La voix in­fir­mière veut être en­ten­due, dans votre in­té­rêt

24 Heures - - Opinions - Mar­tine Bar­raud Membre du co­mi­té ASI-VD* * Sec­tion Vaud de l’As­so­cia­tion suisse des in­fir­mières et in­fir­miers

Le 7 no­vembre 2017, plu­sieurs di­zaines d’in­fir­mières et d’in­fir­miers dé­po­saient à la Chan­cel­le­rie fé­dé­rale, à Berne, plus de 120 000 si­gna­tures en fa­veur de l’ini­tia­tive «Pour des soins in­fir­miers forts».

Plus d’une an­née plus tard, force est mal­heu­reu­se­ment de consta­ter que le Con­seil fé­dé­ral conti­nue de faire la sourde oreille à des re­ven­di­ca­tions pour­tant lé­gi­times en vue du main­tien d’un sys­tème de san­té ef­fi­cace et de qua­li­té dans notre pays. Le 7 no­vembre 2018, un an jour pour jour après le dé­pôt du texte, il a ain­si an­non­cé qu’il re­je­tait l’ini­tia­tive sans contre-pro­jet, ju­geant avoir dé­jà suf­fi­sam­ment ren­for­cé les soins in­fir­miers.

Un ra­pide tour d’ho­ri­zon per­met ce­pen­dant bien vite de consta­ter que tel n’est ab­so­lu­ment pas le cas. La pé­nu­rie de soi­gnants qui se pro­file est pré­oc­cu­pante, car la Suisse forme bien trop peu d’in­fir­mières et d’in­fir­miers di­plô­més.

Au­jourd’hui, le nombre d’étu­diantes et d’étu­diants n’at­teint même pas la moi­tié des ef­fec­tifs né­ces­saires. Ce sont ain­si plu­sieurs cen­taines, voire mil­liers, de per­sonnes sup­plé­men­taires qui de­vraient être for­mées aux soins in­fir­miers chaque an­née.

De plus, il est pri­mor­dial de conti­nuer à main­te­nir la qua­li­té de la for­ma­tion ini­tiale: des études montrent une nette cor­ré­la­tion entre le ni­veau de connais­sances des in­fir­mières et in­fir­miers et la sé­cu­ri­té des pa­tientes et des pa­tients.

Si l’on ajoute à ce­la les très nom­breux dé­parts de pro­fes­sion­nels après quelques an­nées, dé­çus par des condi­tions de tra­vail de plus en plus dif­fi­ciles, dues à une pres­sion crois­sante et aux dif­fi­cul­tés à conci­lier vie pro­fes­sion­nelle et fa­mi­liale, on peut lé­gi­ti­me­ment se de­man­der qui pour­ra en­core nous soi­gner en 2030.

Au­jourd’hui, le plan d’ac­tion avec les quelques me­sures en­vi­sa­gées par le Con­seil fé­dé­ral est loin d’être suf­fi­sant pour ga­ran­tir des soins in­fir­miers de haute qua­li­té, en quan­ti­té suf­fi­sante et ac­ces­sible à toutes et à tous.

«Le Con­seil fé­dé­ral conti­nue de faire la sourde oreille à des re­ven­di­ca­tions pour­tant lé­gi­times pour le main­tien d’un sys­tème de san­té ef­fi­cace et de qua­li­té dans notre pays»

En tant qu’in­fir­mières et in­fir­miers, nous de­man­dons que la pro­fes­sion soit ren­due plus at­trayante, avec da­van­tage de pou­voir dé­ci­sion­nel, et per­mette à celles et ceux qui s’en­gagent avec pas­sion dans cette voie d’ac­com­plir leur tra­vail dans des condi­tions adap­tées aux exi­gences ac­tuelles et fu­tures. Les pro­po­si­tions de notre ini­tia­tive de­mandent à la Con­fé­dé­ra­tion et aux Can­tons d’y veiller.

C’est pour­quoi, en tant que membres du co­mi­té de l’As­so­cia­tion suisse des in­fir­mières et in­fir­miers (ASI) sec­tion Vaud, nous dé­si­rons être forts pour vous et plus que ja­mais dé­ter­mi­nés à faire en­tendre notre voix pour la qua­li­té des soins dans l’in­té­rêt de toutes et tous!

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