Les élus aven­chois coincent sur l’aide aux plus dé­mu­nis

24 Heures - - Vaud - F.RA.

Pres­ta­tions so­ciales Le rè­gle­ment pro­po­sé par la Mu­ni­ci­pa­li­té a été re­je­té. Il était plus cher et moins fa­vo­rable aux bé­né­fi­ciaires

Fré­dé­ric Ra­vus­sin

Avenches ne veut pas oc­troyer des aides so­ciales com­plé­men­taires qui lui coû­te­raient plus cher, tout en étant moins fa­vo­rables à ses bé­né­fi­ciaires. En re­fu­sant lar­ge­ment jeu­di soir la pro­po­si­tion de sa Mu­ni­ci­pa­li­té, le Conseil com­mu­nal lui a fait com­prendre qu’elle de­vait re­ve­nir de­vant lui avec un rè­gle­ment moins contra­dic­toire.

«Si l’on es­time que c’est trop d’al­louer 200 000 francs aux per­sonnes âgées les plus dé­mu­nies de notre Com­mune alors que notre bud­get an­nuel se monte à 20 mil­lions, c’est grave. Et au­tant re­fu­ser ce nou­veau rè­gle­ment.» In­grid Frey­mond en tête, le PS flan­qué du PLR a fer­raillé dur contre le net­toyage du Rè­gle­ment sur l’oc­troi de l’aide com­plé­men­taire com­mu­nale (ACC).

«Avec un an­cien do­cu­ment da­tant du 19 no­vembre 1982, il est temps de pro­cé­der à une adap­ta­tion de ce rè­gle­ment, qui s’ap­plique uni­que­ment aux ren­tiers AVS/AI bé­né­fi­ciaires des pres­ta­tions com­plé­men­taires», a pré­ci­sé le rap­por­teur de la Com­mis­sion des fi­nances, Da­vid Gal­lay (Ras­sem­ble­ment aven­chois). «Certes, mais il faut sa­voir que le mon­tant qui leur se­rait pro­po­sé en cas d’ac­cep­ta­tion est plus bas que ce­lui oc­troyé il y a 30 ans. En outre, les condi­tions pour y avoir droit sont plus nom­breuses», s’agace In­grid Frey­mond.

La Mu­ni­ci­pa­li­té sou­hai­te­rait en ef­fet que seules les per­sonnes do­mi­ci­liées à Avenches de­puis 10 ans puissent y pré­tendre. Et ce dans le but de lut­ter contre le tou­risme so­cial. Il faut sa­voir en ef­fet que cer­taines Com­munes – dont Grand­son ou Cu­dre­fin – ont re­non­cé à com­plé­ter les aides ac­cor­dées par le Can­ton à leurs ha­bi­tants, comme elles en ont la pos­si­bi­li­té de­puis que l’État a pris en charge la fac­ture so­ciale, via les agences d’as­su­rances so­ciales. Ce n’est tou­te­fois pas le cas d’Avenches, qui re­con­naît que de nom­breuses per­sonnes ne se trouvent pas dans une si­tua­tion confor­table. Au cha­pitre fi­nan­cier, la Com­mune leur ac­corde ac­tuel­le­ment en moyenne 80 francs par mois. Or, le nou­veau rè­gle­ment ne leur per­met­trait de tou­cher qu’entre 50 francs et 75 francs maxi­mum se­lon leur si­tua­tion…

