La plus grande salle d’Yver­don stagne tou­jours

La Ma­rive peine en­core et tou­jours à amé­lio­rer ses chiffres. Elle veut se re­po­si­tion­ner face à la concur­rence

24 Heures - - Vaud - Er­wan Le Bec

La Ma­rive, la plus grande salle du nord du can­ton, est à la peine. Les chiffres de 2018 in­diquent une fré­quen­ta­tion «stable»: 163 jours, soit 45% d’oc­cu­pa­tion, et un chiffre d’af­faires dans la ligne. C’est tout le pro­blème. Le com­plexe, qui fait à la fois of­fice de salle des fêtes et de salle de con­grès, stagne de­puis une paie, res­tant can­ton­née ma­jo­ri­tai­re­ment aux pro­mo­tions sco­laires, soi­rées lo­cales, as­sem­blées gé­né­rales, etc. Il faut re­mon­ter aux an­nées 2009-2011 pour voir ce Beau­lieu du Nord vau­dois flir­ter avec un taux d’oc­cu­pa­tion de 50%. Pas op­ti­mal, alors que la vé­né­rable Ma­rive, qui fête cette an­née ses 25 ans, conti­nue de coû­ter plus de 1,5 mil­lion de francs chaque an­née à la Ville d’Yver­don. Elle de­vra en sus comp­ter dé­sor­mais sans son évé­ne­ment phare, le Fo­rum éco­no­mique ro­mand, qui a dé­ci­dé d’al­ler po­ser ses pé­nates à l’EPFL.

In­fra­struc­tures

Un bel ou­til dé­lais­sé

La preuve, se­lon la Ville, du contexte de plus en plus concur­ren­tiel du mar­ché de l’évé­ne­men­tiel. S’y ajoute que, face aux pro­fes­sion­nels du trio SwissTech - Beau­lieu - Mon­treux, le Ser­vice de la culture d’Yver­don-les-Bains ne boxe pas vrai­ment dans la même ca­té­go­rie. «Un taux de rem­plis­sage à 45% n’est ef­fec­ti­ve­ment pas sa­tis­fai­sant, ré­agit la mu­ni­ci­pale Car­men Tan­ner. La Ma­rive a du po­ten­tiel, no­tam­ment pour les sé­mi­naires d’en­tre­prises. C’est un bel ou­til qu’on doit mettre au ser­vice de la ré­gion. Nous ache­vons une ana­lyse pour les 25 ans de la Ma­rive. On veut lui don­ner un nou­veau dy­na­misme.» Com­ment diable? «En pros­pec­tant d’avan­tage le mar­ché, en nous do­tant de com­pé­tences ad hoc et en mi­sant sur les évé­ne­ments à po­ten­tiel su­pra­ré­gio­nal.»

Le hic, c’est que c’était dé­jà le plan es­quis­sé en 2015, suite à un au­dit ex­terne man­da­té par la Ville. «De­puis, nous n’avons pas chô­mé, dé­fend l’élue éco­lo­giste. Nous avons mis la Ma­rive à ni­veau, re­vu sa tech­nique, le toit, le chauf­fage, re­fait le site in­ter­net et, sur­tout, mis ce temps à pro­fit pour mieux ci­bler les be­soins. Un groupe de tra­vail a été lan­cé pour pas­ser au concret.»

Ce qui lui manque, à cette brave Ma­rive? «Rien du tout», as­sure Cé­dric Bor­boën, fon­da­teur du Fo­rum éco­no­mique ro­mand et uti­li­sa­teur de la salle lors de treize édi­tions. «Si ce n’est la cli­ma­ti­sa­tion en été, et la place: nous ne pou­vions plus lais­ser nos par­te­naires se pré­sen­ter dans 1 m 50 sous une tente ex­terne. C’est la prin­ci­pale rai­son de notre dé­mé­na­ge­ment. En de­hors de ça, la Ma­rive est sou­vent mieux équi­pée que des centres plus ré­cents en Suisse ro­mande.»

La Ville comme pro­duc­trice

La so­lu­tion, pour le Ser­vice de la culture, est de re­voir le concept plus que de ra­va­ler la fa­çade d’une salle très ty­pée an­nées 1990. «On va mi­ser sur des co­or­ga­ni­sa­tions, avance Car­men Tan­ner. C’est ce qui avait été fait pour les Schu­ber­tiades: ame­ner un ser­vice clés en main, avec re­cherche de par­te­naires, d’ani­ma­tion, de res­tau­ra­tion ou autre. On ne doit plus être sim­ple­ment des loueurs de salles si l’on veut at­ti­rer des évé­ne­ments à forte va­leur pour la ré­gion.»

Sauf que, pour l’an­cien uti­li­sa­teur Cé­dric Bor­boën, la dis­po­ni­bi­li­té de la Ma­rive reste un point chaud: la salle est sou­vent ré­ser­vée pour des lo­tos de so­cié­tés lo­cales (37% des lo­ca­tions, à ta­rif pré­fé­ren­tiel) et gêne la sou­plesse du com­plexe. Mais pas ques­tion d’y tou­cher, pré­vient la Ville. «On tient à ces uti­li­sa­teurs, sou­ligne Car­men Tan­ner. N’ou­blions pas que c’est pour eux au dé­part que cette salle a été réa­li­sée.»

«La Ma­rive a du po­ten­tiel. C’est un ou­til à mettre au ser­vice de la ré­gion»

Car­men Tan­ner

Mu­ni­ci­pale de la Culture

ODILE MEY­LAN

Inau­gu­rée en mai 1994, la Ma­rive, à Yver­don, la plus grande salle du nord du can­ton, est vide un jour sur deux de­puis plu­sieurs an­nées.

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