La Chine do­mine les Etats-Unis

Bilan - - Décryptage - PAR MARJORIE THÉRY

SALAIRES Le plus in­té­res­sant dans le PIB (pro­duit in­té­rieur brut) chi­nois n’est pas tant sa taille mais sa ré­par­ti­tion. Nous ne par­le­rons pas ici des ques­tions de li­ber­té ou de dé­mo­cra­tie, mais de la ca­pa­ci­té d’un pays à faire par­ti­ci­per sa po­pu­la­tion à la crois­sance, c’est-à-dire à fa­vo­ri­ser la hausse des salaires. Et sur ce ter­rain-là, la Chine a peu de le­çons à re­ce­voir. En 2000, seule­ment 4% de la po­pu­la­tion ur­baine chi­noise fai­sait par­tie de la classe moyenne, avec pour dé­fi­ni­tion un re­ve­nu du mé­nage si­tué entre 9000 et 34 000 dol­lars par an, d’après le ca­bi­net de conseil McKin­sey. En 2022, ce ra­tio de­vrait être de 76%.

Aux Etats-Unis, par contre, comme l’ont rap­pe­lé les éco­no­mistes An­ton Bren­der et Flo­rence Pi­sa­ni, les rémunérations de la moi­tié des em­plois n’ont pra­ti­que­ment pas pro­gres­sé en termes réels de­puis les an­nées 1980. Les in­éga­li­tés se sont aus­si creu­sées. D’après des chiffres re­layés par le Con­grès amé­ri­cain, les re­ve­nus nets constants du top 1% des plus for­tu­nés ont aug­men­té de plus de 250% en trente ans, tan­dis que ceux de 80% de la po­pu­la­tion n’ont aug­men­té qu’entre 10 et 30% au mieux.

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