Con­ti­ni: «Main­te­nant, il n’y a plus d’ex­cuses»

Sous pres­sion, l’en­traî­neur du LS semble ne pas trop s’en faire. En tout cas, il ne chan­ge­ra ni sa per­son­na­li­té ni sa mé­thode

24 Heures - - Sports - Si­mon Meier

Gior­gio Con­ti­ni au­rait de quoi être en sou­ci. Il nous a re­çu en toute dé­con­trac­tion, ven­dre­di mi­di, afin d’évo­quer l’ac­tua­li­té peu re­lui­sante de son Lau­sanne-Sport. Et à l’en­tendre, si l’on ex­cepte les ré­sul­tats, tout va bien.

Gior­gio, qu’est-ce qui ne va pas?

Les ré­sul­tats ne sont pas là, on souffre un peu. C’est tou­jours comme ça, quand tu n’ar­rives pas à sai­sir les mo­ments, tuer les matches. Il manque le truc qui fait tour­ner les choses et, à force, tout de­vient plus com­pli­qué. Il y a des phases dans une sai­son et en ce mo­ment, on a un sou­ci de confiance.

À vous voir, vous n’en man­quez pas. Comment la trans­mettre?

Mais tout le monde a confiance au club, à com­men­cer par les di­ri­geants, qui voient comment on bosse. On dis­cute en­semble, je suis très sé­vère avec les joueurs. Quand je n’ob­tiens pas ce que j’at­tends, je le leur dis. À l’en­traî­ne­ment, ils ap­portent des ré­ponses. Mais le mo­ment de vé­ri­té, ce sont les 90 mi­nutes que tout le monde voit. Et là, on n’y ar­rive pas. Il faut tra­vailler. Plus qu’un bou­lot tac­tique, c’est une his­toire de dia­logue.

Il y en a eu cette se­maine à la Pon­taise. Pour se dire quoi?

Je ne suis ni du genre à faire des sauts de 2 mètres quand on gagne, ni à me ca­cher quand on perd. Je garde ma ligne, si­non je perds ma cré­di­bi­li­té. Je ne chan­ge­rai pas d’at­ti­tude, j’ai tou­jours confiance en mon tra­vail et mon équipe.

Com­pre­nez-vous qu’il y ait de l’in­quié­tude et de la co­lère? C’est nor­mal, j’ai con­nu pire à SaintGall. Les gens ont le droit d’être fâ­chés, sur­tout après une pres­ta­tion comme celle contre Va­duz. Les joueurs n’ont pas le droit de ré­édi­ter ça. Bien sûr que je com­prends les sif­flets. Mais il ne faut pas tout re­mettre en ques­tion quand ce­la ne va pas, si­non tu sèmes en­core plus le doute. L’im­por­tant, c’est qu’on sache exac­te­ment ce que nous fai­sons à l’in­terne. Je suis sûr que le tra­vail va payer.

Vos di­ri­geants vous ont-ils mis sous pres­sion?

Non. Dès le pre­mier jour, j’ai te­nu à ce qu’il y ait une liai­son avec les di­ri­geants, le pré­sident. La séance était pré­vue mais, vu la si­tua­tion, cer­tains ont par­lé de crise. Le pré­sident nous a ré­pé­té qu’il était convain­cu par ce qui se fai­sait. Donc vous ne vous sen­tez pas en dan­ger?

Non. Je me suis tou­jours mis de la pres­sion et c’est clair qu’on doit ga­gner à Kriens. On doit as­su­mer. Vous n’êtes pas ve­nu en confé­rence de presse après Va­duz. Aviez-vous peur de ce que vous pour­riez y dire? Non. J’ai pris le temps de par­ler à l’équipe – c’était le plus im­por­tant pour moi. Puis j’ai lais­sé les joueurs dis­cu­ter en­semble.

Au vert.

Comme il en a pris l’ha­bi­tude avant tout dé­pla­ce­ment do­mi­ni­cal loin­tain, le LS pren­dra la route dès sa­me­di et pas­se­ra la nuit dans la ré­gion lu­cer­noise.

In­fir­me­rie.

