Les fin­techs paient de mieux en mieux leurs di­ri­geants

Bilan - - Sommaire - PAR MA­RY VAKARIDIS

Les ré­mu­né­ra­tions des star­tups ac­tives dans les tech­no­lo­gies fi­nan­cières se rap­pro­che­raient dé­sor­mais de celles des banques tra­di­tion­nelles.

O   un job dans une fin­tech? N’hé­si­tez en tout cas pas par crainte d’un sa­laire mi­sé­rable. Dé­sor­mais, les star­tups ac­tives dans les tech­no­lo­gies liées à la fi­nance ré­mu­nèrent leurs cadres aus­si bien que les éta­blis­se­ments tra­di­tion­nels. Le di­rec­teur d’une fin­tech af­fiche un re­ve­nu com­pa­rable à ce­lui du CEO d’une banque can­to­nale qui gagne près d’un mil­lion de francs par an­née. Voi­là ce qu’af­firme une ré­cente étude du ca­bi­net de re­cru­te­ment bri­tan­nique Moor­lands Hu­man Ca­pi­tal. Quelque 500 ma­na­gers dans des fin­techs ont été in­ter­ro­gés en Eu­rope, aux Etats-Unis et en Asie. Les son­dés tra­vaillent pour des en­tre­prises dont le chiffre d’af­faires va­rie entre 5 mil­lions et 5 mil­liards de dol­lars.

L’en­quête conclut que le re­ve­nu an­nuel moyen d’un CEO de fin­tech dé­passe les 800 000 dol­lars. Le sa­laire de base moyen s’éta­blit à 353 000 dol­lars. Et si l’on in­clut les primes et les avoirs de re­traite, la somme grimpe jus­qu’à 857 000 dol­lars. Un ob­ser­va­teur qui pré­fère ne pas être ci­té met ce­pen­dant en doute l’idée que de telles sommes soient la norme en Suisse. «Ces mon­tants s’ap­pliquent peut-être dans des so­cié­tés ac­tives à l’international ayant connu des suc­cess sto­ries. Ces chiffres sont sans rap­port avec ce que paie une star­tup hel­vé­tique.»

Au cours des der­nières an­nées, nombre de fin­techs ont en ef­fet ef­fec­tué aux Etats-Unis des per­cées dé­ci­sives. On pense à Stripe, va­lo­ri­sée à près de 10 mil­liards de dol­lars pour un nou­veau sys­tème de paie­ment qui a sé­duit Apple et Ama­zon. Ou en­core SoFi (prêts en ligne) et Cre­dit Kar­ma (études de cré­dit).

Les di­rec­teurs fi­nan­ciers à la traîne

L’étude de Moor­lands dé­montre aus­si la pri­mau­té du sa­voir-faire tech­no­lo­gique chez les fin­techs. Les CTO, c’est-à-dire les chief tech­no­lo­gy of­fi­cers, sont deuxièmes sur le po­dium des sa­laires après les CEO. Dans l’in­dus­trie tra­di­tion­nelle, c’est la marche oc­cu­pée par le CFO, le res­pon­sable des fi­nances. Se­lon l’étude, la ré­mu­né­ra­tion to­tale pour un CTO dans une fin­tech at­teint 521 000 dol­lars. Viennent en­suite les di­rec­teurs du mar­ke­ting et des ventes avec 235 000 dol­lars. Les di­rec­teurs fi­nan­ciers (CFO) n’ar­rivent qu’en­suite.

Dans un com­men­taire, Paul Bat­tye, CEO de Moor­lands, ex­plique les dif­fé­rences sa­la­riales au sein de la di­rec­tion par le fait que l’ac­qui­si­tion de clients prime pour les jeunes en­tre­prises. C’est pour­quoi les di­rec­teurs des ventes et du mar­ke­ting sont si bien payés.

Paul Bat­tye,CEO de Moor­lands. Se­lon l’étude pu­bliée par son groupe, le re­ve­nu an­nuel moyen d’un CEO de fin­tech dé­passe les 800 000 dol­lars.

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