Et si on se dé­gui­sait pour la soi­rée d’en­tre­prise

Les soi­rées d’en­tre­prise sont l’oc­ca­sion de re­mer­cier les col­la­bo­ra­teurs pour les ef­forts four­nis, mais aus­si de fa­vo­ri­ser les échanges trans­ver­saux, toute hié­rar­chie confon­due.

Bilan - - La Une - PAR SERGE GUERTCHAKOFF

D   ge­ne­voise Mas­ca­rade, les af­faires ne cessent de prendre de l’am­pleur. Ta­nia Mon­la, à la tête de ce lea­der du dé­gui­se­ment en Suisse ro­mande (10 000 cos­tumes), se ré­jouit: «Nous as­sis­tons à un re­gain d’in­té­rêt pour les soi­rées cos­tu­mées.» Elle a donc re­cru­té deux per­sonnes sup­plé­men­taires en 2017 et en­vi­sage sé­rieu­se­ment d’ou­vrir une se­conde bou­tique dans l’Est lé­ma­nique.

Sa clien­tèle, com­po­sée à 60% de pri­vés et à 40% d’en­tre­prises, vient par­fois de Neu­châ­tel et du Valais, avant les car­na­vals. «Beau­coup de gens louent des cos­tumes avant de se rendre au Car­na­val de Ve­nise.» Mas­ca­rade vient même de créer un dé­par­te­ment évé­ne­men­tiel. L’idée est de pro­po­ser éga­le­ment un ser­vice de dé­co­ra­tion.

Ses concur­rents, que ce soit la Ca­verne d’Ali Ba­ba sur Ge­nève, Car­na­bal en Valais ou la Pa­ter­nelle sur Vaud, ne sont pas en reste et pro­posent gé­né­ra­le­ment entre 2500 et 5000 cos­tumes.

Et, en ef­fet, de plus en plus d’en­tre­prises ro­mandes or­ga­nisent des soi­rées cos­tu­mées pour leurs em­ployés. Si au­cune des so­cié­tés contac­tées ne va jus­qu’à fa­bri­quer elle-même ses cos­tumes, elles sont plu­sieurs à gé­rer tous les autres as­pects. Ain­si, à la Vau­doise As­su­rances, Dus­tin Sal­vis­berg ex­plique: «Nous fai­sons la dé­co­ra­tion nous­mêmes, avec notre ser­vice consa­cré à l’évé­ne­men­tiel. Le 13 dé­cembre, pour notre fête de fin d’an­née dont le thème est «Les an­nées 1950», nous avons créé les sti­ckers à mettre sur les vi­trines, un bar comme dans les di­ners amé­ri­cains, de fausses af­fiches qui vien­dront dé­co­rer un mur, un milk-shake géant et nous au­rons aus­si une sorte d’ap­pa­reil pho­to­ma­ton où les col­la­bo­ra­trices et col­la­bo­ra­teurs pour­ront se prendre en pho­to avec un dé­cor par­ti­cu­lier.» Cette fête se dé­roule dans le hall d’en­trée du siège à Lausanne qui peut ac­cueillir jus­qu’à 350 per­sonnes. L’an­née der­nière, le thème était le «De­zem­ber Fest», sous forme de clin d’oeil à l’Ok­to­ber Fest. 5% des gens avaient joué le jeu.

Afin de n’ex­clure per­sonne, chan­ger son ap­pa­rence reste une op­tion. Ce n’est ja­mais une obli­ga­tion. Pour re­mé­dier au risque que trop peu de gens se tra­ves­tissent, cer­taines en­tre­prises or­ga­nisent des con­cours du meilleur dé­gui­se­ment. C’est le cas chez JTI à Ge­nève, oc­ca­sion­nel­le­ment, ain­si qu’à la Vau­doise As­su­rances. Le but vi­sé est tou­jours le même: faire en sorte qu’un maxi­mum de col­lègues viennent dé­con­trac­tés.

Qu’ils en­lèvent leur cos­tume, voire au moins la cra­vate pour cer­tains.

«Le but de la soi­rée est de re­mer­cier tous les em­ployés pour le tra­vail four­ni du­rant l’an­née, mais éga­le­ment de leur don­ner l’op­por­tu­ni­té de se réunir, échan­ger entre col­lègues, c’est l’oc­ca­sion de mieux se connaître ou ren­con­trer de nou­velles per­sonnes dans une am­biance dé­con­trac­tée. Ce­la contri­bue au sen­ti­ment d’ap­par­te­nance des em­ployés», re­lève Char­lotte Ma­ré­chal, res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion ex­terne chez JTI. «Les em­ployés ap­pré­cient ces soi­rées. Ils sont d’ailleurs nom­breux à être pré­sents. Ces sept der­nières an­nées, entre 580 et 740 per­sonnes s’y sont ren­dues. Et en gé­né­ral, tout le monde joue très bien le jeu de la soi­rée à thème, par­fois avec beau­coup d’ori­gi­na­li­té.»

Par­mi les par­ti­cu­la­ri­tés de JTI, le fait d’in­vi­ter, en plus de l’en­semble des em­ployés,

«EN GÉ­NÉ­RAL, TOUT LE MONDE JOUE TRÈS BIEN LE JEU DE LA SOI­RÉE À THÈME, PAR­FOIS AVEC BEAU­COUP D’ORI­GI­NA­LI­TÉ»

toutes les autres per­sonnes fai­sant par­tie in­té­grante de la vie de l’en­tre­prise: par exemple, le per­son­nel du ser­vice de res­tau­ra­tion, ain­si que les em­ployés de ser­vice de main­te­nance et de net­toyage.