Jé­ré­my Ma­nière, Noah Loos­li et Yelt­sin Te­je­da manquent tou­jours à l’ap­pel. Per Egil Flo et Mi­ckaël Na­ni­zaya­mo sont en re­vanche de re­tour au sein de l’ef­fec­tif. Avez-vous sen­ti une ré­volte? Cette se­maine, ils étaient très concen­trés – mais les pré­cé­dentes aus­si. On a fait en sorte de lais­ser ce match contre Va­duz der­rière nous. On sait qu’il n’était pas bon, mais on veut al­ler de l’avant.

Votre ves­tiaire est-il plei­ne­ment der­rière vous? Oui. Tous les joueurs, y com­pris ceux qui at­tendent l’oc­ca­sion de jouer, sont là. Je le vois dans leur im­pli­ca­tion, je n’ai au­cun doute. Per­sonne n’a été obli­gé de res­ter au LS, il y a une vo­lon­té com­mune.

Donc ce n’est pas ça, le sou­ci. On cherche tou­jours…

Le sou­ci, ce sont les 90 mi­nutes. Si tu vois nos sept en­traî­ne­ments de la se­maine, tout va bien. Il manque peut-être un es­prit de com­pé­ti­ti­vi­té. Il faut être là quand ça compte, dès le coup d’en­voi. Si on joue dix fois ver­ti­cal et que le bal­lon sort huit fois, je m’en fous – parce qu’il peut se pas­ser quelque chose les deux ou trois fois où le bal­lon ar­ri­ve­ra. Moi aus­si, j’ai­me­rais des vic­toires et du spec­tacle. Mais des fois, il n’y a pas de place pour faire le jeu. Alors il vaut mieux mettre de longs bal­lons, pro­vo­quer les duels et les ga­gner. C’est aus­si une fa­çon de s’im­po­ser, en puis­sance, comme à la guerre.

Vos joueurs sont-ils trop gen­tils?

Non. (Si­lence.) Des fois, oui, on pour­rait dire qu’on perd trop de duels. Mais j’ai les sta­tis­tiques, je peux vous dire que nous ne cou­rons pas moins que les autres. En re­vanche, si Mar­giot­ta marque trois buts au lieu de ti­rer trois fois sur la barre, ça peut nous faire six points en plus et on dis­cu­te­rait au­tre­ment. Ce sont tou­jours ces pe­tits dé­tails qui changent le foot.

Qu’est-ce qui vous fait pen­ser que le dé­clic ar­ri­ve­ra à Kriens?

Je suis très po­si­tif. Main­te­nant, il n’y a plus d’ex­cuses. Après Kriens, nous au­rons Win­ter­thour, Aa­rau, Ser­vette et Wil. Soit on est vrai­ment là, soit on de­vra re­ve­nir sur cer­tains choix. Mais je suis sûr que les joueurs vont ré­agir. Ma vi­sion est claire, sans nuage ni brouillard.

«Je ne chan­ge­rai pas d’at­ti­tude, j’ai tou­jours confiance en mon tra­vail et mon équipe»

Vous al­lez jouer votre poste sur ces cinq matches, non?

Si ce­la me pose pro­blème, je dois chan­ger de bou­lot. On n’est pas là où on ai­me­rait être. Peut-être avions-nous be­soin de vivre ça. En tout cas, je ne chan­ge­rai rien à ma per­son­na­li­té, à mon tra­vail. Je pense que je suis dans le juste.

Pen­sez-vous avoir fait des er­reurs de­puis cet été?

C’était la pre­mière fois que je re­pre­nais une équipe re­lé­guée. C’était très dur de sa­voir qui par­ti­rait ou qui res­te­rait, qui était bien ou pas au ni­veau men­tal. Je ne peux pas dire que je chan­ge­rais quelque chose, puisque je n’avais ja­mais vé­cu ça. Les re­grets, ça ne sert à rien. Il faut res­ter soi-même.

Se­rez-vous sur le banc du LS pour l’inau­gu­ra­tion du nou­veau stade?

Oui, ab­so­lu­ment.

VA­NES­SA CAR­DO­SO

Gior­gio Con­ti­ni at­tend un dé­clic: «Le tra­vail va payer, je pense que je suis dans le juste.»On vous re­proche d’être trop pru­dent, de ne pas im­po­ser votre su­pé­rio­ri­té sup­po­sée…

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