Pro­tec­tion des don­nées

Il convient en outre de no­ter qu’ac­tuel­le­ment, tous les ayants droit po­ten­tiels ne sont pas bé­né­fi­ciaires de ces aides, par manque d’in­for­ma­tions no­tam­ment. Pour­quoi dès lors ne pas les te­nir in­for­més de leurs droits? Se­lon le mu­ni­ci­pal, la Com­mune ne peut pas les contac­ter di­rec­te­ment, l’Agence d’as­su­rance so­ciale ( AAS) qui gère ces dos­siers n’ayant pas le droit de trans­mettre leur liste pour des ques­tions de pro­tec­tion des don­nées. «Rai­son ● L’as­sem­blée sor­tait à peine du long dé­bat sur la mo­di­fi­ca­tion du rè­gle­ment sur l’oc­troi de l’aide com­plé­men­taire com­mu­nale, qu’elle a in­fli­gé un deuxième re­vers sec à sa Mu­ni­ci­pa­li­té. Le se­cond de la soi­rée, le troi­sième de la lé­gis­la­ture (sur 39 ob­jets vo­tés). À une écra­sante ma­jo­ri­té – seuls deux des 54 conseillers pré­sents l’ont ac­cep­té –, les élus ont ren­voyé l’Exé­cu­tif à son étude quant à l’as­sai­nis­se­ment et la ré­no­va­tion de la Mai­son du Ver­ney à Do­na­tyre.

« Le coût est trop éle­vé et cette opé­ra­tion n’est pas pour la­quelle nous avons de­man­dé et ob­te­nu du Can­ton que l’AAS ait le droit d’ad­mi­nis­trer cette aide dans l’adap­ta­tion que nous vous sou­met­tons», pré­cise le mu­ni­ci­pal Éric Schürch.

L’agence pour­rait, elle, en­trer en contact avec les 234 per­sonnes au bé­né­fice des pres­ta­tions com- in­té­res­sante fi­nan­ciè­re­ment » , a no­tam­ment sou­li­gné Yan Vol­len­wei­der, membre du groupe PS et Sym­pa­thi­sants et rap­por­teur de la com­mis­sion char­gée d’étu­dier ce pro­jet. Pour au­tant, les Aven­chois ne veulent pas voir dis­pa­raître cette mai­son éri­gée dans les an­nées 1830, ni la faire sor­tir du pa­tri­moine com­mu­nal. « Je rê­ve­rais que la Mu­ni­ci­pa­li­té re­vienne de­vant nous avec un autre pro­jet vi­sant à pré­ser­ver la Mai­son d’Han­sel et Gre­tel » , a ren­ché­ri la so­cia­liste In­grid Frey­mond. Plu­sieurs voix ont émis l’idée plé­men­taires can­to­nales et leur in­di­quer qu’elles ont peut-être la pos­si­bi­li­té d’avoir droit à une ral­longe com­mu­nale.

Mais l’en­semble de cette pres­ta­tion, l’AAS ne va évi­dem­ment pas la réa­li­ser gra­tui­te­ment, puis­qu’elle fac­tu­re­rait 6600 francs an­nuels à Avenches. «Si je ré­sume, on passe à un sys­tème où les bé­né­fi­ciaires tou­che­raient moins et où on paie­rait pour une pres­ta­tion ex­té­rieure qu’on as­sume au­jourd’hui? Où est le bé­né­fice? Peut-être bien qu’il faut net­toyer ce rè­gle­ment, mais mettre en place une pa­reille usine à gaz, c’est ab­surde, et même in­ad­mis­sible», avait lan­cé à ce pro­pos le PLR Jean-Ch­ris­tophe De­la­fon­taine avant le vote qui al­lait désa­vouer la Mu­ni­ci­pa­li­té.

«Mettre en place une telle usine à gaz, c’est ab­surde et même in­ad­mis­sible» Jean-Ch­ris­tophe De­la­fon­taine Conseiller com­mu­nal PLR

de pri­vi­lé­gier une autre piste que le pe­tit ap­par­te­ment à louer pro­po­sé par la Mu­ni­ci­pa­li­té: en faire un es­pace com­mu­nau­taire.

Le pro­jet était de don­ner pour 313 000 francs une nou­velle jeu­nesse à cette pro­prié­té es­ti­mée en l’état à 235 000 francs (y com­pris les 130 000 francs du ter­rain de 380 m2 sur le­quel elle se dresse). «Nous avons pris la dé­ci­sion de ré­no­ver cette mai­son vé­tuste, il n’est pas à l’ordre du jour de le vendre», a ré­pon­du le mu­ni­ci­pal des Bâ­ti­ments, Pas­cal Buache.

JEAN-PAUL GUINNARD

Des conseillers vou­draient faire de la Mai­son du Ver­ney un lieu com­mu­nau­taire.

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