Vla­di­mir Pou­tine a un em­pê­che­ment et ne pour­ra pas être là

Le Matin Dimanche - - COUPE DU MONDE -

Après s’être dé­jà ex­tir­pée de son groupe, ce dont on ne la pen­sait pas ca­pable au vu d’une pré­pa­ra­tion dé­sas­treuse (au­cune vic­toire en sept par­ties), la Rus­sie en­tend re­le­ver son pre­mier grand dé­fi: battre l’es­pagne, ce qu’elle n’a en­core ja­mais réus­si à faire en six confron­ta­tions de­puis 1998. La Sbor­naya, dou­chée par l’uru­guay dans son ul­time match de poule, s’ac­croche au nul pro­met­teur - 3-3 en no­vembre pas­sé à Saint-pé­ters­bourg - pour ne pas en res­ter là. Hier, Che­ry­shev est ve­nu ré­pé­ter com­bien le fait d’évo­luer à do­mi­cile de­vait consti­tuer un avan­tage. «On peut battre n’im­porte qui», es­time le mi­lieu de ter­rain. On a dé­jà en­ten­du ça, rien de ré­vo­lu­tion­naire. Au mo­ment où la Rus­sie ré­cu­père le sou­vent dé­ci­sif Dza­goev (sor­ti bles­sé lors du match d’ou­ver­ture), l’es­pagne de­vra re­trou­ver un lustre qu’elle peine à af­fi­cher ces der­niers mois. Preuve que ses joueurs, en proie aux doutes, ne res­pirent pas une confiance ab­so­lue, l’exer­cice des tirs au but a sou­vent été ré­pé­té cette se­maine. La veille dé­jà, Cé­sar Az­pi­li­cue­ta s’était char­gé de rap­pe­ler une vé­ri­té du nou­veau contexte pour les fa­vo­ris, au pre­mier rang des­quels fi­gure l’es­pagne. «Ici, tout le monde souffre, avait op­por­tu­né­ment lâ­ché le la­té­ral de Chel­sea. Ce­la dé­montre qu’il de­vient de plus en plus compliqué de ga­gner.» Por­tée par un stade en­tier ac­quis à sa cause, la Rus­sie se pro­dui­ra en l’ab­sence de Vla­di­mir Pou­tine, en­ga­gé sur d’autres fronts, et que l’on ne re­ver­ra pas dans une loge avant la fi­nale du 15 juillet. Fe­lipe VI, roi d’es­pagne, se­ra, lui, pré­sent, alors que 3000 so­cios se­ront épar­pillés dans les gra­dins. On risque de peu les en­tendre, du moins au coup d’en­voi.

Au royaume des ba­na­li­tés, c’est par contre un sé­rieux pré­ten­dant pour la fi­nale. «On est en mode play-off, comme avant un exa­men, dé­bite-t-il. Mais on sait comment le réus­sir.» Sa no­to­rié­té su­bite lui a dé­jà va­lu une piz­za à son ef­fi­gie créée par un res­tau­ra­teur de Saint-pé­ters­bourg, mais pour la sta­tue, il lui fau­dra au moins dé­bou­lon­ner l’es­pagne. Ca­chant son jeu, Cher­che­sov ne dit pas comment il compte s’y prendre mais comme tout le monde, il a vu les fra­gi­li­tés dé­fen­sives ad­verses, ac­cen­tuées par l’étrange fé­bri­li­té du gar­dien De Gea – dé­jà cinq buts en­cais­sés, plus que l’iran et le Ma­roc éli­mi­nés. Comment s’y prendre, donc? «Si je vous men­tais, d’autres ré­ta­bli­raient la vé­ri­té.» Là, fran­che­ment, on n’a pas trop com­pris la ré­fé­rence, avant qu’un voi­sin évoque le dilemme do­mi­ni­cal qui agite la presse russe (une dé­fense à quatre ou cinq hommes?).

En qua­torze ques­tions (dont cinq es­pa­gnoles) et 23 mi­nutes top chro­no, l’af­faire est bou­clée. Si Ches­che­sov se sa­vait hier dé­jà très at­ten­du, son équipe le se­ra en­core plus ce di­manche. La pièce du jour pour­rait pro­po­ser une in­trigue à re­bon­dis­se­ment. Avec une Rus­sie qui s’est ju­rée de faire sa ré­vo­lu­tion, sans fau­cille ni mar­teau, afin d’ap­par­te­nir au G8 des seize mètres. Si­non, le ri­deau re­tom­be­ra sur le pays or­ga­ni­sa­teur, et ce se­ra la fin de beaucoup de choses, l’en­ter­re­ment du temps des illu­sions. Aux autres les «confé­rences de presse of­fi­cielles d’avant-match».

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.