Leurs so­lu­tions face au deal de rue

Bilan - - Décryptage - PAR BE­NOÎT GE­NE­CAND*

en quelques lignes leurs so­lu­tions ou leurs at­tentes concrètes con­cer­nant le pro­blème dé­li­cat du deal de rue, au su­jet du­quel cha­cun

d’eux s’était ex­pri­mé, au risque de s’at­ti­rer des cri­tiques.

Des­mil­liers­de­pixel­sont­fu­séa­près­mon post FB. Sur la forme plus que sur le fond. Ma dé­si­gna­tion «brute de dé­cof­frage» des dea­lers par leur cou­leur a dé­clen­ché un pro­cès en xé­no­pho­bie. Alors je le dis ici, je ne suis pas xé­no­phobe, je n’ai pas peur de l’étran­ger. L’autre,au­sens­deLe­vi­nas,éveille­plu­tôt ma cu­rio­si­té. Ni ne suis mi­so­gyne: mon com­men­taire «pas très jo­lie» con­cer­nant la seule femme de la bande, ayant aus­si créé des re­mous. Simple ajout lit­té­raire, des­ti­né à «faire vrai». Ré­sul­tat? Per­sonne ne doute de l’exis­tence de cette femme!

Pour res­ter dans les mots com­pli­qués: mi­san­thrope? A mes heures sombres, peut-être (ce doit être pour ça que j’ap­pré­cie les longues marches en so­li­taire). Et alors, c’est vrai, je peux de­ve­nir in­uti­le­ment pro­vo­ca­teur. Mau­vais gar­çon même par­fois. Reste la ques­tion: alors on fait quoi contre le deal de rue? Je vois trois pistes:

Dé­ga­ger l’es­pace pu­blic. Ce qui exas­père les ha­bi­tants, ce n’est pas le deal en tant que tel. Que des gens veuillent se dé­fon­cer, c’est leur pro­blème. Ce qui gêne, c’est l’oc­cu­pa­tion éhon­tée de l’es­pace pu­blic pour com­mettre des actes ré­pré­hen­sibles, jour après jour, nuit après nuit, sans con­sé­quence pour les dea­lers, alors que le moindre au­to­mo­bi­liste qui laisse sa voi­ture dix mi­nutes de trop se prend 40 balles! Les Neuchâtelois l’ont fait, les Zurichois aus­si (voir les prises de po­si­tion claires de Ni­co­las Feuz, pro­cu­reur neuchâtelois, et du Zurichois

Mi­chael Her­zig dans l’émis­sion

In­fra­rouge). Pour­quoi se­rait-ce im­pos­sible à Ge­nève?

On les har­cèle, on pour­rit le com­merce, on ta­gue­nasse les ache­teurs, on sort les uni­formes la nuit aus­si, on fait preuve de dé­ter­mi­na­tion et d’in­no­va­tion. Le but? Que le deal se dé­place dans des es­paces pri­vés ou qu’il se réa­lise «à la sau­vette» dans des lieux conve­nus par SMS. Qu’il de­vienne in­vi­sible!

Deuxième me­sure: pro­mou­voir la lé­ga­li­sa­tion du can­na­bis. Sor­tir cette sub­stance du deal. En faire un pro­duit contrô­lé et taxé. Un pro­duit lo­cal même (donc un re­ve­nu sup­plé­men­taire pour pay­san in­no­vant). Le can­na­bis est une drogue, c’est sûr. Et semble être de­ve­nu plus agres­sif avec les an­nées (je ne peux pas vrai­ment ju­ger, ce­la fait très long­temps que…). Mais l’al­cool aus­si est une drogue. Une drogue dure même. Et nous avons réus­si à vivre avec. Et puis, je ne crois pas à une so­cié­té sans drogue.

Cla­ri­fier en­fin les liens entre asile et deal de rue. Com­bien des dea­lers ouest-afri­cains sont de­man­deurs d’asile? Que faire pour que leurs de­mandes soient trai­tées ra­pi­de­ment et que l’éven­tuel ren­voi soit exé­cu­té im­mé­dia­te­ment? Deux ques­tions aux­quelles l’ac­cé­lé­ra­tion des pro­cé­dures, qui en­tre­ra en vi­gueur en 2019, n’ap­porte que des ré­ponses par­tielles.

La pre­mière me­sure est du do­maine can­to­nal. Il s’agit d’en­fin mieux uti­li­ser les forces de po­lice du can­ton et de la ville pour que l’oc­cu­pa­tion de l’es­pace pu­blic cesse.

La deuxième et la troi­sième sont des me­sures de com­pé­tence fédérale. Pour les­quelles je m’en­gage à dé­ployer les ef­forts né­ces­saires.

«LES NEUCHÂTELOIS

ONT RÉUS­SI À DÉ­GA­GER L’ES­PACE PU­BLIC,

LES ZURICHOIS AUS­SI. POUR­QUOI SE­RAIT-CE IM­POS­SIBLE À GE­NÈVE?»

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.