«Il faut res­ter mo­deste sur ce que peut faire la Suisse»

24 Heures - - Suisse - C.B.

● L’Uni­ver­si­té de Bâle in­ter­dit l’avion pour les voyages de moins de 1000 km.

Une idée à suivre?

Oui. Les en­tre­prises n’uti­lisent pas toutes les pos­si­bi­li­tés qu’offre la tech­no­lo­gie. La vi­déo­con­fé­rence, le tra­vail à do­mi­cile per­mettent de ré­duire notre em­preinte car­bone. Mais dans une so­cié­té ca­pi­ta­liste, les choses ne chan­ge­ront que quand les transports in­té­gre­ront les coûts en­vi­ron­ne­men­taux.

Ge­nève Aé­ro­port est né­ces­saire à notre économie. Ré­duire les vols, n’est-ce pas l’af­fai­blir?

Moins de vols, ce se­rait dé­jà une bonne nou­velle pour les ri­ve­rains. Et je ne crois pas que les mul­ti­na­tio­nales par­ti­raient. Au­jourd’hui, l’Aé­ro­port ne fait au­cun choix, il dit oui à tout et dans quinze ans, il ne pour­ra plus gran­dir. Pa­ris est sa deuxième des­ti­na­tion alors que la ca­pi­tale est à trois heures de TGV. C’est ab­surde. Une baisse des vols au­ra peut-être des consé­quences, mais la ques­tion de fond est de sa­voir s’il y a une al­ter­na­tive au ca­pi­ta­lisme qui a sans cesse be­soin de crois­sance.

Et que ré­pon­dez-vous?

On a in­ven­té la no­tion de dé­ve­lop­pe­ment du­rable. C’est un oxy­more bien pra­tique pour le ca­pi­ta­lisme. Ce­la lui per­met de conti­nuer sur sa lan­cée, sans prendre en compte la fi­ni­tude. On s’est tel­le­ment goin­fré d’éner­gies et de res­sources ces der­nières dé­cen­nies qu’on peut bien faire un pe­tit ef­fort. Mais ce ne se­ra pas suf­fi­sant.

La tech­no­lo­gie fait-elle par­tie de la so­lu­tion?

Elle ne per­met­tra pas de re­le­ver le dé­fi, no­tam­ment parce que les pays en dé­ve­lop­pe­ment veulent consom­mer comme nous. Voyez la Tes­la. On reste dans la même lo­gique ab­surde en créant un vé­hi­cule de 2000 kg pour dé­pla­cer une per­sonne de 70 kg. On ne ré­sout rien.

Mais alors, que faites-vous sur les bancs PLR au Na­tio­nal? Les traces sont pro­fondes et si on s’en écarte trop, on sort du sys­tème. J’es­saie au moins d’évi­ter une dé­té­rio­ra­tion. Par exemple sur l’uti­li­sa­tion du sol ou sur la ques­tion de la mi­gra­tion, sur la­quelle s’est tou­jours ba­sée l’économie suisse pour son dé­ve­lop­pe­ment, ce qui est dis­cu­table. Pour le reste, il faut res­ter mo­deste sur ce que peut faire la Suisse. Chaque an­née, l’hu­ma­ni­té aug­mente de 1,6% sa pro­duc­tion de CO2, soit une hausse an­nuelle de

460 mil­lions de tonnes. C’est dix fois plus que ce qu’émet la Suisse.

Les Verts ge­ne­vois ont lan­cé une ini­tia­tive pour un contrôle dé­mo­cra­tique de Ge­nève Aé­ro­port. Qu’en pen­sez-vous? Je me ré­jouis de ce débat. Ce se­ra un su­jet com­pli­qué pour ceux qui vou­dront dé­fendre la po­li­tique ac­tuelle.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.