Du­bois Dé­praz ne cesse de s’agran­dir

Au ser­vice des marques hor­lo­gères de­puis 1901, l’en­tre­prise fa­mi­liale de la val­lée de Joux a pris pos­ses­sion de deux des bâ­ti­ments ra­che­tés à Val­tro­nic. Elle re­crute tous les mois.

Bilan - - Sommaire - PAR SERGE GUERTCHAKOFF

A    du haut de gamme s’est avé­ré le bon choix: le Com­bier Du­bois Dé­praz est au­jourd’hui qua­si­ment le der­nier fa­bri­cant in­dé­pen­dant de com­po­sants et de com­pli­ca­tions.

La so­cié­té re­crute chaque mois: 20 per­sonnes en 2017. «Nous sommes

350 au­jourd’hui et nous pour­rions gran­dir plus ra­pi­de­ment, mais il est dif­fi­cile de re­cru­ter avec en face de nous une di­zaine de marques qui dis­posent de moyens bien su­pé­rieurs aux nôtres», ré­sume Pierre Du­bois, di­rec­teur gé­né­ral de la PME fa­mi­liale de­puis juillet

2017 qui a re­joint son frère Pas­cal. En ef­fet, on ra­conte qu’un des plus im­por­tants em­ployeurs de la val­lée de Joux au­rait ver­sé un 14e sa­laire à ses em­ployés cette an­née…

Autre frein au dé­ve­lop­pe­ment, les dé­lais pour se faire li­vrer cer­taines ma­chines: jus­qu’à neuf mois! La der­nière ac­qui­si­tion se trouve à l’ate­lier de pré­mon­tage où une ma­chine est char­gée de l’em­pier­rage (elle pose les mi­cro­ru­bis, entre autres). Elle re­pré­sente un in­ves­tis­se­ment d’en­vi­ron 750 000 francs sur un to­tal an­nuel qui tourne au­tour des 2 mil­lions de francs rien que pour le parc des ma­chines.

Comment les fa­milles Du­bois, et leurs cou­sins Ber­thoud dans une moindre me­sure, en­vi­sagent-ils l’ave­nir de Du­bois Dé­praz? «Au­jourd’hui, nous sommes sous l’eau. Nous avons trop de tra­vail. Nous ve­nons néan­moins de dé­ve­lop­per un nou­veau quan­tième an­nuel, que nous met­trons à dis­po­si­tion de nos clients. S’ar­rê­ter de croître si­gni­fie­rait dire non aux clients. Ce n’est pas en­vi­sa­geable. Nous n’avons d’autre choix que de croître à leur rythme. C’est une crois­sance or­ga­nique et non par ac­qui­si­tion», dé­taille Pierre Du­bois. C’est le sec­teur «com­po­sants de mou­ve­ments» qui se dé­ve­loppe le plus (+40% de­puis trois ans) alors que le sec­teur des com­pli­ca­tions est plu­tôt stable.

5 à 8 % de crois­sance pré­vus pour 2019

Voi­là pour­quoi l’en­tre­prise a ac­quis, pour quelques mil­lions de francs, les quatre bâ­ti­ments dé­te­nus par Val­tro­nic au vil­lage voi­sin, Les Char­bon­nières. «Nous avons ache­vé d’y dé­pla­cer cer­taines équipes cet été.» Dé­sor­mais, les em­ployés se ré­par­tissent entre les deux usines du Lieu (210 per­sonnes), des Char­bon­nières (90), et Arch (BE) ac­quise fin 2005 pour son sa­voir-faire dans le dé­col­le­tage, le taillage de roues et le rou­lage de pi­gnons (50).

«Les pré­vi­sions de crois­sance pour 2019 sont de +5 à +8%», in­dique le di­rec­teur gé­né­ral. Au­tant dire qu’il va fal­loir ra­pi­de­ment son­ger à s’agran­dir en­core, mais où? Aux Char­bon­nières? En ré­cu­pé­rant des sur­faces en­core oc­cu­pées par Val­tro­nic? «Im­pos­sible, nous nous sommes en­ga­gés lors du ra­chat des murs à leur louer les sur­faces ac­tuelles jus­qu’en 2027.» La so­lu­tion la plus sé­rieuse semble être le se­cond site au Lieu, dans la zone in­dus­trielle de la Combe, où Du­bois Dé­praz pour­rait dou­bler la sur­face de son usine.

C’EST LE SEC­TEUR «COM­PO­SANTS DE MOU­VE­MENTS» QUI SE DÉ­VE­LOPPE LE PLUS: +40% DE­PUIS TROIS ANS

De g. à dr.: Pierre Du­bois di­rige l’en­tre­prise fa­mi­liale avec ses frères Pas­cal et Jean-Phi­lippe. Les em­ployés se ré­par­tissent entre Le Lieu (210 per­sonnes), Les Char­bon­nières (90), et Arch (50).

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