Der­nière com­mune vau­doise dont le sys­tème n’est pas conforme au droit, Yver­don s’adapte en­fin. Mais le débat n’est que sus­pen­du Ul­time re­tar­da­taire, Yver­don se dote d’une taxe dé­chets

24 Heures - - Vaud - Er­wan Le Bec

On a sau­vé les meubles. Dans des cir­cons­tances ro­cam­bo­lesques (une sus­pen­sion de séance, des trac­ta­tions du­rant la pause ci­ga­rette ain­si que des né­go­cia­tions en plé­num entre les groupes), les élus yver­don­nois sont par­ve­nus à trou­ver un com­pro­mis jeu­di soir sur la taxe sur les dé­chets. Yver­don est en ef­fet la der­nière com­mune vau­doise à fi­nan­cer l’éli­mi- na­tion des or­dures par ses propres fi­nances, alors que l’État de­mande, no­tam­ment après une ju­ris­pru­dence en 2011, une taxe pui­sant di­rec­te­ment dans la poche des pro­duc­teurs de dé­chets.

Il était moins une. Le Can­ton mon­trait clai­re­ment des signes d’im­pa­tience et la Ville comp­tait sur le pac­tole (en­vi­ron 1,7 mil­lion de francs) pour son exer­cice comp­table… 2018. Pas ques­tion donc de mo­di­fier, en fin d’an­née, une vir­gule de la nou­velle taxe. Sous peine de re­pas­ser par un exa­men can­to­nal et par ce­lui de M. Prix, ce qui au­rait ren­voyé l’en­cais­se­ment à l’exer­cice pro­chain. Voi­là. Une «mise de­vant le fait ac­com­pli» ou «un cou­teau sous la gorge» qu’ont dé­non­cé les élus de tout bord de l’échi­quier, y com­pris au sein de la ma­jo­ri­té bour­geoise.

Le hic, c’est que chaque bord tient à mettre sa patte à la dou­lou- reuse, no­tam­ment dans les me­sures vi­sant à l’adou­cir. La gauche de­mande des aides «sub­stan­tielles» à hau­teur de 50% des re­ve­nus de la taxe, no­tam­ment pour des me­sures contre le lit­te­ring et les faibles re­ve­nus, et la droite concède des aides «sen­sibles» pour plus ou moins les mêmes in­té­res­sés, à condi­tion de ne pas sur­char­ger l’ad­mi­nis­tra­tion et la bourse com­mu­nale. On joue sur les mots.

De dé­pit, chaque camp a ac­cep­té de re­ti­rer ses amen­de­ments. «Une sa­gesse», se­lon la Ville. Com­ment en est-on ar­ri­vé à ce qua­si-blo­cage? Pour le syn­dic Jean-Da­niel Car­rard, «il est faux de dire que le pro­jet a été pré­sen­té à la der­nière mi­nute. Les ser­vices ont eu be­soin de temps pour construire l’ap­pli­ca­tion et les me­sures. Le Con­seil l’a re­çu en août. Ce sont en­suite les com­mis­sions qui ont pris du temps en re­tra­vaillant les me­sures d’ac­com­pa­gne­ments. Le pro­jet qui a été pré­sen­té te­nait aus­si compte des chiffres présentés au même Con­seil dans le bud­get en 2017. On ne par­lait alors pas de 50%.» De quoi faire bon­dir les so­cia­listes. «On a dit en 2017 qu’on ne se sen­tait pas liés par ce mon­tant et il a été dit que la four­chette d’aides se­rait pré­sen­tée plus tard», ré­agit le conseiller Ju­lien Wi­cki.

Bref. La par­tie des aides (qui, quoi, pour com­bien et com­ment) n’est que re­mise et entre les mains des chefs de groupes après la trêve de Noël. Le camp rose-vert ayant dé­jà ten­té de pro­po­ser un deal aux contours plus ou moins fi­ce­lé à la droite. On leur sou­haite bon cou­rage. L’UDC, qui s’est épou­mo­née jeu­di soir, fait dé­jà cir­cu­ler l’image d’un pou­let yver­don­nois plu­mé par «l’al­liance PLR, PS, Les Verts».

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