Le nombre d’ac­ci­dents dans les bus a aug­men­té de 10% ces trois der­nières an­nées

Les trans­ports en com­mun sont sûrs. Sauf en cas de frei­nage brusque ou de col­li­sion. Ra­dio­gra­phie de la banque de don­nées na­tio­nales de l’of­fice fé­dé­ral des trans­ports.

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

Tout à coup, le chauf­feur de car pos­tal perd connais­sance. Son bus ar­ti­cu­lé per­cute un arbre. Bilan: le chauf­feur de 60 ans et six pas­sa­gers bles­sés, dont trois griè­ve­ment. L’ac­ci­dent a eu lieu à Saint-gall le 2 fé­vrier 2017. Il est dû à un pro­blème de san­té du chauf­feur. Voi­là en ré­su­mé ce qu’in­dique la fiche de la banque de don­nées des évé­ne­ments de l’of­fice fé­dé­ral des trans­ports (OFT). De­puis 2010, L’OFT re­cense chaque in­ci­dent des trans­ports pu­blics (TP). Toutes les com­pa­gnies doivent an­non­cer morts, bles­sés graves ou lé­gers (un bles­sé lé­ger ne va que consul­ter le mé­de­cin, un bles­sé grave doit res­ter au moins 24 h à l’hô­pi­tal). On dé­nombre les voya­geurs et ceux qui tentent de sau­ter d’un vé­hi­cule ou d’y bon­dir au der­nier mo­ment. Mais on ne compte pas les per­sonnes qui at­tendent sur les quais ou le per­son­nel fer­ro­viaire.

Une ana­lyse de ces don­nées montre qu’entre jan­vier 2010 et juin 2018, il y a eu 7056 bles­sés et morts lors d’ac­ci­dents en bus, trams et trains, soit une moyenne dé­pas­sant deux vic­times par jour. Les bus af­fichent le plus mau­vais ré­sul­tat: 4518 vic­times, deux tiers des cas. Les voyages en bus sont de­ve­nus plus dan­ge­reux ces der­nières an­nées: entre 2014 et 2017, le nombre de bles­sés et de morts a aug­men­té de 10%. Les ac­ci­dents de trams sont en hausse dans une moindre me­sure. Seuls les in­ci­dents im­pli­quant les trains sont en re­cul. À no­ter qu’il y a très peu de col­li­sions graves avec de nom­breux bles­sés.

L’in­ci­dent le plus cou­rant est «l’er­reur hu­maine com­pro­met­tant la sé­cu­ri­té». En­ten­dez que le pas­sa­ger du bus ne s’est pas te­nu aux poi­gnées et barres dis­po­nibles. De nom­breuses per­sonnes sont aus­si coin­cées à la fer­me­ture au­to­ma­tique des portes. Les per­sonnes âgées sont les plus fra­giles. Crai­gnant de ra­ter une cor­res­pon­dance, elles se lèvent alors que le bus roule et tombent si le chauf­feur doit frei­ner brus­que­ment. Nor­bert Sch­mass­mann, pré­sident de l’union des trans­ports pu­blics, dé­clare: «Nous sen­si­bi­li­sons les per­sonnes âgées en les in­for­mant sur la «bonne» ma­nière d’uti­li­ser le bus.» Une ana­lyse du Bu­reau de pré­ven­tion des ac­ci­dents montre que près de la moi­tié des bles­sés graves et des morts dans des ac­ci­dents de TP ont 70 ans ou plus. La ligue suisse contre le rhu­ma­tisme tra­vaille de­puis des an­nées à la pré­ven­tion des chutes dans les TP. Se­lon l’ex­perte Bar­ba­ra Zin­del de la ligue, le pro­blème est très sou­vent lié «aux frei­nages et dé­mar­rages sac­ca­dés». Le syn­di­cat du per­son­nel des trans­ports est d’ac­cord, mais sou­ligne que «le pro­blème pro­vient des ho­raires tou­jours plus ser­rés». Sur­veillés par GPS, les chauf­feurs sont de plus en plus stres­sés par la den­si­té crois­sante des vé­hi­cules en cir­cu­la­tion. DOMINIK BALMER ET VA­NES­SA MISTRIC

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