Coin­trin a sa ma­chine qui booste les contrôles

Un scan­ner à ba­gages à main de la der­nière gé­né­ra­tion a été ins­tal­lé di­manche der­nier à l’aé­ro­port. Il per­met de lais­ser les lap­tops et les li­quides dans sa va­lise.

Le Matin Dimanche - - SUISSE - JU­LIEN CULET

«On doit re­ti­rer les or­di­na­teurs des sacs?» Cette mère de fa­mille qui pas­sait les contrôles de sé­cu­ri­té de l’aé­ro­port de Ge­nève ven­dre­di a bien fait de po­ser la ques­tion aux agents. Elle fai­sait par­tie des pre­miers voya­geurs à es­sayer le nou­veau scan­ner de Coin­trin. Ré­vo­lu­tion­naire, il per­met de contrô­ler les ba­gages à main sans qu’on doive en re­ti­rer les li­quides et les lap­tops. Une pre­mière. «Nous sommes les seuls du monde à l’avoir. Hong­kong en a ache­té mais ne les a pas en­core ins­tal­lés», ex­plique fiè­re­ment Ru­ben Ji­me­nez, chef de la di­vi­sion sû­re­té de Ge­nève-aé­ro­port.

Coin­trin a inau­gu­ré ses deux scan­ners de pointe di­manche der­nier. Deux fois plus longues que les an­ciennes qui res­tent en ser­vice, 24 m au lieu de 12 m, les ma­chines ont pris la place de sur­faces com­mer­ciales. Elles doivent per­mettre aux pas­sa­gers de fran­chir les contrôles de sé­cu­ri­té bien plus vite. «Les trois pre­miers jours, nous avons at­teint un pic de 225 voya­geurs par heure par ma­chine. Les an­ciennes per­mettent un pic de 100 à 120 pas­sa­gers», se fé­li­cite le res­pon­sable.

Lais­ser or­di­na­teurs et li­quides dans les ba­gages per­met de li­mi­ter le nombre de bacs à ana­ly­ser et rend les contrôles bien plus ef­fi­caces. Les opé­ra­teurs X-ray ne se trouvent plus der­rière la ma­chine mais dans une petite salle, loin du brou­ha­ha. Au nombre de cinq, ils passent en re­vue les ba­gages re­pro­duits en 3D sur leur écran. Jus­qu’à pré­sent, ils ne l’étaient qu’en photo 2D. «Il s’agit d’une des rares fois dans l’his­toire de la sé­cu­ri­té aé­ro­nau­tique où nous fai­sons un tel bond en avant en termes de qua­li­té d’image», in­dique Ru­ben Ji­me­nez.

Cette re­pro­duc­tion 3D per­met de re­tour­ner l’image de la va­lise dans tous les sens. En deux clics, l’opé­ra­teur peut même iso­ler un ob­jet, un or­di­na­teur par exemple, pour l’ana­ly­ser plus en dé­tail. Le lo­gi­ciel co­lore les ma­té­riaux se­lon leur com­po­si­tion et four­nit la taille et le poids de l’élé­ment.

Pro­cé­dure spé­ciale

Ce nou­veau sys­tème doit ren­for­cer la sé­cu­ri­té de l’aé­ro­port. Quand l’opé­ra­teur X-ray a le moindre doute sur une va­lise, il la re­jette. Le ba­gage scan­né part sur un autre ta­pis pour être ou­vert par un agent. Ce der­nier re­çoit sur deux écrans l’image du scan et la photo du bac, pour s’as­su­rer qu’il ouvre la bonne va­lise. L’agent n’a plus son col­lègue char­gé de l’ana­lyse à cô­té de lui pour dis­cu­ter. «Ce­la per­met à deux ex­perts d’ap­por­ter leur re­gard spé­ci­fique. Ils peuvent quand même s’ap­pe­ler si né­ces­saire», nuance le chef de la sé­cu­ri­té.

S’ils dé­tectent un élé­ment dan­ge­reux, comme une arme, les opé­ra­teurs ont un bou­ton qui dé­clenche une pro­cé­dure par­ti­cu­lière. L’aé­ro­port ne peut en dire da­van­tage pour des rai­sons de sé­cu­ri­té.

La vi­tesse de pas­sage à ces por­tiques de­vrait en­core aug­men­ter ces pro­chains mois. Les quelques sou­cis tech­niques de mise en route se­ront bien­tôt ré­glés, as­sure Ge­nève-aé­ro­port, et da­van­tage de pas­sa­gers pour­ront être re­di­ri­gés dans cet es­pace à part. Les ta­pis qui dé- tectent le mé­tal dans les chaus­sures pour évi­ter les al­lers-re­tours au por­tique se­ront aus­si ins­tal­lés de­vant les deux scan­ners. Ils se­ront éga­le­ment amé­lio­rés, afin de re­pé­rer si le pas­sa­ger a des ob­jets mé­tal­liques dans ses poches.

L’ar­ri­vée de ces scan­ners fait par­tie du pro­jet T1 Boos­ted, qui doit rendre le ter­mi­nal plus ef­fi­cace mal­gré son es­pace res­treint. Trois nou­veaux por­tiques de sé­cu­ri­té, clas­siques, ont été ins­tal­lés en dé­cembre der­nier et le du­ty-free doit être re­pen­sé d’ici à la fin de l’an­née. Da­van­tage de scan­ners mo­dernes pour­raient ar­ri­ver, mais ce­la dé­pen­dra de l’agran­dis­se­ment fu­tur de l’aé­ro­port, qui de­vra ac­cueillir 25 mil­lions de pas­sa­gers d’ici à 2030, contre 17,3 mil­lions l’an pas­sé.

«Nous avons at­teint un pic de 225 voya­geurs par heure, contre 120 avec les an­ciennes ma­chines» Ru­ben Ji­me­nez, chef de la di­vi­sion sû­re­té de Ge­nève-aé­ro­port

Sal­va­tore Di Nol­fi/keys­tone

Avec ces scan­ners, Coin­trin va ac­cé­lé­rer le temps pas­sé aux contrôles de sé­cu­ri­té: une ma­chine peut contrô­ler plus de 200 pas­sa­gers à l’heure, contre 120 au maxi­mum au­jourd’hui.

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