Le flop fer­ro­viaire pour­rait coû­ter gros à Bom­bar­dier

Dans «Sonn­tag­sB­lick», le conseiller na­tio­nal Ul­rich Gie­zen­dan­ner parle de 600 mil­lions de francs de dom­mages et intérêts

24 Heures - - Suisse - O.W.

Il n’au­ra pas fal­lu at­tendre long­temps pour avoir le pre­mier feuille­ton CFF de l’an­née. De­puis quelques jours, leurs trains à deux étages flam­bant neufs, les fa­meux FV-Dos­to fa­bri­qués par Bom­bar­dier, jouissent d’une po­pu­la­ri­té ex­cep­tion­nelle. Mal­heu­reu­se­ment pas vrai­ment dans le bon sens du terme, étant don­né que ces nou­velles rames sont loin d’être les perles pro­mises par leur fa­bri­cant ca­na­dien.

Pro­blèmes fré­quents aux portes, pannes de lo­gi­ciel et de trac­tion pro­vo­quant la pa­ra­ly­sie du ré­seau, sta­bi­li­té peu confor­table pour les voya­geurs ou en­core consom­ma­tion ex­ces­sive d’éner­gie, la liste consta­tée de la­cunes ne cesse de s’al­lon­ger après un seul mois d’ex­ploi­ta­tion. Du coup, à cause de ses pro­blèmes tech­niques, trop nom­breux, les CFF ont fi­na­le­ment dû re­por­ter la mise en ser­vice de trains pour la Suisse ro­mande.

En fin de se­maine, l’en­tre­prise suisse de ser­vices fer­ro­viaires dif­fu­sait un com­mu­ni­qué où elle as­su­rait avoir fait part de son mé­con­ten­te­ment à Bom­bar­dier et exi­geait que ce der­nier re­mé­die «le plus vite pos­sible à ces dé­faillances tech­niques». Au­cune al­lu­sion à de quel­conques pé­na­li­tés fi­nan­cières n’était alors évo­quée. Pour le géant ca­na­dien, elles pour­raient tou­te­fois être co­los­sales.

«Par train et par se­maine de re­tard, Bom­bar­dier de­vra payer 500 000 francs», as­su­rait dans le «Sonn­tag­sB­lick» le conseiller na­tio­nal Ul­rich Gie­zen­dan­ner (UDC/ AG). En ajou­tant une amende sup­plé­men­taire due aux se­cousses nui­sant au confort des pas­sa­gers, ce membre de la Com­mis­sion des trans­ports évoque des dom­mages et intérêts pou­vant at­teindre les 600 mil­lions de francs. Di­manche, ni Bom­bar­dier, ni les CFF n’ont vou­lu com­men­ter ces chiffres.

Quoi qu’il en soit, pour se don­ner une idée de l’im­por­tance des mon­tants en jeu, il faut re­mon­ter à 2010, lorsque les CFF concluaient avec Bom­bar­dier un contrat de 1,9 mil­liard pour un to­tal de 62 FVDos­to. Sans comp­ter les trois trains sup­plé­men­taires of­ferts pour com­pen­ser les re­tards (les pre­miers trains au­raient dû être li­vrés en 2013), Bom­bar­dier pour­rait ain­si perdre une somme co­los­sale. Une ca­tas­trophe pour ce groupe qui ne vit ac­tuel­le­ment pas la meilleure pé­riode de son his­toire.

Au mois de no­vembre der­nier, le groupe an­non­çait le li­cen­cie­ment de 5000 sa­la­riés dans le cadre d’un vaste plan de re­dres­se­ment et confir­mait que dans les mois à ve­nir il ven­drait des «ac­tifs non stra­té­giques». Ce pro­gramme d’éco­no­mie re­monte à 2015, an­née où Bom­bar­dier était au bord du dé­pôt de bi­lan suite à des sou­cis de tré­so­re­rie liés au pro­gramme de jets ré­gio­naux CSe­ries.

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