C’est sûr, Ser­vette va s’im­po­ser et as­som­mer le cham­pion­nat

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C’est fou, ça: une vic­toire contre un Win­ter­thour pri­vé de dé­fense cen­trale, un nul à Aa­rau et voi­là Lau­sanne qui bombe le torse à la veille d’un der­by. Il faut dire que les Vau­dois n’ont pas le choix: re­lé­gués à sept lon­gueurs d’un Ser­vette eu­pho­rique qui en­file les suc­cès comme des perles, les hommes de Con­ti­ni n’ont tout sim­ple­ment pas le droit de perdre, ils sont même condam­nés, dé­jà, à ga­gner. C’est la seule cer­ti­tude comp­table de ce choc, sauf que cet es­poir lau­san­nois a tout du voeu pieux. La réa­li­té est plus simple, elle ne s’em­bar­rasse pas de sus­pense à en­tre­te­nir, de cal­culs ar­ran­geants, elle im­pose au contraire une lec­ture froide des dy­na­miques en jeu.

Pour le coup, Ser­vette, toutes voiles de­hors, a le vent en poupe, tan­dis que le LS, la coque frois­sée, tire des bords car­rés. Ce­la ne ga­ran­tit pas aux Gre­nat une vic­toire, mais pour tout dire, ce­la leur donne un sa­cré avan­tage, qu’ils confir­me­ront ce sa­me­di.

Ce­la fe­ra sans doute sou­rire les Vau­dois et d’autres, mais les Ge­ne­vois ar­ri­ve­ront à la Pon­taise en toute hu­mi­li­té. Et en pleine confiance. Le clas­se­ment n’y est pour rien.

Là où Lau­sanne se cherche en­core un pro­jet de jeu, les Gre­nat en ont un, deux ou trois so­lides à op­po­ser, tous per­for­mants. Là où Con­ti­ni se tâte en­core pour dé­fi­nir une réelle équipe type, Gei­ger a dé­jà la sienne et elle car­tonne à chaque sor­tie de­puis plu­sieurs se­maines, avec la meilleure at­taque et la meilleure dé­fense en prime.

Sur­tout: Ser­vette se com­porte comme un groupe so­li­daire, ho­mo­gène, équi­li­bré. Qui vit sans se po­ser de ques­tions im­pro­bables sur un fu­tur vir­tuel. C’est tout le contraire à Lau­sanne. Le pa­tron d’Ineos et des Vau­dois s’est fen­du d’une co­lère froide pour rap­pe­ler ses ouailles à leurs res­pon­sa­bi­li­tés? C’est le signe d’un club sous pres­sion, au mo­ment même où les Ser­vet­tiens ont pré­pa­ré ce match dans la sé­ré­ni­té.

D’un cô­té la pas­sion triste d’une équipe qui plie ré­gu­liè­re­ment sous le poids de ses écra­santes am­bi­tions et qui tremble donc à l’idée de perdre le der­by; de l’autre la ju­bi­la­tion lé­gère d’une troupe sûre d’elle, de son po­ten­tiel, de son jeu. La dif­fé­rence est im­mense.

Gior­gio Con­ti­ni a sou­li­gné qu’avec «Ste­va­no­vic, Ser­vette peut comp­ter sur un joueur qui de­vrait évo­luer en Su­per League». L’en­traî­neur vau­dois ou­blie Rouiller, Wü­thrich, Al­phonse, Sauthier, Co­gnat et on en passe. Mais il a rai­son sur le fond: c’est bien pour ça que Ste­va­no­vic & Cie joue­ront en Su­per League la sai­son pro­chaine. Au Ser­vette FC. Et s’il faut battre Lau­sanne ce sa­me­di pour que ce­la soit clair, alors les Gre­nat bat­tront Lau­sanne.

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