­ne­ries»

tout le pays. On connais­sait les En­fer­rer. Au pays des mes­sa­gers boi­teux, et à quelques mois de la plus grande fête po­pu­laire du can­ton, on va bien­tôt par­ler de ve­vey­san­ne­ries. Ou de «ve­veyz’ân­ne­ries», terme que l’on re­trouve dé­sor­mais sur les ré­seaux so­ciaux.

Po­li­ti­que­ment, ce sont les bases mêmes du sys­tème suisse qui sont pous­sées dans leurs re­tran­che­ments. Dans un Exé­cu­tif, une coa­li­tion qui n’a pas choi­si de l’être ne peut fonc­tion­ner que dans un calme re­la­tif avec des adeptes du com­pro­mis. Lors­qu’une crise éclate et que la col­lé­gia­li­té n’est plus qu’un vain mot in­usi­té, le gou­ver­ne­ment ne peut pas fonc­tion­ner. Sur­tout quand plu­sieurs de ses membres dé­raillent en même temps.

Ce ne sont donc pas (que) les com­pé­tences des élus qui sont en jeu au­jourd’hui à Vevey. La syn­dique Verte, Eli­na Leim­gru­ber, dans un contexte des plus pour­ris, fait cer­tai­ne­ment tout ce qu’elle peut pour que la mac­hine ad­mi­nis­tra­tive conti­nue à tour­ner. Mais c’est dé­sor­mais au peuple ve­vey­san de dé­ci­der qui mé­rite en­core sa confiance et qui l’a tra­hie. Et pour ce­la, il faut une dé­mis­sion col­lec­tive et re­tour­ner de­vant les urnes. Ceux qui es­timent qu’ils n’ont rien à se re­pro­cher au­ront tout le loi­sir de se re­pré­sen­ter.

Hier, ce n’est pas autre chose que la ma­jo­ri­té du Conseil com­mu­nal a choi­si de dire. Et si l’on en re­vient aux règles de vie de la po­li­tique suisse, qu’elle soit na­tio­nale ou lo­cale, le Lé­gis­la­tif a ten­té de jouer son rôle de contre-pou­voir. Comme la presse. Là où le bât blesse, c’est qu’il n’ait pas de pos­si­bi­li­té de des­ti­tuer par un vote ce­lui ou ceux qui ont été élus par un vote. En la cir­cons­tance, la dé­mo­cra­tie lo­cale en sort per­dante.

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