STYLE

Al­bert Kriem­ler pré­sente la col­lec­tion la plus ex­tra­ver­tie et la plus lu­dique de sa car­rière. En­cen­sé au ni­veau in­ter­na­tio­nal, le designer du la­bel de haute cou­ture saint-gal­lois Akris s’est ins­pi­ré du cou­tu­rier et ar­tiste amé­ri­cain Alexan­der Gi­rard pour

Bilan - Luxe - - Sommaire - Hans Uli von Er­lach

La mode ren­contre le de­si­gn

af­fi­ne­ment tout en re­te­nue, élé­gance fluide, no­blesse sobre et af­fir­mée ont tou­jours consti­tué la si­gna­ture d’al­bert Kriem­ler. De nom­breuses cé­lé­bri­tés fi­gurent par­mi ses clientes. La prin­cesse Char­lène de Mo­na­co, l’an­cienne mi­nistre amé­ri­caine des af­faires étran­gères Con­do­leez­za Rice ou en­core la conseillère fé­dé­rale Do­ris Leu­thard ap­pré­cient la ma­nière dont il conjugue fonc­tion­na­li­té et luxe. Le chef créa­tif d’akris s’est tou­jours lais­sé ins­pi­rer par l’art et l’ar­chi­tec­ture. Lors de ses voyages, la vi­site des mu­sées est pour lui à la fois un « must » et une pas­sion. C’est ain­si qu’il a dé­cou­vert il y a trois ans au Whit­ney Mu­seum de New York l’oeuvre de l’ar­tiste cu­ba­no-amé­ri­caine Car­men Her­re­ra. Le Suisse a été fas­ci­né par ses images mi­ni­ma­listes. Il a aus­si­tôt tra­duit cet es­prit dans la col­lec­tion 2017 (après avoir ren­con­tré per­son­nel­le­ment cette femme née en 1915 dans l’an­née de son cen­te­naire). Une an­née plus tôt, ce sont les construc­tions de l’ar­chi­tecte ja­po­nais Sou Fu­jiu­mo­to qui ont im­pré­gné la col­lec­tion Akris. Au­pa­ra­vant, les tra­vaux du peintre écos­sais Ian Ha­mil­ton Fin­lay avaient in­fluen­cé les cro­quis, de même que les des­sins de l’icône de la mode Bian­ca Jag­ger. Cette fois-ci, c’est au tour des cou­leurs joyeuses, des mo­tifs et images exu-

Rbé­rants du designer et ar­tiste tex­tile Alexan­der Gi­rard ( 1907-1993) de prendre la re­lève. Une oeuvre que Kriem­ler a dé­cou­verte en 2016 au Vi­tra De­si­gn Mu­seum* à Weil am Rhein. En­thou­sias­mé par l’ex­po­si­tion, le designer l’a vi­si­tée trois fois et en a ins­tan­ta­né­ment re­ti­ré des idées pour sa col­lec­tion d’été 2018. «L’ins­pi­ra­tion est quelque chose de fu­gi­tif. Il est im­pos­sible de la pla­ni­fier, dit-il. Cette vi­site l’a dé­clen­chée. J’ai été fas­ci­né par le gé­nie créa­tif de Gi­rard, son amour pour les teintes in­tenses et son sens de l’aven­ture. Ses cou­leurs sont fortes mais ja­mais in­tem­pes­tives.»

______Ces af­fi­ni­tés ont dé­bou­ché sur une col­la­bo­ra­tion unique entre Akris et Vi­tra, qui abrite l’oeuvre de Gi­rard et ré­édite en­core au­jourd’hui nombre des ob­jets qu’il a créés. Entre autres, ses «Woo­den Dolls» mul­ti­co­lores. Da­tant de 1953, les pou­pées de bois peintes à la main me­surent de 15 à 40 cen­ti­mètres. A l’ori­gine, l’ar­tiste les a créées lui-même pour la dé­co­ra­tion de sa mai­son à San­ta Fe. Les échan­tillons de tex­tile aux mo­tifs gra­phiques et géo­mé­triques de Gi­rard ont aus­si ins­pi­ré Kriem­ler. Le cou­tu­rier a en­core re­te­nu des dé­tails des joyeux col­lages de l’ar­tiste. Al­bert Kriem­ler: «Le choix est in­tui­tif. Je laisse les im­pres­sions agir et j’es­père que le ré­sul­tat se­ra sur­pre­nant. Une oeuvre ins­pire ins­tan­ta­né­ment un vê-

« L’ins­pi­ra­tion est quelque chose de fu­gi­tif »

te­ment teme ent ou un sac, un ma­té­riel ou une étoffe. étoffe e. Il est pas­sion­nant de trans­for­mer une sculp­ture en contre-pla­qué en une robe de dde mous­se­line de soie, une pein­ture àà à l’huile en une te­nue du soir. Ou en­core en­cor re une es­quisse ty­po­gra­phique de Gi­rard d en un re­lief de néo­prène sur du cuir, ccomme comme pour notre sac de la ligne Ai. De e cette ma­nière, un clas­sique tex­tile saint-gal­lois­sain nt-gal­lois trouve à chaque fois une in­ter­pré­ta­tion in­terp pré­ta­tion mo­derne.»

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