Les can­tons ro­mands sont moins at­trac­tifs

Le nombre d’im­plan­ta­tions d’en­tre­prises étran­gères a re­cu­lé en 2017 dans les can­tons de Ge­nève, Vaud, Neu­châ­tel et Va­lais. En re­vanche, il a pro­gres­sé à Fri­bourg.

Bilan - - Sommaire - PAR JEAN-PHI­LIPPE BUCHS

LA MOISSON N' A JA­MAIS été aus­si faible de­puis 2010! Seules 24 et 22 en­tre­prises étran­gères se sont im­plan­tées l’an der­nier dans les can­tons de Vaud et de Ge­nève, soit par le biais de l’or­ga­nisme de pro­mo­tion éco­no­mique de Suisse oc­ci­den­tale (GGBa pour Grea­ter Ge­ne­va Bern area), soit via les ins­tances de pro­mo­tion can­to­nale.

Ces ré­sul­tats mi­ti­gés ne sus­citent pour­tant au­cune in­quié­tude. «Moins, mais mieux»: ce sont les mots em­ployés par Jean-Fré­dé­ric Ber­thoud, di­rec­teur du Dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique vau­dois lors de son as­sem­blée gé­né­rale qui s’est te­nue à la mi-mai. «Le plus im­por­tant, sou­ligne-t-il, est le sa­voir-faire que ces so­cié­tés ap­portent à notre éco­sys­tème, par exemple pour ren­for­cer la po­si­tion de la Health Val­ley.» Se­lon Jean-Fré­dé­ric Ber­thoud, les in­cer­ti­tudes liées aux condi­tions-cadres de l’éco­no­mie hel­vé­tique (franc fort, fis­ca­li­té, im­mi­gra­tion) ain­si que l’in­sta­bi­li­té po­li­tique et éco­no­mique mon­diale ont eu un im­pact né­ga­tif sur la stra­té­gie des en­tre­prises et, par ri­co­chet, sur leur ex­pan­sion à l’étran­ger.

Cet avis est par­ta­gé par Ni­cho­las Nig­gli, chef de la Di­rec­tion gé­né­rale du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique, de la re­cherche et de l’in­no­va­tion du can­ton de Ge­nève. Ce­lui-ci pré­cise aus­si que toute com­pa­rai­son avec les an­nées pré­cé­dentes est ha­sar­deuse: «Les 22 so­cié­tés qui se sont ins­tal­lées l’an der­nier ont gé­né­ré un nombre d’em­plois presque équi­valent à ce­lui pré­vu sur trois ans par les 30 en­tre­prises ar­ri­vées en 2013.» De même, ajoute Ni­cho­las Nig­gli, «les chiffres ne donnent au­cune in­di­ca­tion sur la qua­li­té des en­ti­tés qui ont choi­si de s’éta­blir à Ge­nève».

En Va­lais, le re­cul est faible (-1), alors qu’il est re­la­ti­ve­ment im­por­tant à Neu­châ­tel (-5). Mais ce­lui-ci ne s’en émeut guère. «Il faut bien se rendre compte que l’im­plan­ta­tion d’une en­tre­prise dans le can­ton de Vaud peut aus­si se ré­per­cu­ter po­si­ti­ve­ment sur un ou plu­sieurs ac­teurs neu­châ­te­lois par le biais, par exemple, de la sous-trai­tance d’ac­ti­vi­tés», ex­plique le conseiller d’Etat JeanNat Ka­ra­kash. De son cô­té, Fri­bourg a réus­si une jo­lie per­for­mance, mais il re­grette que la part ac­quise via le GGBa soit faible (4 so­cié­tés sur un to­tal de 9).

Les chiffres di­vergent

«Faire du chiffre pour faire du chiffre n’a au­cun sens», in­siste Tho­mas Bohn, di­rec­teur du GGBa. «Notre ob­jec­tif ne vise pas à at­ti­rer le plus grand nombre d’en­tre­prises, re­lève-t-il, mais il consiste à sé­lec­tion­ner nos cibles sur la base de cri­tères tels que la va­leur ajou­tée, la créa­tion d’em­plois et l’in­no­va­tion.» En mars der­nier, le GGBa se ré­jouis­sait du ré­sul­tat ob­te­nu avec les pro­mo­tions éco­no­miques can­to­nales. Avec 88 éta­blis­se­ments d’en­tre­prises étran­gères en 2017, ce­lui-ci n’est que lé­gè­re­ment in­fé­rieur au score réa­li­sé l’an­née pré­cé­dente.

Ce dé­compte ne cor­res­pond tou­te­fois pas à l’addition des im­plan­ta­tions (85) an­non­cées in­di­vi­duel­le­ment par chaque can­ton. Une dif­fé­rence que ne par­vient pas à ex­pli­quer Tho­mas Bohn, mais qui ne sur­prend pas l’an­cien di­rec­teur du GGBa Phi­lippe Mon­nier. «Comme la ques­tion du rôle joué par les ins­ti­tu­tions de pro­mo­tion éco­no­mique est po­li­ti­que­ment très sen­sible, elles ont ten­dance, af­fir­met-il, à faire un amal­game entre les so­cié­tés qui se sont ins­tal­lées par elles-mêmes et le nombre d’ar­ri­vées pro­ve­nant de l’ac­tion de leur propre ser­vice, ain­si qu’entre l’ap­port des dif­fé­rents ac­teurs fé­dé­ral, in­ter­can­to­nal, can­to­nal, ré­gio­nal, com­mu­nal.» Se­lon Phi­lippe Mon­nier, «ni le pou­voir lé­gis­la­tif ni les contri­buables n’ont les moyens de se faire une idée de l’ef­fi­ca­ci­té des di­vers ac­teurs éta­tiques».

LE DÉ­COMPTE DU GGBA NE COÏNCIDE PAS AVEC L’ADDITION DES IM­PLAN­TA­TIONS AN­NON­CÉES

PAR CHAQUE CAN­TON

Tho­mas Bohn, di­rec­teur du GGBa, char­gé de la Pro­mo­tion éco­no­mique de Suisse oc­ci­den­tale, dit s’in­té­res­ser sur­tout à l’ap­port des so­cié­tés: va­leur ajou­tée, créa­tion d’em­plois et in­no­va­tion.

Ce ta­bleau a été éta­bli sur la base des don­nées pu­bliées par les dif­fé­rents can­tons.

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