Adam Said dé­voile ses pro­jets

Convain­cu par les atouts de la Suisse, l’in­ves­tis­seur ac­com­pagne le dé­ve­lop­pe­ment de plu­sieurs so­cié­tés hel­vé­tiques. Ren­contre ex­clu­sive.

Bilan - - Sport - PAR SERGE GUERTCHAKOFF

C    de pri­vate equi­ty ACE & Com­pa­ny, Adam Said fait par­tie des per­son­na­li­tés de moins de 40 ans les plus riches de Suisse (lire page 39). Il a ac­cep­té de par­ler à Bi­lan de ses in­ves­tis­se­ments, tant pri­vés que ceux qu’il su­per­vise en Suisse.

Avec deux autres fa­milles, dont les Sten­bolt, la famille Said es­père voir le chan­tier du fu­tur par­king sou­ter­rain ge­ne­vois des Clés-de-Rive dé­mar­rer pro­chai­ne­ment. «Les équipes de l’Etat ont réa­li­sé un tra­vail de ti­tan», confie-t-il. On parle d’un par­king de 500 places sur cinq ni­veaux, pré­vu sous la rue Pierre-Fa­tio, avec en sur­face l’amé­na­ge­ment d’une zone pié­tonne avec un mar­ché per­ma­nent. Lan­cé voi­là près de dix ans, ce pro­jet de­vrait pro­chai­ne­ment al­ler de l’avant avec la pré­sen­ta­tion aux élus de la Ville de Ge­nève d’une pro­po­si­tion d’oc­troi d’un droit dis­tinct et per­ma­nent de su­per­fi­cie (DDP). «Alors que les contrats pré­voient ha­bi­tuel­le­ment le ver­se­ment d’un pour­cen­tage des pro­fits, il est dé­sor­mais ques­tion d’un pour­cen­tage du chiffre d’af­faires.» Bref, ce n’est pas le ren­de­ment net des fu­turs ca­pi­taux in­ves­tis qui mo­tive les par­te­naires pri­vés du pro­jet. «Le plus im­por­tant, c’est l’im­pact que ce pro­jet au­ra sur le centre-ville.» Adam Said est un fervent dé­fen­seur de la pié­ton­ni­sa­tion de cer­tains em­pla­ce­ments du centre-ville.

Autre pro­jet pri­vé: le res­tau­rant pé­ru­vien Al­ma si­tué aux Eaux-Vives (GE) qui car­tonne. «Ce pro­jet est né d’une nuit de réflexion que nous avons eue avec ma femme. J’ai sou­hai­té me faire les dents, en quelque sorte, avant qu’ACE & Com­pa­ny ne lance un fonds sur le seg­ment Food and Be­ve­rage (qui pos­sède une par­ti­ci­pa­tion dans les res­tau­rants Lui­gia et Ca­po­cac­cia, ain­si que dans le groupe Pou­ly, ndlr)», ex­plique le di­ri­geant tren­te­naire. Ce der­nier a in­ves­ti dans Al­ma, avec deux as­so­ciés, dont Cy­ril de Ba­vier. «Ce­la m’a per­mis de com­prendre les dé­fis aux­quels doit faire face un en­tre­pre­neur dans ce sec­teur. Ce­la peut être as­phyxiant.» A la suite de ce succès, ils ont ou­vert juste en face La Es­qui­na (res­tau­rant tro­pi­cal-chic). «Je constate qu’il existe une de­mande à Ge­nève pour de nou­veaux concepts, pour une restauration ap­por­tant une expérience gus­ta­tive. Il est très pro­bable que l’on in­tègre et dé­ve­loppe ce pôle dans le fonds Food & Be­ve­rage gé­ré par ACE & Com­pa­ny.»

Adam Said a en­core in­ves­ti à titre per­son­nel dans deux autres so­cié­tés: la ge­ne­voise AgF­low et la new-yor­kaise Da­ta Ca­pi­tal Ma­na­ge­ment (DCM). «L’agri­cul­ture et les mar­chés pu­blics sont les deux plus gros mar­chés au monde», jus­ti­fie-t-il. DCM, comme AgF­low, ap­porte de la va­leur à l’abon­dance d’in­for­ma­tions, via l’ana­lyse de don­nées, ou big da­ta. «ACE m’a ai­dé à struc­tu­rer mon in­ves­tis­se­ment dans AgF­low et au­jourd’hui l’équipe conti­nue avec succès d’ame­ner da­van­tage de trans­pa­rence dans les mar­chés phy­siques de ma­tières pre­mières is­sus de l’agri­cul­ture.»

