Notre con­seil pour épar­gner: payez­vous d’abord!

La base de l’in­dé­pen­dance fi­nan­cière est d’avoir un mi­ni­mum d’épargne pour af­fron­ter les aléas de la vie. Ce­la passe par une ges­tion mé­tho­dique, réa­liste et constante de ses fi­nances.

Bilan - - Sommaire - PAR ALBERT GALLEGOS *

UN VI­RE­MENT AU­TO­MA­TIQUE PER­MET DE NE PLUS Y PEN­SER. SI­NON, LA MÉ­THODE FONC­TIONNE DIF­FI­CI­LE­MENT

L   «Payez-vous en pre­mier» est une mé­thode in­con­tour­nable de la fi­nance per­son­nelle qui, mal­heu­reu­se­ment, n’est pas tou­jours ap­pli­qué. Comment ce­la fonc­tionne? Au lieu de payer d’abord tous vos créan­ciers (lo­ge­ment, as­su­rances, im­pôts, lea­sing, etc.), vous al­lez en pre­mier lieu dé­ter­mi­ner votre ca­pa­ci­té d’épargne afin de sa­voir quel pour­cen­tage de votre sa­laire net vous pou­vez mettre de cô­té pour vous payer en pre­mier, soit vous oc­troyer une épargne. En­suite, vous al­lez sys­té­ma­ti­que­ment ef­fec­tuer un trans­fert de votre compte sa­laire vers un compte que vous pou­vez ap­pe­ler «In­dé­pen­dance fi­nan­cière».

Eta­blir un plan en quatre étapes

Le bud­get est es­sen­tiel. Le pre­mier pas consiste à le cal­cu­ler en s’ai­dant de pro­grammes gra­tuits dis­po­nibles sur le net. Il per­met de consta­ter comment votre ar­gent est uti­li­sé (vous pour­riez être sur­pris de l’usage que vous en faites!) Ce bud­get sert à mieux al­louer vos res­sources fi­nan­cières et sur­tout à dé­ter­mi­ner le mon­tant que vous pou­vez mettre de cô­té, une fois que vous avez payé vos charges fixes et in­com­pres­sibles. Les charges dites va­riables peuvent, par dé­fi­ni­tion, être mo­du­lées en fonc­tion de vos prio­ri­tés.

En deuxième lieu, il se­rait op­por­tun de contac­ter votre conseiller fi­nan­cier afin de dé­ter­mi­ner le meilleur pla­ce­ment en fonc­tion de votre ap­pé­tence au risque et de votre ho­ri­zon tem­po­rel, mais aus­si pour créer un vi­re­ment au­to­ma­tique qui per­met­tra de ne plus y pen­ser. Sans cet ordre per­ma­nent, la mé­thode fonc­tion­ne­ra dif­fi­ci­le­ment.

Un ac­cès in­ter­net à ce compte est la troi­sième étape vous per­met­tant de vi­sua­li­ser l’état de votre in­ves­tis­se­ment. Les ef­fets po­si­tifs se­ront vi­sibles sur le moyen terme, une fois que la stra­té­gie de pla­ce­ment a été bien dé­fi­nie. Il faut s’y te­nir, le «bour­si­co­tage» est à ban­nir ab­so­lu­ment.

Un qua­trième pas consiste à adap­ter votre plan en fonc­tion de l’évo­lu­tion de votre si­tua­tion fi­nan­cière. Quel mon­tant faut-il uti­li­ser pour se payer en pre­mier? Se­lon la théo­rie fi­nan­cière il fau­drait uti­li­ser 10% de votre sa­laire net, mais ce­la doit être pré­ci­sé avec l’aide du bud­get. L’éta­blir prend du temps. Ain­si, pour com­men­cer, fixez au moins un pour­cen­tage du sa­laire net; se­lon dif­fé­rentes sta­tis­tiques suisses, le taux d’épargne va­rie entre

8 et 11% du re­ve­nu net.

L’exemple de Lau­ra, 24 ans

Pre­nons deux exemples concrets pour consta­ter les ef­fets de la mé­thode «Payez-vous en pre­mier»: com­men­çons par Lau­ra, jeune femme de 24 ans qui entre dans la vie ac­tive après de brillantes études. Elle a un sa­laire net de

6200 francs et pour­rait donc «se payer» 620 francs, ce qui cor­res­pond à 10% de son sa­laire.

Comme elle n’a pas en­core d’idée pré­cise sur l’ob­jec­tif de son épargne, si­mu­lons plu­sieurs ho­ri­zons de temps:

10, 20, 30 ou 40 ans. Le pla­ce­ment choi­si est un portefeuille conte­nant 80% d’ac­tions avec un ren­de­ment moyen pro­je­té sur le long terme de 4%.

Même si le ren­de­ment pas­sé n’est pas une ga­ran­tie du ren­de­ment fu­tur, plu­sieurs sources concor­dantes in­diquent qu’un épar­gnant ayant in­ves­ti dans les ac­tions suisses sur une pé­riode de trente ans entre 1926 et 2017, au­rait, dans le pire des cas, ob­te­nu un ren­de­ment de 5,04% (entre 1928 et 1957). Dans le meilleur des cas ce­la au­rait été de 10,58% (entre 1977 et 2006). Le ca­pi­tal de Lau­ra se­ra, après dix ans, de 91 250 francs et, à sa re­traite, dans qua­rante ans, de 722 217 francs.

L’exemple de Do­mi­nique et Ch­ris­tophe, 44 ans

Do­mi­nique et Ch­ris­tophe quant à eux ont dé­ci­dé de pro­fi­ter de leur deuxième vie ac­tive (re­traite) dès 62 ans. Il leur reste exac­te­ment dix-huit ans et ils ont une ca­pa­ci­té d’épargne de 1000 francs par mois. Dans leur cas, la fis­ca­li­té au­ra plus d’im­por­tance, rai­son pour la­quelle ils de­vraient pri­vi­lé­gier l’épargne dé­fis­ca­li­sée et ce­la passe par leur caisse de pen­sion, s’ils ont des ra­chats po­ten­tiels, ou par la pré­voyance in­di­vi­duelle du 3e pi­lier lié (A). Pour l’exemple, pre­nons cette der­nière pos­si­bi­li­té.

Ils choi­sissent éga­le­ment un portefeuille avec 80% en ac­tions et un ren­de­ment moyen pro­je­té sur le long terme de 4%.

Au bout de dix-huit ans, ils bé­né­fi­cie­ront d’un ca­pi­tal net de 299 502 francs qui leur per­met­tra de faire le pont en at­ten­dant leur rente AVS. S’ils avaient choi­si l’épargne sans risque (taux moyen de 0,4%), le mon­tant se­rait de

211 706 francs. A no­ter que l’épargne dé­fis­ca­li­sée per­met d’ob­te­nir un ren­de­ment moyen net après im­pôt de 7,21% et une éco­no­mie fis­cale de 50 493 francs en dix-huit ans.

Alors, se payer en pre­mier, bonne idée ou pas? En conclu­sion, cette mé­thode n’est pas un simple con­seil, mais re­pré­sente la base de la ges­tion de l’épargne qui amène à l’in­dé­pen­dance fi­nan­cière.

Se­lon la théo­rie fi­nan­cière, il fau­drait consa­crer 10% du sa­laire net à de l’épargne.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.