Dans quel pays s’of­frir une ré­si­dence se­con­daire?

Pas be­soin d’être ul­tra­riche pour s’of­frir un pied-à-terre dans une ville où il fait bon vivre. Coup de pro­jec­teur sur les des­ti­na­tions qui montent et les meilleures af­faires.

Bilan - - La Une - PAR MA­RY VAKARIDIS

« NOUS AVONS ACHETE une mai­son au Por­tu­gal où nous al­lons au moins cinq fois par an­née. Dès qu’ea­syJet émet les billets, nous blo­quons les dates qui nous in­té­ressent. Du mo­ment qu’on les achète long­temps à l’avance, les vols ne sont vrai­ment pas chers.» A l’ins­tar de ce cadre ro­mand, les Suisses sont tou­jours plus nom­breux à dé­te­nir un bien im­mo­bi­lier à l’étran­ger. L’es­sor des vols low cost met à por­tée de main une mul­ti­tude de des­ti­na­tions eu­ro­péennes qui pa­rais­saient in­ac­ces­sibles il y a vingt ans à peine.

A Mo­na­co, un mil­lion de francs ne per­mettent que de s’of­frir un 16 m2 et à

Ge­nève, à peine mieux: 41 m2

(se­lon Knight Frank

Re­search). En re­vanche,

Athènes ou Bu­da­pest foi­sonnent de grands et beaux ap­par­te­ments à moins de 600 000 francs.

«Bu­da­pest sus­cite ac­tuel­le­ment beau­coup d’in­té­rêt. Le pas­sé his­to­rique de la ville est éblouis­sant, tan­dis que le parc im­mo­bi­lier est en cours de ré­no­va­tion. La ca­pi­tale hon­groise ré­vèle vrai­ment des op­por­tu­ni­tés in­té­res­santes», note Georges Kie­ner, du ré­seau Barnes In­ter­na­tio­nal. Le Barnes Glo­bal Pro­per­ty Hand­book (étude an­nuelle du mar­ché im­mo­bi­lier haut de gamme) consacre Bu­da­pest comme la pre­mière des nou­velles des­ti­na­tions à suivre: «Comme Lisbonne, Bar­ce­lone et Ma­drid en leur temps, Bu­da­pest connaît une pé­riode de très forte crois­sance liée à une éco­no­mie dy­na­mique et une si­tua­tion au car­re­four de l’Eu­rope.»

Les quar­tiers au­tour du Da­nube, où de nom­breux im­meubles ont été re­faits, af­fichent des prix en hausse de 35% en deux ans. Pré­sen­tant un po­ten­tiel in­té­res­sant, les ob­jets an­ciens des VIe, VIIe et IXe ar­ron­dis­se­ments sont ac­tuel­le­ment les cibles des pro­mo­teurs. Dé­mar­rant à

2400 francs le mètre car­ré, les ré­no­va­tions res­tent très bon mar­ché. Le parc ré­si­den­tiel at­tire une clien­tèle à 30% étran­gère com­pre­nant de nom­breux Amé­ri­cains, Fran­çais, Moyen-Orien­taux, ain­si que des Au­tri­chiens et Al­le­mands. Pour 1,2 mil­lion de francs, on peut s’y of­frir un vaste ap­par­te­ment ré­no­vé de 200 m2 sur la place Saint Ist­van, avec vue sur la ba­si­lique. Pour 600 000 francs, on ob­tient un 5 pièces de 130 m2 avec par­king dans le Ve ar­ron­dis­se­ment, l’un des plus en vue de la ville.

Georges Kie­ner se montre aus­si très po­si­tif au su­jet d’Athènes, où le mètre car­ré est au prix plan­cher de 2400 francs. «La Grèce est main­te­nant sor­tie de la crise de la dette eu­ro­péenne qui re­monte à

2015. La ca­pi­tale hel­lé­nique dé­borde de ri­chesses cultu­relles. Les ha­bi­tants sont ac­cueillants et la vie y est bon mar­ché.» Dans le centre d’Athènes, on dé­couvre des pen­thouses avec vue sur l’Acro­pole et la col­line de Ly­ca­bette et, au sud, des ap­par­te­ments don­nant sur la mer. L’ache­teur qui dis­pose de 550 000 francs ac­cède chez Barnes à une mai­son de 347 m2 sur 4 étages proche de la sta­tion de mé­tro de Ke­ra­mei­kos.