Un plan sur cinq ans pour Pou­ly

Le fonds Food & Be­ve­rage, gé­ré par ACE, dé­tient au­jourd’hui 45% du ca­pi­tal du groupe de bou­lan­ge­rie ro­mand Pou­ly. Bi­lan avait an­non­cé en ex­clu­si­vi­té la perte du contrat avec El­do­ra, lea­der ro­mand de la restauration col­lec­tive, fin 2017, ou en­core le dé­part de Ch­ris­tophe de Rol­land, son CEO. Faut-il s’in­quié­ter pour l’ave­nir de Pou­ly? «Le groupe est en train de se trans­for­mer et les équipes se mo­bi­lisent quo­ti­dien­ne­ment pour en faire un succès. Il reste en­core beau­coup de tra­vail de fond à ef­fec­tuer. Notre mes­sage est clair: il y a trois ac­ti­vi­tés bien dis­tinctes: le ré­seau de ma­ga­sins Pou­ly, le Four­nil Ro­mand et sa pro­duc­tion ar­ti­sa­nale, et en­fin, l’ac­ti­vi­té de li­cence du pain Paillasse.»

Qu’en est-il du re­tour à l’équi­libre? «Nous sommes dans notre deuxième an­née com­plète d’un plan qui s’étend sur cinq ans. La ra­tio­na­li­sa­tion va se pour­suivre, y com­pris en ce qui concerne le ré­seau de dis­tri­bu­tion. Nous ne gar­de­rons que deux for­mats de ma­ga­sins, avec la vo­lon­té de ré­no­ver ceux que l’on gar­de­ra. Quant au Four­nil Ro­mand (sis à Sa­ti­gny), nous me­nons une étude pour lui per­mettre de mieux se dé­mar­quer de ses concur­rents. Nous vou­lons va­lo­ri­ser le sa­voir-faire de ses équipes. L’ob­jec­tif n’est pas de cher­cher à faire du vo­lume.» Adam Said confirme que le fonds Food & Be­ve­rage, gé­ré par ACE, va prendre la ma­jo­ri­té du ca­pi­tal en 2018 en­core.

«L’AGRI­CUL­TURE

ET LES MAR­CHÉS

PU­BLICS SONT

Lui­gia se dé­ve­loppe

LES DEUX PLUS GROS

Re­ve­nant sur le dé­ve­lop­pe­ment du groupe de res­tau­rants ita­liens Lui­gia et Ca­po­cac­cia, Adam Said confirme qu’après l’ou­ver­ture à Fri­bourg, celle à Sion est pro­gram­mée pour la fin de l’an­née. «Notre première fran­chise ou­verte à Du­baï en dé­cembre der­nier a ga­gné le prix du meilleur res­tau­rant ita­lien de l’Emi­rat. Ce res­tau­rant monte en puis­sance, même s’il faut res­ter réa­liste sur le temps né­ces­saire pour dé­ve­lop­per le seg­ment des fran­chises.» Com­bien de temps le fonds d’ACE pré­voit-il de res­ter dans le ca­pi­tal de ce groupe de res­tau­rants? «Nous pen­sons trans­fé­rer cette par­ti­ci­pa­tion dans une struc­ture de hol­ding afin de pou­voir conti­nuer à ac­com­pa­gner la crois­sance sur le long terme.»

Et l’autre par­ti­ci­pa­tion d’ACE sur le mar­ché suisse, Le­clan­ché? «Grâce au tra­vail quo­ti­dien des équipes, mes deux ob­jec­tifs ont été at­teints: que la so­cié­té reste suisse et qu’elle se dé­ve­loppe. Je pré­vois même que Le­clan­ché re­noue avec les chiffres noirs en 2019-2020. Ma mis­sion au sein du con­seil est ter­mi­née, mais notre fonds Ener­gy Ef­fi­cien­cy, gé­ré par ACE, reste dans l’ac­tion­na­riat.» Son seul regret est qu’il n’y ait pas eu plus d’in­ves­tis­seurs suisses à avoir mi­sé sur Le­clan­ché.

MAR­CHÉS AU MONDE»,

AF­FIRME ADAM SAID

Adam Said a in­ves­ti dans les res­tau­rants Al­ma et La Es­qui­na à titre pri­vé. Son groupe ACE dé­tient quant à lui des parts dans Lui­gia, Ca­po­cac­cia et Pou­ly.

Res­tau­rant pé­ru­vien Al­ma à Ge­nève: une cui­sine fu­sion et des plats à par­ta­ger.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.