L’ado­les­cent qui a per­cu­té mor­tel­le­ment No­rah à skis est re­con­nu cou­pable

Le Matin Dimanche - - SUISSE - FLAVIENNE WAHLI

La jus­tice s’est pen­chée sur la col­li­sion fa­tale à une pe­tite Vau­doise en mars 2017. Elle a conclu à l’ho­mi­cide par né­gli­gence.

La vi­tesse ex­ces­sive se ré­vèle être la cause prin­ci­pale de la col­li­sion de ski sur­ve­nue en mars 2017 aux Mosses qui avait coû­té la vie à No­rah, 6 ans et de­mi. Le Tri­bu­nal des mi­neurs de l’ober­land, dans le can­ton de Berne, vient de ju­ger l’ado­les­cent à l’ori­gine du choc cou­pable d’ho­mi­cide par né­gli­gence.

Comme il s’agit d’un mi­neur (il était dans sa 17e an­née au mo­ment des faits) sa peine ne se­ra pas com­mu­ni­quée. Il dis­pose de 30 jours pour faire re­cours et son conseil n’a pas en­core in­di­qué si telle était son in­ten­tion. La fa­mille de la fillette, elle, ne contes­te­ra pas le ver­dict: «Cette dé­ci­sion met un terme à une longue pro­cé­dure ju­di­ciaire. Ce­la va nous per­mettre de com­men­cer un nou­veau cycle de vie», com­mente so­bre­ment Be­noît Py­thoud, le pa­pa.

Le dé­rou­lé du drame

Pour ar­ri­ver à une conclu­sion de culpa­bi­li­té, les juges ont étu­dié les cir­cons­tances ayant conduit au drame. Par ce di­manche après-mi­di de mars, la neige de prin­temps et le ciel lé­gè­re­ment voi­lé of­fraient des condi­tions ac­cep­tables, no­tam­ment en termes de vi­si­bi­li­té. Très bon skieur, le jeune Alé­ma­nique ef­fec­tuait cette des­cente qu’il connais­sait pour l’avoir par­cou­rue au moins une fois, ce même jour. La fillette et sa mo­ni­trice étaient en train de skier en contre­bas, mas­quées à sa vue par un tertre. Fran­chis­sant la bosse, le jeune homme est en­tré en col­li­sion avec No­rah de ma­nière si vio­lente que l’en­fant a été ca­ta­pul­tée en contre­bas avant de glis­ser sur 28 mètres. Seule l’in­ter­ven­tion de l’ins­truc­trice de l’école suisse de ski se pré­ci­pi­tant à son se­cours ar­rê­te­ra cette des­cente.

Les règles de la FIS font loi

Plu­sieurs élé­ments ont per­mis aux juges d’éta­blir les torts de l’ado­les­cent: le fait tout d’abord qu’il n’ait pas été en me­sure de frei­ner sur les 4 à 5 mètres le sé­pa­rant en­core du tan­dem de skieuses, une fois le tertre fran­chi. Les bles­sures de la fillette en­suite, qui s’est re­trou­vée in­cons­ciente aus­si­tôt. Le trau­ma­tisme cra­nio-cé­ré­bro-cer­vi­cal consta­té en­suite à l’hô­pi­tal de l’île, à Berne, où la fillette fi­ni­ra par dé­cé­der dans la soi­rée, at­teste éga­le­ment de la force de l’im­pact que seule une haute vi­tesse pou­vait pro­vo­quer. Mais non seule­ment le garçon al­lait trop vite, mais en plus il n’y voyait pas bien. Le tri­bu­nal re­lève en ef­fet une im­pru­dence liée à l’équi­pe­ment du jeune skieur: il por­tait des lu­nettes de ski «mi­roir» qui as­som­bris­saient sa vi­sion alors que le temps était cou­vert. L’ac­ces­soire ne lui per­met­tait pas de bien dis­tin­guer les re­liefs de la piste.

Comme le Code des obli­ga­tions suisse ne com­porte au­cun vo­let dé­dié à la sé­cu­ri­té sur les pistes, ce sont les 10 règles de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale de ski (FIS) qui font ré­fé­rence pour les ma­gis­trats char­gés de dé­ter­mi­ner s’il y a culpa­bi­li­té ou pas. Lors de ce di­manche fa­tal, les trois pre­mières ont été

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