PRO­FI­TANT D’UN COÛT DE VIE TRÈS BAS, LE POR­TU­GAL SUS­CITE UN LARGE EN­GOUE­MENT, TRÈS POR­TEUR POUR L’IM­MO­BI­LIER

S’éloi­gner du centre à Lisbonne

Quant à Lisbonne, il y reste des af­faires à faire, se­lon Georges Kie­ner: «La ca­pi­tale por­tu­gaise a connu un fort es­sor im­mo­bi­lier ces der­nières an­nées. Mais si l’on s’éloigne du centre his­to­rique, Lisbonne re­gorge en­core de beaux ob­jets à des prix in­té­res­sants.» Pro­fi­tant d’un cli­mat en­so­leillé et d’un coût de vie par­mi les plus bas en Eu­rope, le Por­tu­gal sus­cite un large en­goue­ment, très por­teur pour l’im­mo­bi­lier. Sur le der­nier tri­mestre 2017, les prix ont ga­gné 20% à Lisbonne et 18% à Por­to. Der­rière cette ébul­li­tion, l’ef­fet conju­gué de taux d’in­té­rêt bas, d’une fis­ca­li­té ar­ran­geante et d’un af­flux de tou­ristes sans pré­cé­dent (20 mil­lions en 2017).

Les Fran­çais se sont rués sur la Lu­si­ta­nie où, de­puis 2014, ils ont si­gné quatre tran­sac­tions im­mo­bi­lières sur dix. Le nombre de res­sor­tis­sants hexa­go­naux qui ré­sident au Por­tu­gal a quin­tu­plé en quelques an­nées pour at­teindre le chiffre de 50 000. Mal­gré son suc­cès, le pays de­meure avan­ta­geux par rap­port à des des­ti­na­tions plus mûres comme l’Es­pagne. Par exemple, ce bien en vente chez Barnes au Por­tu­gal: un ap­par­te­ment mo­derne et lu­mi­neux de 230 m2, ré­no­vé par un ar­chi­tecte de re­nom et si­tué dans l’hy­per­centre pour 1,2 mil­lion de francs.

Re­tour en grâce de Pa­ris

Du cô­té des des­ti­na­tions clas­siques, Pa­ris connaît une très forte de­mande liée à la re­prise éco­no­mique et à un re­tour de la confiance des in­ves­tis­seurs dans l’Hexa­gone. L’im­mo­bi­lier fran­çais avait plon­gé en 2011, à la suite d’un dur­cis­se­ment des condi­tions d’ac­cès au cré­dit. Le mar­ché s’est pur­gé du­rant plu­sieurs an­nées pour connaître une em­bel­lie dès 2016, por­tée par la baisse des taux d’in­té­rêt. Une vente ré­cente em­blé­ma­tique de l’offre: Barnes France a cé­dé sur l’ave­nue Wa­gram, dans le XVIIe ar­ron­dis­se­ment, un ap­par­te­ment de 74 m2, avec vue de­puis la cui­sine sur la

tour Eif­fel, pour 834 000 eu­ros, avec tra­vaux.

