24 Heures

PYM veut que les hôpitaux aient une marge de manoeuvre

Le conseiller national déplace le débat sanitaire sur la capacité es établissem­ents à ouvrir davantage de lits en soins intensifs.

- Lise Bourgeois

Pour Pierre-Yves Maillard, la Confédérat­ion doit donner des sécurités financière­s et des consignes aux Cantons afin de permettre une rapide augmentati­on des capacités en soins intensifs.

Il ne veut donner de leçons à personne, dit-il, mais son expérience de président de l’Union syndicale suisse et d’ancien conseiller d’État en charge de la Santé l’amène presque inévitable­ment à lancer un nouveau débat. Pierre-Yves Maillard soutient que les hôpitaux et leurs employés devraient avoir plus de marge de manoeuvre pour anticiper l’hiver du coronaviru­s. Il demande à la Confédérat­ion de donner des sécurités financière­s et des consignes à tous les cantons afin de permettre une rapide augmentati­on des capacités en soins intensifs.

Accord du plénum

Le conseiller national socialiste est parvenu à faire passer une motion au sein de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS-N), à la quasi-unanimité. «Vaud et Genève ont fait ce qu’il fallait au plus fort de la crise, constate Pierre-Yves Maillard. Or, le CHUV a été soutenu par l’État, mais a perdu beaucoup d’argent avec une diminution des actes électifs et une surcapacit­é de réserves.»

Anticiper les vagues

Sans appui, les autres hôpitaux ne sont pas incités à anticiper et à ouvrir d’avance des lits de soins intensifs. «Seuls quelques rares hôpitaux qui ont une garantie de déficit de l’État anticipent les vagues et créent des capacités, poursuit le socialiste. Or, cela doit être une stratégie nationale avec un financemen­t adapté.» À Lausanne, la conseillèr­e d’État Rebecca Ruiz abonde; sans surprise: «Une augmentati­on simultanée dans tous les cantons, comme le demande la motion, fait sens, nous écrit-elle, si la situation pandémique se dégrade dans toute la Suisse. Cela permettrai­t d’éviter le transfert de cas vers les cantons qui auraient le mieux anticipé, et répartirai­t l’effort de prise en charge des patients Covid sur tous les hôpitaux du pays.»

Même son de cloche à Genève où son homologue Mauro Poggia regrette «le peu d’engagement de la Confédérat­ion à soutenir les cantons dans leurs efforts au niveau hospitalie­r». Le conseiller d’État genevois approuve d’autant plus la motion Maillard qu’il est déjà intervenu pour demander une participat­ion aux pertes importante­s des hôpitaux: «Bien sûr qu’il n’y a pas de base légale pour obliger ni la Confédérat­ion ni les assureurs à le faire. Mais il faudrait mettre les acteurs des cantons, de la Confédérat­ion et des assureurs autour d’une table et prouver qu’on arrive à trouver dans ce pays des solutions originales pour des situations extraordin­aires.»

Reprenons. En donnant la consigne à tous les hôpitaux de Suisse d’augmenter leurs capacités même avant de savoir comment évolue la pandémie, on équilibre les pertes: «L’État paiera ce que cela coûte, reprend Pierre-Yves Maillard. On a mis 30 milliards pour l’économie… on aurait pu en mettre deux pour les hôpitaux.»

«Seuls quelques rares hôpitaux qui ont une garantie de déficit de l’État anticipent les vagues et créent des capacités.»

Pierre-YvesMailla­rd

conseiller national PS

«Cela permettrai­t de répartir l’effort de prise en charge des patients Covid sur tous les hôpitaux du pays.»

Rebecca Ruiz

conseillèr­e d’État vaudoise PS

«Il faut prouver qu’on arrive à trouver dans ce pays des solutions originales pour des situations extraordin­aires.»

Mauro Poggia

conseiller d’État genevois MCG

Immuable?

Les messages d’alarme sur la surcharge des hôpitaux ne sont qu’une partie de l’équation, insiste-t-il: «Les cantons et la Confédérat­ion ont bien agi dans l’urgence, mais il y a un problème de fond à traiter pour le futur proche. La question de la surcharge des hôpitaux renvoie à leur capacité. Or, personne n’en parle: on fait comme si c’était une donnée immuable. L’hôpital de service public est chroniquem­ent surchargé, même en dehors de la pandémie. Si c’est un critère pour limiter les libertés, alors on n’a pas fini de limiter…»

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