Com­ment briller au­près de vos chefs avec fi­nesse

Bilan - - La Une - PAR MA­RY VAKARIDIS

I     d’être per­for­mant si per­sonne ne le sait. C’est une réa­li­té tri­viale dans le monde de l’en­tre­prise. Oc­cu­pé par ses propres sou­cis, votre chef n’a guère le loi­sir de s’in­té­res­ser à vos suc­cès. Si vous vou­lez être consi­dé­ré à votre juste va­leur et mon­ter dans l’or­ga­ni­gramme, il vous faut op­ti­mi­ser votre vi­si­bi­li­té de ma­nière à sor­tir du lot.

Com­mu­ni­quez au su­jet de vos réus­sites

En Suisse, une doc­trine em­preinte de cal­vi­nisme veut que l’on passe ses suc­cès sous si­lence. Pour pal­lier ce tra­vers, une tech­nique clas­sique consiste à pré­pa­rer un ar­gu­men­taire sur vos réus­sites comme si elles étaient celles de quel­qu’un d’autre. Cette ap­proche va li­bé­rer votre dis­cours. Veillez ce­pen­dant à res­ter bref et pen­sez à sou­li­gner le tra­vail d’équipe. L’art ré­side dans la ma­nière de do­ser son dis­cours afin de faire connaître ses mé­rites sans pour au­tant pas­ser pour un pré­ten­tieux. Di­rec­teur des res­sources hu­maines chez CBH Com­pa­gnie Ban­caire Hel­vé­tique, Sté­phane

Hae­fli­ger dé­crypte: «Il existe des zones de per­for­mance dif­fi­ciles à iden­ti­fier et il est donc im­por­tant de com­mu­ni­quer avec son chef di­rect. Faire sa­voir, c’est une stra­té­gie pu­bli­ci­taire, tan­dis que dia­lo­guer est une pos­ture pro­fes­sion­nelle. Cette der­nière est de pre­mière im­por­tance si elle re­pose sur l’ef­fi­ca­ci­té, l’hu­mi­li­té et la fia­bi­li­té.»

De son cô­té, Pau­line Ta­bet, fon­da­trice du ca­bi­net JoH­di à Lau­sanne, mise sur les ré­seaux so­ciaux. «Le meilleur moyen de mettre en va­leur ses com­pé­tences est de com­mu­ni­quer ré­gu­liè­re­ment en son nom propre sur Fa­ce­book, Lin­kedIn, Twit­ter ou Ins­ta­gram. Il faut choi­sir les ré­seaux en fonc­tion des com­mu­nau­tés concer­nées. Des in­ter­ven­tions per­ti­nentes vont peu à peu vous construire une image d’expert dans un do­maine. Cette vi­si­bi­li­té vous vaudra d’être contac­té pour votre ex­per­tise, avec à la clé des par­ti­ci­pa­tions aux confé­rences ou même un nou­veau job.»

Vous pen­sez que votre pa­tron consta­te­ra par lui-même la qua­li­té de votre tra­vail? Er­reur.

C’est à vous d’op­ti­mi­ser votre vi­si­bi­li­té. Conseils pour sor­tir du lot sans tom­ber dans la pré­ten­tion.

Soyez can­di­dat à un maxi­mum de concours

Les concours, c’est un peu comme le loto. 100% des ga­gnants ont ten­té leur chance. C’est-à-dire qu’ils ont dé­po­sé une can­di­da­ture dans les dé­lais pres­crits par le rè­gle­ment. Il existe une foule de prix sou­vent peu sol­li­ci­tés, qui n’at­tendent que votre ins­crip­tion. Un prix ren­force la vi­si­bi­li­té et en ap­pelle sou­vent un autre. Les ré­com­penses amènent une cou­ver­ture mé­dia­tique et fa­vo­risent l’as­cen­sion dans les re­cherches Google. Une fois que vous avez ré­di­gé un pre­mier dos­sier, réuti­li­sez les élé­ments de base.

«LE MEILLEUR MOYEN DE METTRE EN VA­LEUR SES COM­PÉ­TENCES

EST DE COM­MU­NI­QUER RÉ­GU­LIÈ­RE­MENT SUR LES RÉ­SEAUX SO­CIAUX»

«L’ap­pa­ri­tion des prix et ré­com­penses dans les CV dé­note l’in­fluence crois­sante de la cul­ture an­glo-saxonne, re­lève Ro­main Ho­fer, porte-pa­role de Man­po­wer. Aux Etats-Unis par exemple, on ap­prend très jeune à ar­gu­men­ter ain­si qu’à se mettre en avant. Les concours re­pré­sentent un ex­cellent moyen de dé­mon­trer sa mo­ti­va­tion, ses com­pé­tences et son am­bi­tion. Les prix at­testent en outre la ca­pa­ci­té à s’ex­pri­mer en pu­blic, une ap­ti­tude tou­jours plus re­cher­chée.»

