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24 Heures - - Opinions - Ru­brique Vaud et ré­gions

L’ac­tua­li­té po­li­tique s’est ré­vé­lée un tan­ti­net cu­rieuse cette se­maine. La gauche a fait preuve d’une cer­taine fé­bri­li­té suite à l’an­nonce du dé­part de Pierre-Yves Maillard. Le groupe En­semble à Gauche a convo­qué les mé­dias lun­di pour une confé­rence de presse qui al­lait se te­nir jeu­di. N’était-ce pas des fois pour lan­cer la can­di­da­ture de Jean-Mi­chel Do­li­vo (so­li­da­ri­téS), ce que tout le monde avait de­vi­né de­puis long­temps? No com­ment. La presse a été priée de se taire. Et puis on a ap­pris mer­cre­di, par un com­mu­ni­qué fu­rieux, que le Par­ti ou­vrier po­pu­laire (POP) n’était pas au cou­rant de la­dite confé­rence de presse. Pas plus que de la can­di­da­ture de Do­li­vo. Lo­gique, puisque les ca­ma­rades pro­lé­taires n’al­laient plus aux réunions de la coa­li­tion de­puis quatre mois, le Par­ti du tra­vail suisse ayant dé­ci­dé de faire cavalier seul aux pro­chaines fé­dé­rales. La mise en com­mun des moyens de pro­duc­tion n’est vi­si­ble­ment plus de mise chez les mar­xistes vau­dois. Pen­siez-vous que les deux par­tis s’ex­pli­que­raient? Que nen­ni. Un membre du POP a in­fil­tré la confé­rence de presse pour sa­voir ce qui s’y di­rait. Et le len­de­main on a ap­pris que le POP lan­çait sa propre can­di­date.

Au Par­ti so­cia­liste, la stra­té­gie pa­rais­sait en re­vanche ré­glée comme du pa­pier à musique. Tout le monde sa­vait de­puis des se­maines que Re­bec­ca Ruiz ten­te­ra sa chance pour suc­cé­der à Pierre-Yves Maillard au gou­ver­ne­ment. Mais c’eût été trop fa­cile de le dire sim­ple­ment et tout de suite. Il a d’abord fal­lu at­tendre la te­nue d’un congrès, mar­di soir, pour faire ap­prou­ver un ca­len­drier de vo­ta­tions par les ca­ma­rades, pro­cé­dure dont l’in­té­rêt ne saute pas fran­che­ment aux yeux. Jeu­di, alors que l’avo­cat Do­li­vo lan­çait sa can­di­da­ture de com­bat, le so­cia­liste Sté­phane Mon­tan­ge­ro an­non­çait qu’il s’ef­fa­ce­ra au pro­fit de Re­bec­ca Ruiz. Tout en pré­ci­sant que sa can­di­da­ture n’était pas of­fi­cielle, pas plus que celle de Re­bec­ca Ruiz, la­quelle s’ex­pri­me­rait ven­dre­di en son nom per­son­nel, sa sec­tion n’ayant pas en­core ap­prou­vé sa can­di­da­ture in­terne, etc. Pen­dant ce temps, le par­ti ré­af­fir­mait que les can­di­da­tures resteraient bel et bien ou­vertes pen­dant deux se­maines. Et le dé­pu­té Mon­tan­ge­ro de pré­ci­ser qu’il ne po­se­ra pas sa can­di­da­ture pour les fé­dé­rales de 2019, mais sa «can­di­da­ture à la can­di­da­ture», nuance, au cas où quel­qu’un n’au­rait pas com­pris qu’on ne ri­gole pas avec les règles in­ternes du par­ti.

La droite a pu se gaus­ser de tout ce mic­mac, elle qui reste muette en at­ten­dant de te­nir une stra­té­gie. On se ré­jouit de la voir à l’oeuvre. Rien n’est simple au pays en­chan­té des par­tis po­li­tiques.

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