Sus­pect ap­pré­hen­dé après les agres­sions de plu­sieurs femmes

Des femmes achètent des sprays au poivre. Le Par­quet in­dique que «sept in­ci­dents» ont vi­sé des femmes ces deux der­niers mois

24 Heures - - La Une - An­toine Hür­li­mann

Alors que plu­sieurs vic­times d’at­tou­che­ments ont vi­dé leur sac sur les ré­seaux so­ciaux ces der­nières se­maines, le pro­cu­reur in­dique qu’un sus­pect a été ap­pré­hen­dé lors d’une opé­ra­tion de po­lice. Mais l’af­faire est loin d’être close.

«Mau­vaise ren­contre ce soir, en sor­tant mon chien. Le fa­meux type au vé­lo orange traîne dans le quar­tier. La peur de ma vie.» Di­manche soir, sur Fa­ce­book, une nou­velle femme a an­non­cé, «sans cer­ti­tude», avoir eu af­faire au mys­té­rieux agres­seur qui ter­ro­rise bon nombre d’Yver­don­noises de­puis deux mois («24 heures» du 25 no­vembre).

Pour rap­pel, plu­sieurs vic­times d’at­tou­che­ments ont vi­dé leur sac sur les ré­seaux so­ciaux ces der­nières se­maines. Et leurs ré­cits se res­semblent ter­ri­ble­ment. Leur agres­seur se­rait un homme, grand, qui se dé­pla­ce­rait à vé­lo et qui mas­que­rait son vi­sage. Par ailleurs, il s’at­ta­que­rait à des femmes seules, en pleine rue: main aux fesses, «bi­sous» for­cés et autres at­tou­che­ments en tout genre. Au to­tal, «sept in­ci­dents vi­sant des femmes ont été re­cen­sés», in­dique dans un cour­riel Ga­briel Mo­ret, pro­cu­reur de l’ar­ron­dis­se­ment du Nord vau­dois, lun­di après-mi­di. «Sur ces sept cas, trois plaintes pé­nales ont été for­mel­le­ment dé­po­sées.» Ce der­nier an­nonce qu’une opé­ra­tion de po­lice a été me­née dans le cou­rant de la se­maine der­nière et qu’un sus­pect a été ap­pré­hen­dé puis en­ten­du par les forces de l’ordre, avant d’être pré­sen­té au Mi­nis­tère pu­blic. «Le sous­si­gné a en­suite éga­le­ment pro­cé­dé à l’au­di­tion de cette per­sonne, avant de la lais­ser al­ler, pré­cise le cour­riel. Les in­ves­ti­ga­tions se pour­suivent, et il n’est pas pos­sible, en l’état, d'af­fir­mer que tous ces évé­ne­ments sont for­cé­ment le fait d’un même in­di­vi­du.» Ga­briel Mo­ret ajoute: «Au­cune dé­ci­sion de clô­ture n’a par ailleurs été ren­due, en l’état, contre la per­sonne au­di­tion­née la se­maine der­nière.»

Cette an­nonce ne ras­sure pas. Do­mi­ci­liée à l’ave­nue Pierre-de-Sa­voie, la der­nière femme à avoir ra­con­té son his­toire en ligne est en­core trau­ma­ti­sée par la sil­houette qu’elle a aper­çue dans la nuit de di­manche à lun­di, alors qu’elle sor­tait de son im­meuble avec son bou­le­dogue. Même si rien ne per­met de rat­ta­cher son cas aux pré­cé­dents évé­ne­ments, l’an­goisse qui l’anime de­puis que l’af­faire a ex­plo­sé sur les ré­seaux so­ciaux lui fait pen­ser que l’ombre qui lui a gla­cé le sang est celle de l’homme en ques­tion. «Mon chien a com­men­cé à gro­gner, ex­plique-t-elle. J’ai re­mar­qué une sil­houette dans les buis­sons juste à cô­té. J’étais ter­ri­fiée.» Elle pa­nique et part en cou­rant cher­cher de l’aide dans un lieu pu­blic voi­sin. Ac­com­pa­gnée par un homme croi­sé en che­min, elle re­vient en­suite sur ses pas. «En nous voyant ap­pro­cher, un in­di­vi­du avec un pull à ca­puche a dé­ta­lé en di­rec­tion de la voie de che­min de fer. J’ai ap­pe­lé la po­lice mais elle ne m’a pas du tout apai­sée.» Se­lon elle, après lui avoir cal­me­ment ex­pli­qué que rien n’in­di­quait que le fuyard était un agres­seur, les agents lui au­raient fait des re­com­man­da­tions qui l’ont fait bon­dir. «Ils m’ont dit de me faire ac­com­pa­gner quand je sors mon chien et de m’ache­ter un spray au poivre, s’énerve la mère de fa­mille de 47 ans. Je vais les écou­ter parce que je n’ai pas le choix et des voi­sines vont faire pa­reil. Mais ce n’est pas pos­sible de vivre avec la peur au ventre.»

Pas plus de cas à Yver­don

Comme à chaque fois qu’un tel té­moi­gnage est pu­blié sur Fa­ce­book, cha­cun y va de son com­men­taire: «Je vous conseille le centre de tir, il vous ven­dra du ma­té­riel sûr», écrit un homme. Une femme en co­lère abonde: «Pour­quoi ne pas faire une tour­née à plu­sieurs afin de le cho­per?» «C’est exac­te­ment ce à quoi pense mon ché­ri», re­prend une mère de fa­mille.

De son cô­té, Jean-Ch­ris­tophe Sau­te­rel, le chef de la com­mu­ni­ca­tion de la po­lice can­to­nale, in­vite les autres vic­times, s’il y en a, à s’an­non­cer et à por­ter plainte. Et tem­père: «Il n’y a pas plus d’af­faires d’at­tou­che­ments à Yver­don qu’à Lau­sanne ou à Mon­treux. Ces actes sont in­sup­por­tables pour les vic­times mais il ne faut pas cé­der à la pa­nique. Ni par­ta­ger en ligne des in­for­ma­tions non vé­ri­fiées, comme des pho­tos du sup­po­sé agres­seur.»

JEAN-PAUL GUINNARD

Une mère de fa­mille veut pou­voir se dé­fendre lors­qu’elle sort son chien.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.