Faites dé­cou­vrir votre jar­din se­cret

Vous pi­lo­tez un avion du­rant les wee­kends? Vous êtes cou­reur d’en­du­rance ex­trême ou en­core vi­ti­cul­teur ama­teur? «Les hob­bies peuvent den­si­fier l’épais­seur pro­fes­sion­nelle de l’in­di­vi­du en lui confé­rant une ex­pé­rience de vie en­ri­chis­sante. Ces ac­ti­vi­tés ne sont pas né­ces­sai­re­ment spec­ta­cu­laires: le 5e dan de ka­ra­té, le montagnard et le lec­teur as­si­du de phi­lo­so­phie sont da­van­tage dans la re­cherche in­té­rieure de la sa­gesse que dans la van­tar­dise», consi­dère Sté­phane Hae­fli­ger.

En mon­trant au tra­vail un as­pect va­lo­ri­sant de votre per­son­na­li­té, vous pour­rez vous construire une ré­pu­ta­tion au-de­là de votre ser­vice, à condi­tion de res­ter mo­deste et de ne pas noyer vos in­ter­lo­cu­teurs dans les dé­tails. Dis­pen­ser des in­for­ma­tions sur des ac­ti­vi­tés in­at­ten­dues vous per­met de pi­quer la cu­rio­si­té de votre en­tou­rage pro­fes­sion­nel et peut fa­ci­li­ter votre ac­cès aux di­ri­geants de l’en­tre­prise.

Par­ti­ci­pez à des pro­jets d’en­tre­prise

Les pro­jets qui réunissent des pro­fes­sion­nels de l’en­semble de l’en­tre­prise peuvent dé­bou­cher sur de nom­breuses op­por­tu­ni­tés. Ro­main Ho­fer dé­ve­loppe: «Ces pro­jets dits «trans­ver­saux» per­mettent de dé­pas­ser l’or­ga­ni­sa­tion en si­los des grandes com­pa­gnies. On ou­blie sou­vent que le ré­seau à l’in­terne est tout aus­si im­por­tant que les re­la­tions à l’ex­té­rieur. Faire sa pro­mo­tion au sein de l’en­tre­prise fa­ci­lite l’as­cen­sion hié­rar­chique, de même que le pas­sage à un ser­vice plus in­té­res­sant.» Dans cette idée, re­joi­gnez les groupes qui oeuvrent à la nu­mé­ri­sa­tion de l’en­tre­prise ou éla­borent une nou­velle or­ga­ni­sa­tion du tra­vail. Sui­vez les for­ma­tions. In­té­res­sez­vous aux ac­ti­vi­tés spor­tives.

For­mez-vous par tous les moyens

«Sur la longue du­rée, la for­ma­tion conti­nue est une stra­té­gie in­dis­pen­sable pour to­ni­fier les neu­rones et ac­tua­li­ser les connais­sances. Cer­tains pré­fé­re­ront ce­pen­dant une lo­gique de marque, soit trois jours d’«exe­cu­tive edu­ca­tion» à Harvard, à l’In­sead ou à l’IMD. Sur le CV, ces ins­ti­tu­tions re­nom­mées s’avèrent plus sexy que la cure de phi­lo­so­phie pour cadres dis­pen­sée à l’Uni­ver­si­té de Fri­bourg», iro­nise Sté­phane Hae­fli­ger.

Vous pou­vez aus­si do­per votre CV en sui­vant des MOOC (Mas­sive Open On­line Course) dis­po­nibles sur in­ter­net. Ren­sei­gnez-vous sur la ré­pu­ta­tion de l’ins­ti­tu­tion et choi­sis­sez celle qui offre la cer­ti­fi­ca­tion le plus lar­ge­ment re­con­nue. Sai­sis­sez tou­jours l’op­por­tu­ni­té de créer des contacts avec vos pairs en for­ma­tion. Et n’ou­bliez pas de men­tion­ner les di­plômes sur votre pro­fil Lin­kedIn.

Faites des coups d’éclat en réunion

Pro­fi­tez des as­sem­blées et réunions d’en­tre­prise pour po­ser une ques­tion qui re­flé­te­ra votre ex­per­tise. Pas­sage obli­gé de tout pro­gramme, le vo­let «Ques­tions/ Ré­ponses» reste sou­vent l’oc­ca­sion d’un long si­lence gê­né. Pré­pa­rez votre in­ter­ven­tion en amont, soi­gnez la di­men­sion d’ana­lyse et mon­trez un es­prit orien­té so­lu­tion. «Il faut po­ser la ques­tion per­ti­nente qui in­ter­pelle, sou­ligne Ro­main Ho­fer. L’in­ter­ven­tion doit aus­si être en adé­qua­tion avec le contexte. Les pro­pos se­ront dif­fé­rents si l’en­tre­prise sort d’un très bon exer­cice ou d’une re­struc­tu­ra­tion.»

Bien sûr, cet exer­cice com­porte une grosse prise de risques et se ré­vèle à double tran­chant. Une prise de pa­role qui tombe à plat va consti­tuer un écueil à sur­mon­ter au lieu d’un trem­plin.

A ne ten­ter que si l’on jouit d’une forte confiance en soi et d’une bonne maî­trise de ses émo­tions.

Faire sa pro­mo­tion au sein de l’en­tre­prise fa­ci­lite l’as­cen­sion hié­rar­chique. A condi­tion de res­ter mo­deste.

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