Au cha­pitre des ré­gions bal­néaires, Da­vid Spiess, di­rec­teur d’En­gel & Voel­kers Suisse ro­mande, conseille Mi­norque: «Cette pe­tite île est moins connue que ses grandes soeurs des Ba­léares Ibi­za et Ma­jorque. L’am­biance y est plus calme et le rap­port qua­li­té-prix est ex­cellent.» Re­pré­sen­tant hel­vé­tique du ré­seau in­ter­na­tio­nal al­le­mand, il pour­suit: «Un at­tique à Gal­li­po­li, dans les Pouilles au sud de l’Ita­lie, consti­tue une al­ter­na­tive bien meilleur mar­ché à une villa sur le lac Ma­jeur. Nous dis­po­sons d’une offre pour un 100 m2 avec vue sur la mer pour

330 000 francs.» Et puis, pour les membres de la jet-set, Pun­ta del Este, en Uru­guay, s’illustre par ses pay­sages ma­gni­fiques et un mar­ché ex­clu­sif, se­lon Da­vid Spiess. Ce­lui qui veut plus pour son ar­gent tout en conser­vant un ac­cès à la haute so­cié­té peut s’y of­frir une villa com­por­tant 7 chambres sur un ter­rain de 90 hec­tares pour 8 mil­lions de francs.

In­té­res­sante plus-va­lue

Mar­ché en conso­li­da­tion, Ber­lin s’im­pose comme une des­ti­na­tion pri­sée des in­ves­tis­seurs avec un mètre car­ré qui dé­bute au­tour de 6500 francs, un prix rai­son­nable pour une ca­pi­tale du nord de l’Eu­rope. «Ber­lin se dis­tingue par sa riche di­ver­si­té so­ciale et cultu­relle, ain­si que par sa qua­li­té de vie et l’éten­due de ses es­paces verts», écrit dans sa do­cu­men­ta­tion Ni­ko­laus Zie­gert, de la firme du même nom qui col­la­bore en Suisse avec Naef Pres­tige. Les op­por­tu­ni­tés d’achat abondent no­tam­ment dans les zones de l’an­cien Ber­lin-Est qui passent, quar­tier après quar­tier, par une gen­tri­fi­ca­tion mar­quée. Char­lot­ten­burg, Mitte, Kreuz­berg et Prenz­lauer Berg fi­gurent par­mi les zones les plus re­cher­chées. Ce ter­rain pré­sente un po­ten­tiel très in­té­res­sant. «Les prix sont pas­sés de 1500 à

5000 eu­ros le mètre car­ré ces dix der­nières an­nées, des chiffres qui res­tent bas par rap­port aux autres ca­pi­tales eu­ro­péennes. Si l’on an­ti­cipe un ef­fet de rat­tra­page, les prix vont en­core dou­bler sur les huit à dix pro­chaines an­nées», re­lève Jacques Eme­ry, di­rec­teur de Naef Pres­tige/ Knight Frank.

Les pro­fes­sion­nels dé­con­seillent ce­pen­dant d’ac­qué­rir un bien im­mo­bi­lier à l’étran­ger dans le seul but de réa­li­ser une plus-va­lue. L’ob­jec­tif doit être avant tout de se faire plai­sir car pour un par­ti­cu­lier les risques sont très éle­vés. La va­leur d’un ap­par­te­ment peut s’ef­fon­drer à la suite d’un re­tour­ne­ment po­li­tique ou éco­no­mique, ou en­core en rai­son d’un si­nistre. Tou­te­fois, un coup de chance n’est pas ex­clu si l’on se trouve au bon en­droit au bon mo­ment. A Athènes par exemple, les prix sont dé­jà en­trés dans une spi­rale as­cen­dante et pro­gressent de 7 à 8% par an. Georges Kie­ner com­mente: «A Lisbonne, les prix ont grim­pé de près de 50% en quatre ans. Si vous avez ache­té un ap­par­te­ment au centre de la ville en 2015, vous avez vrai­ment fait une très bonne af­faire.»

Bu­da­pest: la ca­pi­tale hon­groise, en pleine crois­sance, ré­vèle de nom­breuses op­por­tu­ni­tés d’achat.

Ap­par­te­ment de 74 m2 près de la Plaine Mon­ceau, à Pa­ris, ven­du ré­cem­ment 834 000 eu­ros.

A Athènes, cette mai­son proche de la sta­tion de mé­tro de Ke­ra­mei­kos coûte 550 000 francs.

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