Snap­chat: tout ça pour ça

Bilan - - Décryptage - PAR MA­RY VAKARIDIS

BU­SI­NESS Qu’il était flam­boyant, Evan Sie­gel, lors­qu’il re­fu­sait les avances à 3 mil­liards de dol­lars de Mark Zu­cker­berg, pa­tron de Fa­ce­book. Snap­chat, nou­velle sen­sa­tion des ré­seaux so­ciaux, avait conquis en quelques mois la jeune gé­né­ra­tion grâce à des filtres dé­so­pi­lants, qui de­puis ont été co­piés par tout le monde. «Une telle ces­sion vi­sant à des gains à court terme n’est pas très in­té­res­sante», ex­pli­quait alors le CEO. L’an­née der­nière, c’était au tour de Google d’of­frir une ava­lanche de mil­liards. Même dé­dain d’Evan Sie­gel, dans sa pos­ture de che­va­lier so­li­taire.

Mais il y a quelques jours, Snap­chat si­gnait une al­liance avec Ama­zon. L’ap­pli­ca­tion doit de­ve­nir une sorte de Sha­zam pour le géant de l’e-com­merce.

Grâce à un sys­tème de re­con­nais­sance vi­suelle, Snap­chat per­met­tra de re­trou­ver un ar­ticle aper­çu dans la rue di­rec­te­ment dans le ca­ta­logue de la firme de

Jeff Be­zos. Tout ça pour ça.

Res­ter in­dé­pen­dant mais au prix d’une vile mis­sion de rabattage.

Les chiffres ont eu rai­son du ro­man­tisme. En août der­nier, l’ap­pli­ca­tion af­fi­chait une perte de trois mil­lions d’uti­li­sa­teurs en un tri­mestre. A la mi-sep­tembre, le dé­part du stra­tège de l’en­tre­prise Im­ran Khan a fait dé­vis­ser l’ac­tion à son plus bas ni­veau de­puis l’in­tro­duc­tion en bourse en 2017. Après avoir an­non­cé 120 sup­pres­sions de postes ce prin­temps, Evan Sie­gel doit im­pé­ra­ti­ve­ment trou­ver de nou­velles sources de re­ve­nus. Quitte à vendre son âme.

LE RÉ­SEAU SO­CIAL

A SI­GNÉ UNE AL­LIANCE

AVEC AMA­ZON. IL RESTE

IN­DÉ­PEN­DANT, MAIS

AU PRIX D’UNE VILE

MIS­SION DE RABATTAGE

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