6000 col­la­bo­ra­teurs à l’Are­na

Pour des rai­sons de coût, les HUG ne font une fête de fin d’an­née que tous les deux ans. La der­nière s’est dé­rou­lée le 17 no­vembre à l’Are­na en pré­sence de

6000 per­sonnes! «Nous en sommes à la 3e édi­tion, cette soi­rée ayant été in­tro­duite par notre di­rec­teur gé­né­ral Ber­trand Le­vrat à son ar­ri­vée en 2014. Nous choi­sis­sons nos thèmes afin que le per­son­nel puisse faire son dé­gui­se­ment sans trop de frais, avec quelques ac­ces­soires et de l’ima­gi­na­tion», ex­plique Syl­via de Meyer, di­rec­trice de la com­mu­ni­ca­tion.

«Le propre de nos mé­tiers est de nous oc­cu­per des autres, nous sou­hai­tons par cet évé­ne­ment, à notre tour, cé­lé­brer nos col­la­bo­ra­teurs le temps d’une soi­rée, les re­mer­cier pour leur in­ves­tis­se­ment ex­cep­tion­nel tout au long de l’an­née. L’autre but est de fa­vo­ri­ser les échanges trans­ver­saux entre per­sonnes et de mettre en va­leur les ta­lents de chaque col­la­bo­ra­teur qui sou­haite par­ti­ci­per à la vie de la soi­rée, toute hié­rar­chie confon­due. Ce sont les cui­si­niers des HUG qui pré­parent l’in­té­gra­li­té des buf­fets de la soi­rée. Mais c’est une équipe ex­terne qui prend le re­lais pour le ser­vice. 80% des lieux de mu­sique et de danse sont ani­més par des groupes de mu­sique et des DJ qui sont for­més de col­la­bo­ra­teurs des HUG. L’Are­na étant sur plu­sieurs étages, ce­la nous per­met de va­rier les styles de danse et de mu­sique. Cette an­née, notre di­rec­teur gé­né­ral s’est même pro­duit comme gui­ta­riste au sein d’un groupe de mé­de­cins et de soi­gnants sur la grande scène.»

Cer­taines PME aus­si ap­pré­cient les soi­rées cos­tu­mées. Ci­tons deux ré­gies ro­mandes: Pi­let & Re­naud et Ge­ro­fi­nance. «Nos soi­rées d’en­tre­prise ont un thème dé­gui­sé tous les deux ans, et l’an­née sui­vante c’est un thème «lé­ger». L’an­née der­nière, gros moyens et dé­co avec le thème du ci­né­ma. Cette an­née, c’était «Rouge As­lo­ca» avec des dia­blo­tines et des chaus­settes rouges chez les mes­sieurs. La qua­si-to­ta­li­té des col­la­bo­ra­teurs, soit près de 100, étaient pré­sents au Golf Club de Ge­nève, c’est une tra­di­tion», ex­plique Eve Lo­ze­ron, char­gée de la com­mu­ni­ca­tion chez Pi­let & Re­naud.

Chez Ge­ro­fi­nance, ce­la se dé­roule chaque an­née à fin jan­vier de­puis plus de dix ans. «Mais ce­la ne fait que de­puis cinq ou six ans que nos soi­rées sont dé­gui­sées afin que l’am­biance soit plus dé­ten­due. Notre pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral Jé­rôme Fé­li­ci­té a sou­hai­té sor­tir des soi­rées très conven­tion­nelles. Nous étions plus de

200 la der­nière fois», té­moigne Cé­line Tho­mas, DRH du groupe Ge­ro­fi­nan­ceDu­nand Ré­gie de la Cou­ronne. Gé­né­ra­le­ment, il y a une al­ter­nance entre Ge­nève et Lausanne, his­toire de ne pas dé­fa­vo­ri­ser les col­la­bo­ra­teurs vau­dois du groupe. A ce pro­pos, la Vau­doise As­su­rances or­ga­nise sa gar­den-par­ty tous les trois ans, à chaque fois dans une ré­gion dif­fé­rente. «Tous les col­la­bo­ra­teurs et leur fa­mille proche sont in­vi­tés. La gar­den-par­ty est une fête thé­ma­tique qui donne l’oc­ca­sion de ren­con­trer ses col­lègues et leur fa­mille dans un cadre dé­con­trac­té et a pour but de créer du lien et un sen­ti­ment d’ap­par­te­nance. La der­nière édi­tion a eu lieu cet été sur le thème «Be my Su­per He­ro», ajoute Ca­role Mor­gen­tha­ler, porte-pa­role.

Et des people

Par­fois, le thème va au-de­là des dé­gui­se­ments et in­fluence la dé­co­ra­tion, les ani­ma­tions et par­fois même le me­nu. Ce­rise sur le gâ­teau, chez JTI: la pré­sence une an­née des ga­gnants de The Voice , ou en­core au ni­veau cu­li­naire, la pré­sence du chef étoi­lé Thier­ry Marx, qui avait confec­tion­né le me­nu pour la soi­rée de 2016 (à l’oc­ca­sion des 50 ans de la pré­sence de JTI à Ge­nève). En­fin, même si la lo­ca­tion des cos­tumes n’est gé­né­ra­le­ment pas of­ferte aux em­ployés, c’est le cas des na­vettes qui sont par­fois or­ga­ni­sées ou des re­tours en taxis grou­pés. Sé­cu­ri­té oblige.

JTI or­ga­nise des con­cours du meilleur dé­gui­se­ment.

Les HUG, la Vau­doise As­su­rances et Pi­let & Re­naud (de haut en bas) or­ga­nisent des soi­rées à thème pour leur per­son­nel. L’am­biance se­rait plus dé­con­trac­tée.

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